sinon pour le réserver, pour l’avenir, sans y avoir encore intégré de contenu, sans rien mettre en ligne … pis à la fin de l’hiver/au début du printemps 2025, j’ai pris le temps de transformer toutes les publications Facebook publiées depuis 4 ans sur cette page, en articles de blogue, en y intégrant les photos, en retravaillant la mise en forme, en prenant soin aux détails. Vous y trouverez plus de quatre-vingt textes, des centaines d’images originales, et sous elles, souvent : des légendes.
En cette saison de taille, puis celles d’exploration du pommage régional, de cueillettes, de presses, de collaborations et de cidres anarcho-terroiristes; c’est aujourd’hui que je me sens prêt à l’inaugurer, à publiquement la dévoiler, en révéler l’existence !
Je dispose maintenant de ma propre page web, qui prend la forme d’un « blogue », un espace de communication fièrement indépendant des grands empires de la Techno.
Un lieu de liberté d’expression me permettant de demeurer totalement propriétaire du contenu que j’y crée.
Ainsi, j’envisage une sortie progressive de cette plateforme numérique (FB), ce dit « média social » appartenant à un oligarque beaucoup trop puissant, soutenant qui plus est maintenant le régime néo-fasciste de Trump et la déshumanisation par l’IA, pour m’en tenir à ces seuls deux exemples.
La page Facebook servira désormais à relayer les articles que je publierai, à partir de maintenant, d’abord et avant tout sur ma page web.
Grâce à différents modes de présentation des articles, en plus de l’ordre chronologique, il sera beaucoup plus aisé d’y retrouver mes textes passés, qui sont également classés par thématiques (greffe, cidre, voyages, pommes sauvages, variétés anciennes, etc.).
La page web comprend aussi des sections inédites sur la Page Facebook.
Vous y trouverez notamment :
• une grande médiagraphie de mes inspirations en matière d’agroécologie paysanne et de pomologie (« Documents de référence malique« )
• une section rassemblant les diverses mentions médiatiques de mes projets (« On parle de nous« )
• une autre sur mes projets et collaborations passées et en cours
Je songe à d’autres sections, en construction, dont l’une pour présenter des cartes des vergers et pommeraies où je dispose de droits d’usage. D’autres encore afin de présenter les variétés anciennes de pommes qu’on retrouve dans Lanaudière, tout comme les variétés nouvelles, trouvées dans les pommiers sauvages disséminés un peu partout de part et d’autre du piémont de la région.
Allez y jeter un coup d’œil; mieux, ajoutez-la à vos signets, ou inscrivez-vous à la liste d’envoi courriel pour être tenus au jus des plus récentes publications !
Après les contrats de presse de jus de pommes sauvages accomplis l’automne dernier, à Chertsey et Ste-Marcelline puis celui également avec la microbrasserie Maltstrom de NDP, il est resté une vingtaine de caisses de ces fruits que j’ai récolté en divers lieux enfrichés du piémont lanaudois.
Après avoir passé l’hiver en chambre froide, par mes soins triées sans broyeur, avec ma seule presse, j’ai extrait le jus après avoir laissé les caisses de pommes geler dehors une semaine ou deux avant de les laisser dégeler, devant ainsi pressables, à l’intérieur deux semaines durant, au goutte à goutte, du jus dense et sucré pommes fripées, comme des gros raisins secs, version pomacée qui en ressortent comprimées, aplaties, vidées de leur jutosité.
Quelques 80 litres de jus de pommes sauvages locales assemblées en trois touris de 20L et cinq cruchons de 4L, dont la fermentation est lancée. Ça « bubulle » dans les bidules (bondes ou barboteurs) qui permettent au gaz carbonique de s’échapper, tout en empêchant l’air d’entrer en contact avec le cidre – les levures naturelles font leur œuvre de transmutation, d’altération du breuvage vers l’ivresse du temps.
Dans ce jus pétillant où se forme, par sédimentation, une lie moût de pommes qui au fil des semaines et mois se clarifie y’a de la pomme de Ste-Béatrix, du 8e rang de Ste-Mélanie du rang Ste-Cécile de Saint-Félix-de-Valois, des friches de Saint-Ambroise-de-Kildare et Saint-Alphonse-Rodriguez choisies pour leurs parfums, leur douceur ou leurs tannins.
Ami-e-s!
Dans quelques mois on goûtera le cidre de ces arbres du partage à la bonne franquette fruits du domaine féral déployant la liberté naturellement, sans artifice, dans les marges de la civilisation industrielle et marchande.
D’ici-là, il y a des bouteilles des cuvées 2023 et 2024 en stock, dont quelques beaux succès à mon palais ! Lancez-moi vos invitations pour une dégustation!
C’est comme ça qu’elle est provisoirement nommée, cette pomme à chair rosée, dont l’arbre, très fort probablement un arbre issu de semis, auquel nous donnons au moins une soixantaine d’années de vie, se trouve en empruntant un vieux rang de Ste-Béatrix (si si, je laisse planer le mystère de son emplacement précis…). Un autre de ces vénérables pommiers devenu un bien commun de notre ruralité, issu de la place, sans véritable propriétaire. Les humains possédant les titres de propriété des terrains où prolifèrent ces pommiers sauvages ne portent souvent aucun intérêt aux fruits qui abondent, années après années.
Cet automne je me suis de nouveau présenté à la porte de la maison au bout d’un certain « draïvoué », où j’étais allé cogner quelques fois, sans succès ces dernières années… Une dame enfin m’a ouvert, nouvelle propriétaire depuis environ un an, et suite à ma brève présentation m’a accordé la permission de récolter des fruits de l’imposant pommier que j’avais spotté dans un coin de sa cour. Je n’en avais même pas encore regardé de près les fruits, encore moins pris une croquée dans l’une de ses pommes. Seulement, je voyais bien, de cette route de campagne où je passe souvent l’automne, que l’arbre était chargé de beaucoup de rougeâtres fruits, jusqu’alors « défendus ».
Surprise et joie au moment de la révélation : la chair des pommes est très rosée, juteuse, passablement sucrée, avec une acidité probante – mais qui ne fait pas grimacer, et une légère astringence. Des pommes saines, à peu près pas piquées, fermes, sans doute en mesure de se conserver longtemps. Sans hésitation, j’y vois une pomme à expérimenter avec l’intention d’en tirer un cidre rosé, probablement en l’assemblant avec une proportion de pommes douces-amères (plus sucrées, ayant peu ou pas d’acidité, et des tanins amers plus prononcés).
L’arbre a deux troncs principaux partant du sol, fait plus de 20 pieds d’hauteur, a des charpentières solides et saines et n’a visiblement pas été taillé depuis des années. Il portait des pommes en quantité jusqu’à sa cime. J’ai brassé les branches, grimpé dedans en hauteur comme un ours, mais des fruits échappaient à ma portée.
J’y suis retourné trois fois au fil des semaines d’octobre, cueillir les fruits en différentes séquences. La dernière fois, il y a quelques jours, j’avais le plaisir d’être accompagné par la coordonnatrice de l’organisme Les Fruits Défendus (Montréal), l’amie Simone Chen. Elle est arrivée équipée de deux longues perches télescopiques – dotées de crochets et d’un petit sac pouvant contenir quelques pommes -, formidables outils de récolte pour des pommiers géants comme celui auquel nous avions affaire. On a pu ainsi secouer les branches fruitières du haut, et récolter jusqu’au dernier fruit !
Réjouissances de partager la trouvaille, le travail, et l’enthousiasme pour la découverte d’une variété aux caractéristiques inusitées, cela à travers des échanges philosophiques sur la transformation d’arbres et de lieux privés en Communs, sur la valeur d’usage qui devrait primer sur la valeur marchande, nous amusant à trouver des noms savoureux pour des sauvageonnes cueillies ensemble ce jour-là. En se disant que ce qui compte d’abord et avant tout dans cette aventure pomologique, c’est la joie partagée, les rencontres significatives, les relations humaines, les richesses de l’histoire locale et les mystères poétiques derrière ces arbres et fruits uniques – certainement des œuvres collectives !
Nous retournerons y récolter des scions le printemps prochain, dont certains seront certainement partagés avec un ami commun, l’hybrideur de pommes Roland Joannin de La Pomme de demain. Tsé veux dire, des pommes à chair rose ou rouge (et pas seulement des veinures) véritablement nées au Québec, c’est rare en « sacréfice » !
Mais avant ça, en novembre viendront les jours de presse – et le début des fermentations de l’année !
C’est dans presque un an … mais l’événement est planifié! J’aurai le plaisir et la chance d’animer cette randonnée-dégustation de pommes sauvages au Parc Régional des Chutes Monte-à-Peine-et-des-Dalles, où se trouvent quelques beaux spécimens de pommiers sauvages (aux fruits intéressants), au sein d’un magnifique territoire protégé. À mettre à vos agendas ! Je relancerai l’invitation l’automne prochain, quelques semaines avant l’activité.
Votre humble serviteur et promoteur des friches et des pommeraies – mais aussi des pommes sauvages, et du bon cidre qui en est tiré – a récemment eu la chance, voire le privilège d’être invité à une rencontre informelle entre cidriers, chez l’expert international du cidre Claude Jolicoeur, en sa résidence de Québec. Installés au sous-sol de sa maison, nous étions près d’une quinzaine de comparses, en provenance de différentes régions du pays en devenir (Charlevoix, Côte de Beaupré, Québec, île d’Orléans, Gaspésie, Beauce, et moi-même pour Lanaudière). Nous espérions la présence de Gaston Picoulet de Les Pommes perdues, en Outaouais, qui était de la sélective invitation (espace limité pour accueillir), mais qui n’a malheureusement pu se joindre à nous.
Nos chaises et nos regards formaient un cercle – tout ouïs et palais curieux – ouverts à la rencontre avec d’autres petits cidriculteurs artisans dont les productions commerciales sont en démarrage. Depuis 5 ans, tout au plus, dans le cas de Jean-Sébastien Hébert de la Ferme de l’Alchimiste, à Maria, dans la Baie des Chaleurs. La plupart des autres ayant commencé leurs activités commerciales depuis un an ou deux seulement, ou venant tout juste de recevoir leur permis. Tous les invités de la Gaspésie ont fait acte de présence (et déplacements !), à la surprise de Claude. Le gars derrière le Ministère des Friches et des Pommeraies (moi-même) était l’exception, menant encore, à ce stade, ses expériences en amateur, pas prêt à commercialiser ses cidres.
Ça a eu lieu y a un mois déjà ! le samedi 25 janvier dernier, dans « une joyeuse anarchie » (dixit Claude), où se créait une petite communauté d’esprit autour de la fabrication de cidres utilisant des pommes sauvages, des cidres nature, puisant dans le terroir local. Nous n’étions que des hommes, et nous l’avons remarqué, outre Banou, conjointe de Claude, qui est restée à l’étage, occupée à de la poterie. L’un des disciples demande au gourou du cidre qui nous réunissait : « Y’en as-tu des femmes, au Québec, dans le domaine du cidre ? ». Sans mal, j’ai aidé Jolicoeur à retrouver le nom de la copropriétaire-fondatrice du verger-cidrerie Qui Sème Récolte à Saint-Jean-de-Matha, Nathalie Rainville. Il y en a certainement d’autres, qui sont plutôt dans l’ombre, ou qui font équipe avec leur conjoint dans une entreprise commune.
C’est grâce à Banou, peut-être bien, qu’a eu lieu cette enrichissante rencontre. Elle m’a dit avoir fait remarquer à Claude, grand voyageur et animateur d’ateliers un peu partout sur la Planète Cidre, qu’il n’avait jamais rien organisé de la sorte au Québec.
Toujours est-il qu’en ce beau samedi après-midi, après un petit tour de présentation de chacun, un premier tour de dégustations fut lancé pour les cidres que nous avions tous apporté, de nos propres cuvées. Petits verres d’une grosse vingtaine, sinon d’une trentaine de cidres différents, l’après-midi et la soirée durant. Dégustations entremêlées d’échanges spontanés et curieux : sur les techniques des uns et des autres (dont le dégorgeage et le moment parfait pour l’embouteillage), les variétés, les lieux de cueillette, la mise en marché, etc. Pour souper, nous avions opté pour la formule potluck, où chaque convive apporte un plat à partager.
On a goûté de bonnes choses là ! En entrée, un « cidre d’hiver », fabriqué par Jolicoeur avec des pommes « à croquer », principalement des variétés commerciales ou parfois avec pommes sauvages, mais toutes acidulées. Par l’effet du gel-dégel, les tanins de l’épiderme, dont les cellules sont brisées, migrent vers le jus. Le résultat est quelque chose à mi-chemin entre un cidre de glace et un cidre plus traditionnel, pas aussi concentré en sucre que le cidre de glace, donc plus « pintable » que ce dernier. Il a aussi plus de corps, plus de complexité aromatique (tanins) qu’un cidre fait avec les mêmes pommes acidulées qui n’ont pas subi l’effet du gel-dégel.
Ce fut l’occasion de rencontrer quelques personnes avec qui j’avais déjà eu des échanges téléphoniques, par écrit, ou dont nous suivons mutuellement nos pages publiques, sur le web. Des personnes dont j’apprécie depuis quelque temps les démarches et dont j’aimerais visiter les installations cidricoles cette année. Je pense à :
• Alain Beauséjour et son fils Simon, copropriétaires de la Cidrerie L’Enraciné, à La Guadeloupe, en Beauce. Le projet a ét initié par le père horticulteur afin de mettre en valeur les centaines de pommiers sauvages dégagés de la forêt sur le terrain familial, Projet auquel s’est greffé le fils, biologiste et musicien formé en agriculture biologique.
• Luis Gauthier et Joshua Burns, de Caplan, dans la Baie des Chaleurs, en Gaspésie, dont la cidrerie n’a pas encore de nom public établi. Ils mettent en valeur un vieux verger longtemps abandonné qu’ils ont restauré, tout en cueillant et sélectionnant aussi les pommes sauvages de leur futur terroir cidricole régional. Leur démarche Gaspésienne a d’ailleurs été mon inspiration pour entrer en contact avec Claude Jolicoeur, et comme eux organiser une première rencontre-dégustation régionale de pommes sauvages à potentiel pour la cidrerie dans Lanaudière, en 2023.
• Jonathan Cloutier et Raphaël de la Cidrerie Les Travaux & les Jours, basée aux Éboulements, dans Charlevoix. Je suis fort interpellé par leur démarche qui fait appel à l’implication et l’engagement de leur communauté dans le projet, tant pour des journées de cueillette et de presse des pommes que pour la mise en marché des cidres. C’est un autre projet autour des pommes sauvages, enraciné dans un terroir local, à petite échelle, qui ressemble à ce que j’aimerais développer dans Lanaudière.
Je suis très heureux également d’avoir fait la rencontre de tous les autres cidriers présents !
• Jean-Sébastien, l’autre Gaspésien, derrière la Ferme de l’Alchimiste qui est aussi un passionné de pommes sauvages locales, et l’auteur de cidres élaborés en toutes petites cuvées, privilégiant la qualité sur la quantité. C’est celui qui nous a interpellés à propos des enjeux liés à l’agriculture de proximité et la commercialisation des cidres des fabricants artisans, qui plus est en région éloignée au Québec.
• Daniel Blais, du Clos Shanouk à l’île d’Orléans, un spécialiste du dégorgement ! Un autre fervent du cidre nature !
• Le trio de Terre 50, qui a remis en état de culture de vieux vergers sur la Côte-de-Beaupé (Michel, Michael et Benoît), spécialisés dans les macérations carboniques et pelliculaires, qui produisent des cidres pétillants et mousseux. Ils produisent notamment un cidre à l’aronia et un assemblage pomme et poire.
• William Lafortune, le plus jeune de la bande, qui après quelques années de production de cidres, de vin et de piquette en « mode garage » (touries et dame-jeanne à l’échelle maison), s’est lancé l’automne dernier dans une production commerciale, en voie de fermentation. Il a eu une opportunité avec une cidrerie de son coin, en y agissant à titre de « cidrier invité », pour y réaliser une cuvée « sans domicile fixe ». Un modèle d’affaires inspiré par ce qui se fait dans le vin, comme avec Lieux communs.
Grands mercis encore à Claude d’avoir rendu possible cette rencontre, enrichissante pour tout le monde, j’en suis convaincu ! Nous espérons vivement qu’elle aura des suites.
En conclusion, attendez-vous à suivre le Ministère des Friches et des Pommeraies en visite sur les routes du cidre dans le Sud et l’Est du Québec en 2025 !
PS – Il n’est tristement resté aucune trace photographique de la rencontre, d’où la seule photo de Jolicoeur qui orne le texte.
Le 19 octobre, soit il y a 2 mois et demi déjà, j’ai pressé une cinquantaine de litres de jus de pommes et de poires. Installé devant l’étable de la Ferme des Arpents roses à Ste-Mélanie, sur le plancher en béton de l’appentis construit par mon frère, dans mon setup modeste mais fonctionnel.
Les trois grandes touris de 2024, après leur premier soutirage, le 6 janvier 2025. Trois teintes bien distinctes, du jaune paille à l’orangé.
La pomme ‘Juge Bourduas’, une découverte de 2024, issues d’un vieil arbre faisant partie d’un petit verger à l’abandon, sur le chemin Laforest, à Saint-Alphonse-Rodriguez. Le voisin d’en face, chez qui je suis allé cogner, un jeune nonagénaire (90 ans à peine !) conduisant encore sa voiture, m’a informé que ces pommiers étaient ceux « du juge », me disait-il, un juge habitant « par-là, en haut », me pointait-il vaguement dehors… Ne répondant pas à ma demande de précision sur l’emplacement de la maison du juge, question que j’aille lui demander l’autorisation de cueillir, le vieil homme me dit plutôt que je pouvais très bien aller cueillir les fruits, car personne d’autre ne le faisait, jamais, à sa connaissance, depuis des années. Me contentant de l’autorisation du voisin d’en face, j’y ai grimpé, je l’ai secoué, à plusieurs reprises, et j’ai bénéficié d’une bonne quantité de ses petites pommes marbrées de rouge, sur fond vert.
Plus tard dans la semaine, j’ai appris que le juge en question, qui était un grand propriétaire terrien dans le secteur, est décédé il y a quelques années. Et non, ce n’est pas une bourde, le nom de famille dudit juge est bien « Bourduas » plutôt que Borduas. Selon la légende locale, feu le juge Jean-Pierre Bourduas (1939-2018) serait un descendant du même patriarche Borduas que le célèbre Paul-Émile, peintre et auteur en grande partie du Manifeste du Refus Global de 1948, et aurait fait changer son nom de famille auprès de l’État civil afin de prendre ses distances de l’agitateur Automatiste qu’avait été son illustre apparenté. Une rupture dans l’histoire de notre culture, de notre littérature, des ruptures aussi dans la famille Borduas.
De ces toutes petites pommes, en plus d’en fournir à Maltstrom dans le grand mixage des variétés pour en faire un cidre-bière, j’ai tiré un jus jaune et clair, bien sucré (1056 de densité relative, ou 16 brix dans la visière du réfractomètre), avec une petite amertume. Les quelques caisses de la ‘Juge Bourduas’ que je m’étais réservées contenaient de quoi remplir une petite touri, d’environ 18L. C’est pour moi une première cuvée de cidre monovariétale, sans pour autant avoir une candidate de variété de pomme idéale à mon goût (pas assez d’amertume), bien que bien sucrée et savoureuse, aromatique.
‘Montées St-Jacques #5 et #6 (‘Béatrix’)
D’un verger de fond de rang perdu à la frontière de St-Alphonse-Rodriguez, chez Lise et Lia, autrefois chez Mme Perreault (plus de 95 ans, rencontrée chez elle en 2023), où subsistent 4 vieux pommiers. De ceux-là, une pomme en particulier a été remarquée et notée comme particulièrement intéressante, lors de la grande dégustation de pommes sauvages lanaudoises de 2023 présentant, aux yeux des cueilleurs qui partageaient des pommes qui leur sont chères, un potentiel de cidrerie. Avec des appréciations très positives de Claude Jolicoeur et Mark Gleonec qui étaient nos « invités de marque », nos convives.
Après avoir été dotée du nom de code « Montée St-Jacques #6 » depuis quelques années, je l’ai baptisée ‘Béatrix’, hommage au territoire municipal où l’arbre est enraciné. Je la vois un peu comme le pendant pomme d’Obélix, ayant grosso modo la forme de son corps, ses rondeurs, avec ses pantalons rayés, si ce n’est striés … Une douce amère très aromatique, à la forme unique de poire (sa base est bien plus étroite que son bassin), au fond de teint qui paraît jaune orangé, striée d’un rouge lavé. Sa cavité est très peu profonde, et son pédoncule, étroit. Sa chair est ferme et elle présente une assez bonne capacité de conservation. Quelque chose dans ses fragrances rappelle la poire et une astringence particulière se fait sentir en fin de bouche.
L’âbre-mère portait beaucoup de fruits cette année, suffisamment pour en fournir quelques caisses pour la qualité de leur jus à la brasserie Maltstrom, mais aussi pour m’en réserver et tenter de mon côté la fermentation alcoolique d’un cidre monovariétal. Toutefois, il s’en fallait de peu pour bien remplir la touri de 20 litres à partir du jus de ce seul arbre. Pour les 3-4 litres manquants, j’ai ajouté le jus de pommes du même verger, de l’arbre voisin en fait (la #5), une belle rouge très sucrée et parfumée, un brin acidulée. Au final, une belle densité de 1050 (potentiel d’alcool d’environ 6,5%).
Le même vieil arbre, pour l’heure surnommé ‘Montée St-Jacques #5’, m’a également donné une formidable manne de pommes, de quoi fournir la brasserie des camarades prairiquois et mes propres activités de micro-cidrerie expérimentale. J’en ai comblé deux petits cruchons de 4 litres, de ce jus trouble et purement monovariétal. De quoi éventuellement remplir de cidre une quinzaine de petites bouteilles de 500 ml, quand même !
Poire ‘Golden Spice’
Une caisse de petites poires ‘Golden Spice’, m’a été gracieusement offerte par l’ami horticulteur fruitier Jonathan Bordeleau, cueillies par lui-même de son arbre à St-Damien, son surplus d’abondance, pour que je réalise une première expérience de production de poiré, l’équivalent du cidre (lequel est toujours « de pommes » d’ailleurs), mais avec des poires … J’en ai tiré un bon six litres de jus bien sucré, avec une intéressante amertume (14 brix, belle densité de 1050). Avec l’équipement dont je disposais, je m’en suis tenu à un cruchon de 4 litres monovariétal, juste du poiré. C’est bien peu, mais tout de même, un premier test !
Deux autres litres de jus de ‘Golden Spice’, queue de la pressée, ont été assemblés avec les restants de jus de pommes des pressées de la journée. Les surplus de la ‘Juge Bourduas’ et de la ‘Montée St-Jacques #5’. Allez hop, j’ai viré ça dans un autre cruchon de 4L, bien rempli d’un jus qui sera dans quelques mois le produit d’une cofermentation, ni tout à fait cidre, ni tout à fait poiré. Un joyeux hybride funky issu aussi des levures sauvages qui s’y activent en ce moment, comme toutes les autres cuvées de l’année, à 12 degrés Celsius dans un bâtiment appartenant à des amies. Merci pour l’opportunité de local avec une température appropriée ! Hâte de vous faire goûter au jus qui va en résulter !
‘Cléophas à splash russet doré’
L’arbre le plus productif que j’ai rencontré cette année, d’une petite talle de friches, à St-Cléophas-de-Brandon. Cet arbre est connu d’Alex Boisdequin-Lefort et moi depuis 10-15 ans maintenant, depuis nos premières explorations du pommage régional à des fins cidricoles.
De grosses pommes jaunes qui ont été conservées en chambre froide pendant un mois et demi (cueillies le 4 octobre), avant d’être pressées le 17 novembre, pour une ultime session d’extraction de jus de pommes sauvages de l’année. De ce bon jus, affichant 15 brix sur mon réfractomètre, et 1054 au densimètre, j’en ai bien rempli une touri de 21 litres. C’est l’ultime cuvée, monovariétale elle aussi, de l’année.
Oh bouteilles vides sévèrement lavées, frottées, rincées et assainies !Jus fraîchement pressés, certains en contenants de plastique, temporairement.Embouteillage en cours, 1er janvier 2025 !Près de 180 litres de cidres (cuvées 2023), dont il en reste encore quelques unes à embouteiller, en ce début janvier 2025.Densité à 1006 pour celui-là, ayant donc encore quelques sucres résiduels. Si mince, la Dame Jeanne … Embouteillage du jour de l’An, avec quelques millilitres de sirop d’érable au fond des bouteilles pour chaptaliser le cidre, et ainsi repartir la fermentation pour une prise de mousse en bouteillesGros morceau tête de dame Jeanne tombée vidée pis perte totaleÀ gauche, les cuvées de 2023, pas encore toutes embouteillées. À droite, les premières touris et cruches de 2024, qui s’accumulaient dans le coin de local prêté pour démarrer et compléter mes fermentations.Dans mon chalet d’hiver où je déguste les moûts cidres en devenir, leurs lies soutirées, clarifiésTrois touris en voie d’être rapportées dans leur local de fermentation, à Sainte-Émélie-de-l’Énergie.Mes deux premières touris de cidre en 2024 fraîchement pressées, le 19 octobre au soir. À gauche, la plus petite : ‘Juge Bourduas’, monovariétal, densité de 1056
À droite, la grande contenant principalement le jus de la ‘Béatrix’, presque pure, assemblée avec un peu de ‘Montée St-Jacques’ #5, l’arbre voisin.54 litres de cidre d’un an qui sentait ce qu’il devait sentir, bien bon, mais non fracas instantané, accident
au moins c’était pas sur le plancher, mais dans la neige, qui l’a buUne bonne succion dans le tuyau pour commencer, et on laisse faire la gravité, d’une bouteille à l’autre, avant d’encapsuler.
Le sol dégagé du bois de coupe, du bois mort, un sol plus propice à la circulation, à la cueillette. Crédit photo : Emmanuel Beauregard
Rappel des démarches
Plus près de chez nous, il y a cette vaste pommeraie sauvage, depuis peu et doucement mise en valeur par une congrégation religieuse, soit l’Ordre Cistercien de la Stricte Observance, mieux connue sous le nom de « Trappistes ». Des centaines de pommiers matures et bizarrement tordus, portant bon an mal an des fruits bigarrés et pleins de surprises, sur un flanc de colline du domaine de l’Abbaye Val Notre-Dame, au pied de la Montagne Coupée. Une pommeraie apparue sur ce qui fut longtemps le fonds de terre d’une succession de générations dans les familles Desrosiers-Gadoury, à Saint-Jean-de-Matha, et dont j’ai raconté l’histoire le printemps dernier.
En 2024, j’ai eu l’autorisation du nouveau Père abbé (coordonnateur de la communauté, si on veut) pour continuer d’accéder à la pommeraie et y mener des cueillettes de pommes d’automne, plus tardives, à la fin septembre et en octobre. Rêvant d’un éventuel véhicule tout terrain (un quatre-roues) pour transporter les caisses de pommes cueillies loin des chemins carrossables, j’en ai tiré quelques dizaines de kg, portés à bout de bras, une caisse à la fois, sur des centaines de mètres de terrain pentu, pour les rapporter jusqu’à la remorque tirée par ma voiture. Elles ont fait partie du lot de pommes pressées en novembre en vue de produire une bière aux pommes par la brasserie Maltstrom. La cuvée de cidre tirée des pommes de l’Abbaye ne sera pas pour cette année, mais le projet me tient à cœur et verra le jour en temps et lieu.
Voici tout de même quelques photos croquées lors de mes passages dans la pommeraie de l’abbaye cet automne.
Une grosse job de nettoyage opérée depuis un an maintenant, et s’ouvre la zone ou la canopée est formée par ces vieux pommiers étiolés, qui ont trouvé la lumière en hauteur, dans leur lutte dans l’enchevêtrement des congénères et des espèces rivales.
Vallons des terres de l’Abbaye
Au loin, percevoir des petites jaunesConstater les branches garniesObserver les fruits avant de savourer et cueillir, joyeuxCes deux troncs d’apparence connexes donnent-ils de même variété ?
Une pommeraie au milieu des vallons, au pied de la Montagne-Coupée, qui a pour causes : le verger de l’aïeul Albert Desrosiers, une bande d’enfants, de jeunes mayais, qui s’y servaient, et un ruisseau, ou le même attroupement de cousins, cousines et d’amies se rendaient, au bout des terres, en aval, vers la rivière, pour pêcher la petite truite. Des pommes-collations les poches pleines pour passer l’après-midi à taquiner les poissons au bout de lignes à pêche rudimentaires, et des trognons tirés à bout de bras. Il y a un demi siècle environ, une grosse talle de pommiers est née, de la descendance des pommes et des enfants d’Albert et Maria.
Tordus, tout croches, étonnants dans leurs formes allongées, détournées.Des arbres ont été marqués, numérotés, par des membres de l’équipe de l’Abbaye, afin d’identifier les arbres dont les fruits s’avèrent de variétés intéressantes pour la transformation.
Des rubans verts, avec quelques notes
Au détour des bords de prairies, juste avant les coulées et pentes abruptes marquant le début des zones en friches : des pommiers sauvages, ça et là, un peu partout.Des arbres ont été marqués, numérotés, par des membres de l’équipe de l’Abbaye, afin d’identifier les arbres dont les fruits s’avèrent de variétés intéressantes pour la transformation.Hautes branches, hautes pommesOn dirait presque un verger !Grandes étendues, territoire du ‘Malus ferus’ (nom latin de mon cru, pour décrire les pommiers de la féralité, du retour à la nature, au sauvage, quittant le domaine du cultivé)
Elles sont derrière nous déjà, les heureuses séquences de presse du jus de pommes, vécues à deux échelles, en contextes différents.
Pour commencer la saison, à la mi-septembre, j’ai eu la chance d’être engagé par la ville de Rawdon pour y réaliser une démonstration de presse de pommes en public. Installé au bout de l’allée centrale du Marché public, avec broyeur, pressoir, plusieurs caisses remplies de pommes du terroir régional, j’ai animé la clientèle en leur racontant ma quête de pommes locales et gratuites de qualité (sucrées, aromatiques), tout en pressant du jus frais sous leurs yeux. J’ai servi à toutes personnes présentes et volontaires, convaincu et convainquant, des verres de ce jus, pur produit de mon travail et de la nature à l’oeuvre derrière les pommiers, soient-ils sauvages ou cultivés. Quel bonheur qu’il soit unanimement salué, savouré, apprécié, source de compliments ! Quelques dizaines de litres sont sortis de ma presse ce jour-là.
Une fois réduites en purée, les pommes broyées sont déposées dans le cylindre en bois, à l’intérieur duquel un sac aux très fines mailles est installé.
À l’échelle domestique, dans la petite presse manuelle qui est mienne, installé sous l’appentis de mon frère, devant l’étable, à Ste-Mélanie. En 2024, ce furent deux longs et agréables après-midi, pour en sortir quelques 80 litres pour moi cette année, en 6 cuvées distinctes, dont quelques-unes mono variétales, destinées à devenir cidre ou même poiré dans un cas.
Petites douces amères qui se démarquent du lot, apportant peu d’acidité mais beaucoup de tanins.
Mais le broyeur que j’utilise (il m’est prêté) est celui acquis par les comparses de la brasserie Maltstrom, avec qui je collabore pour une quatrième année en tant que fournisseur de pommes glanées dans Lanaudière, surtout sauvages, mais aussi de vieux pommiers non traités, laissés à eux-mêmes. Un broyeur qui se branche sur le 220V, et qui peut théoriquement broyer une tonne de pommes à l’heure.
Une belle surface de plancher et de murs conçus pour être lavés, rincés, à grande eau et drainé
C’est à une échelle artisanale aussi, mais disons là semi-industrielle, à visée commerciale, qu’est utilisé le moût de pommes sauvages comme ingrédient pour créer des bières non-traditionnelles, chez Maltstrom, à Notre-Dame-des-Prairies, en banlieue de Joliette. Les opérations sont menées avec une presse hydraulique de plus grande contenance et autrement efficace, et un plus grand volume de pommes à presser. Pour presque remplir les 3 barriques de chêne prévues cette année, ce sont pas loin de 600 litres de jus frais et plein de potentiel à levures sauvages que nous y avons extrait, au bout de deux bonnes journées de travail en octobre et novembre.
L’occasion de prendre d’autres notes, sur chaque variété de pommes cueillies. Systématiquement leur taux de sucre, mais aussi leur texture, jutosité, la perception d’acidité et d’amertume, les arômes, la capacité de conservation des fruits, etc. Des notes compilées dans de grands tableurs numériques, outils et repères dans ce processus de recherche et développement d’un terroir cidricole et brassicole régional. Y sont identifiées mes candidates à de prochaines étapes, dont le prélèvement de greffons au printemps, pour fin de reproduction et d’expérimentation en verger.
De la presse à la chaudière, le filet 3 barriques à remplir cette année, en deux journées de presse : d’abord en octobre puis en novembre
Dans une prochaine publication, je vous partage quelques mots et images de mes cuvées de cidre en cours de fermentation.
La ‘Crème soda’ ?La presse hydraulique généreusement prêtée par Jean-François ChausséDe la presse à la chaudière, le filetÇa suinte au sommet, à la finAmbré et sirupeux, ce jus de pommes tardives !Le maître brasseur, Michael Fiset, achève la mise en place de la pièce pour la longue journée de presse qui s’en vient.3 barriques à remplir cette année, en deux journées de presse : d’abord en octobre puis en novembreDe la chaudière à la barrique, la chuteLe coin de brasserie employéChez Maltstrom, le 5 octobre 2024.Le marc de pommes, résidu, matière solide à disposerEmpilade de caisses dans la chambre froide de la brasserie.Pas les plus jolies, bien piquées par la mouche de la pomme, mais oh combien sucrées et aromatiques !Petites douces amères qui se démarquent du lot, apportant peu d’acidité mais beaucoup de tanins.‘L’Alcide pas acide’, d’un vieux pommier de la famille Parent, à St-AmbroiseSi blanche, la chair, et ferme !La juge Bourduas en quantités, d’un seul arbre prolifique.Une très belle pomme croquante, juteuse, aux arômes qui rappellent le « Cream soda ».Installation au Marché public de Rawdon, pour un atelier de presse de pommes, le 14 septembre 2024.Les mains dans le sac, à l’intérieur de la presse, et déjà coule le jus dans le chaudron.Votre humble serviteur en train de crinquer sa presse en public, offrant une démonstration d’extraction de jus de pommes devant la clientèle du marché public.Je remplis les verres et les sert aux badauds, clientes, enfants, passants, exposants, hommes et femmes qui se trouvent dans les parages. C’est mon mandat, payé par la municipalité de Rawdon pour produire et servir du jus de pommes frais aux personnes présentes.
Quel bonheur de voir la satisfaction de tout le monde, de recevoir les commentaires élogieux pour ce jus de pommes sauvages cueillies par mes soins !
Le meilleur jus que certain.es avaient jamais goûté de leur vie, ai-je entendu !Kiosques d’artisans agroalimentaires de la régionAllée centrale du Marché Public La Récolte de Rawdon, le 14 septembre 2024Nettoyage des équipements de broyage et de presse de pommes salis durant la journée, grâce à l’employée et au camion d’arrosage municipal de Rawdon.On appuie doucement, mais fermement, sur le couvercle, afin de le placer de niveau.On referme le sac de toile, et on pose les deux sections du couvercle. Deux demi-sphères en bois, avec leur poignées. Une fois réunies, un espace circulaire central demeure, afin de dégager l’espace pour la vis sans fin centrale de la presse.C’est parti mon cliquetis !Répondant aux questions des petits gars.
Toute la marmaille de neveu et nièce ainsi que d’amis de la famille, attentivement m’observe, tandis que j’achève la mise en place du dispositif.17 novembre 2024. Presse personnelle, devant l’étable, avec un public d’enfants curieux, et plus tard ravis du bon jus qui leur fut servi.Les blocs de bois sont installés au-dessus du couvercle, tout comme le mécanisme à cliquet.Le pain de marc de pommes, restant à sortir de son pieu et de son sac, à déverser dans un baril bleuMon installation sous l’appentis de l’étable, à Sainte-Mélanie, le 19 octobre 2024.La table aux outils, cahier de notes, et petits contenants de jusMarc ou pommace, ce sont les déchets de l’activité du pressoir.
Un grand Merci à mon amie d’enfance Natacha Parent et son conjoint Gino Laporte pour l’accès au bel espace de chambre froide de la Cabane à sucre Fernando Laporte, à Saint-Ambroise-de-Kildare, pendant les deux mois de ma saison de cueillette ! En contrepartie de quoi, comme convenu, les plusieurs pommiers que compte leur terrain seront taillés par mes soins à la fin de l’hiver/début du printemps prochain.
Après une longue journée de cueillette, jusqu’au couchant, devant la cabane à sucre, la remorque vidée de ses caisses de récolte.
Dans l’espace qui m’était accordé (la moitié de la chambre froide environ), je pouvais y faire tenir jusqu’à 60 caisses à la fois. J’ai pu également entreposer une vingtaine de caisses dans la chambre froide de la brasserie Maltstrom pendant quelques jours, en vue d’une première grosse journée de presse sur place, début octobre (80 caisses). L’espace libéré des caisses après cette première grande presse, j’ai pu le remplir de nouveau, une seconde fois.
L’entrée de la caverne aux pommes en devenir.
Comparativement à l’an dernier (alors que les talles étaient plus garnies et que j’avais tout mon temps pour m’y consacrer) où j’en avais rempli 180, c’est un total d’environ 135 caisses que j’ai comblé de pommes cette année. Les trois-quart de mon record de 2023, c’est quand même pas pire ! Pommes qui furent pratiquement toutes destinées au pressoir et à la fermentation alcoolique. Mes quelques journées de presse de 2024 seront d’ailleurs le sujet de la prochaine publication, sous forme d’album photo commenté.
Pouvaient y tenir jusqu’à 60 caisses de récolte à la fois (environ 300 litres de jus).Accumulation progressive « Diane Dumoulin » : nom de code d’un arbre planté il y a 75 ans, sur un terrain au coin des rues Diane et Du Moulin, à Saint-Alphonse-Rodriguez.Occupation pomologique de la moitié droite du grand frigo, qui m’était réservée.
Des petites pommes (avec des gènes de pommette, sans doute), brassées d’un arbre de bord de route, de l’autre côté de la clôture du Camping Campus, à Sainte-Mélanie.
Pomme aux arômes distincts de bananes, ayant également une assez franche amertume. Clin d’oeil à Claude Jolicoeur : je l’appelle pour l’instant ‘Banane amère de Lanaudière’Coloris et formes, mais aussi étiquettes en ruban vert, pour les distinguer, en plus du tableur numérique où tout est consigné.Une première dizaine de caisses remplies, avant la mi-septembreIl y aura une petite histoire de la pomme ‘Juge Bourduas’ à écrire. Et un cidre à expérimenter. Comptez sur moi !Du rang St-Guillaume de St-Jean-de-Matha, riche en pommiers sauvages.Du rang St-Guillaume de St-Jean-de-Matha, riche en pommiers sauvages – bis.
J’exerce ma passion pomologique à temps partiel, à travers les moments libres, hors du travail salarié qui rémunère sur une base régulière, mais qui pas nécessairement ne libère.
En marge des routes, le long des rangs de Mattawinie, de Brandonie ou d’ailleurs, en explorant le pommage du piémont Lanaudois, prêt à cueillir en masse.
Les activités que je mène en lien avec les pommiers de la région me sont sources de rencontres (et de joies), bien plus encore que de revenus. Chaque année il y a des surprises, de nouvelles personnes qui se trouvent sur le chemin, qui m’en apprennent, m’accueillent, m’ouvrent leurs portes et leurs pommiers, petits vergers ou parcelles en friches où ont proliféré les sauvageons de l’espèce Malus. Des pommes aussi toujours que je rencontre pour la première fois, et pour lesquelles j’ai un coup de cœur.
Le cueilleur en pleine action, œuvrant avec des fruits choisis, de première qualité, aidé par son amoureuse à plusieurs reprises, cette année.Chemin du Portage, St-Didace, les fruits d’une récolte de pommes sauvages hors du commun.
Rencontre de nouveaux coins de pays également, de bouts de rangs, racoins de paroisses, qui m’étaient inconnus, ou pas si familiers. Découverte de ce qui se passe, se vit, ce qui pousse autour, quelle variétés d’hommes, de femmes et de pommes donne le territoire rural de ma région. C’est de la recherche sur l’histoire locale, la pomiculture domestique des ancêtres colons, sur la culture et la mémoire vivante, de l’anthropologie sociale et culturelle et de la géographie sociale, humaine, par le biais du pommier, de sa généalogie, de son bagage génétique inusité, inextinguible, si on le laisse s’exprimer.
Parmi différentes personnes rencontrées au fil de la saison, j’ai pu croquer le portrait de Mme Françoise Desrosiers au pied de l’arbre qu’elle a planté il y a 70 ans, et de Jocelyn Grégoire croquant la pomme issue d’un arbre qu’il a involontairement semé, dans un ancien pacage à vaches, il y a quelques cinquante ans.
La si gentille et formidable Mme Françoise Desrosiers, 93 ans, aux côtés du pommier (de variété encore indéterminée) qu’elle a planté il y a 70 ans, l’année de son mariage, en 1954. Sur le 2e rang Ramezay de St-Félix-de-Valois.
Il devrait y avoir éventuellement une historiette de ma plume, plus détaillée, à propos de mes rencontres avec cette dame.Jocelyn Grégoire, fils d’habitants du coin (9e rang de Ste-Marcelline), semeur de pommiers sauvages du temps qu’il était mayais et vacher, gardant le troupeau familial, dans les années ’70.
Petit homme et voisin de ces quelques talles où je reviens depuis des années avec l’autorisation du propriétaire, il tient à la main une pomme géante issue d’un arbre qu’il a semé, sans le vouloir, dans sa jeunesse sur la ferme laitière de ses parents. Arbre baptisé ‘Wilbrod’, dont j’avais cueilli les fruits quelques minutes plus tôt, avant qu’il ne surgisse à mes côtés et m’accompagne pendant un moment, tout en conversations et en connaissance de l’histoire des lieux. Il m’a même aidé à cueillir quelques pommes de la lisière du fossé voisin.
Une sacrée belle rencontre.
Merci Jocelyn !
C’est près d’une centaine d’arbres (et de variétés différentes, pour la plupart uniques) dont j’ai cueilli les fruits cette année. Au moins deux tonnes de fruits ont transité dans mes mains et les caisses, et près de 700 litres de jus extraits de mes récoltes.
Voici, un peu pêle-mêles, en vrac quoi, des dizaines de photos de ma saison de cueillette, à travers des dizaines de talles, d’arbres solitaires ou de groupements de pommiers, sauvages ou plantés de longue date, à travers le territoire et ses paysages, longeant ou prenant pied fermement dans le piémont lanaudois, partant de Sainte-Mélanie pour me rendre à St-Jacques-de-Montcalm ou Sainte-Émélie-de-l’Énergie, jusqu’à Joliette et Saint-Didace, en passant par Sainte-Béatrix, St-Jean-de-Matha, St-Alphonse-Rodriguez, Rawdon, Saint-Ambroise & Sainte-Marcelline de Kildare, Saint-Gabriel-de-Brandon, Saint-Cléophas, sans oublier Saint-Félix-de-Valois.
Dans la remorque, sous l’échelle, les récoltes quotidiennes s’empilaient. Bien identifiées.Sol de sous-bois, de sous talle de sauvages pommiers.Petits grelots jaunes à travers les verges d’or séchées.Pommes tachées de la « suie », fruits murs à pointDevant la maison, dans un village près de chez nous, le propriétaire parti à la chasse, et le chasseur de pommes entre-temps est passé par-là … À la chasse comme à la chasse …
Des pommes à croquer, sucrées, juteuses, un brin acidulées, assez saines, et non traitées.De belles grappes orangées, des branches à brasser.Pommier ancien au tronc immense et tortueux, dont j’ai nommé les fruits ‘Béatrix’.Un sauvageon de bord de route, le long d’un vieux rang agricole à St-Jean-de-Matha. Rouge et bleu, cimes et ciel, fruits sauvages et gratuits.‘Sacré-Coeur de St-Guillaume’, son nom, contre son électrique poteau.Le grand et vénérable ‘Béatrix’, chargé de fruits cette année, entouré de quelques autres vieux pommiers bien garnis.L’affaire est dans le sac ! Chemin du Portage, St-Didace, les fruits d’une récolte de pommes sauvages hors du commun.
Marcher longtemps jusqu’à la voiture, à travers les herbes hautes et le ruisseau à traverser, de larges enjambées.Chemin du Portage, St-Didace, une talle éparse de pommiers sauvages hors du commun dans une vieille prairie en friches.« Gnarly pippins » comme disent les camarades aux USARamper entre les branches basses et glaner les fruits dont le sol est jonché.Branches qui ploient bien sucrées les petites jaunes, ni trop acides.Pépites d’amertume au bout des branches d’un pommier pleureur, au pays d’Ailleboust.J’y grimpai cette année encore, pour secouer quelques branches en hauteur.Luxuriant verger de ce fonds d’ancien rang de colonisation reliant autrefois deux paroisses, maintenant rompu.
Deux dames vieillissantes m’en accordent les droits de cueillette, et le devoir de l’entretien.Un mix de techniques de récolte : une pomme à la fois, à la main, grimpé dans l’échelle, mais aussi du brassage et de la récolte au sol, sur des bâches autant que possible).Au pied de sa majesté fruitière, dont les fruits feront cidre. C’est du tronc de pommier vigoureux et âgé ça !
Son voisin de pommier tout aussi garni de fruits, ayant autant d’airs de centenaire, encore solide et fier.La ‘Grosse Bienvenue’, probablement une ‘Duchesse’, ou d’une variété apparentée.En lisière de prairie, à Val-Notre-Dame, l’Abbaye.Dans la lumièreComme l’arbre, les caisses de récolte sur le bord de la route, une image vibrante de ma saison. Ciel qu’elles sont bonnes, ces pommes ! Chemin du Portage, St-Didace, une talle éparse de pommiers sauvages hors du commun dans une vieille prairie en friches.En cueillir au sol aussi, beaucoup, en les choisissant, une à une, d’un coup d’oeil et d’un roulement dans la main, tâtonnant les fruits méthodiquement.À l’orée du bois, des fruits d’exceptionCueillette hors piste, sans raquettes, de sauvages pommes russetsBeaux jours d’automne Dans les friches, marcher longtemps sous le poids des pommes.La petite Russet de l’Abbaye. Dans l’entre deux-mondes, des herbacées vers la strate arbustive. ‘Sacré-Coeur de St-Guillaume’, de plus loin, faisant face ou dos, aux rues, à leur coin.Splendeur des fruits qui m’attendent.Un autre arbre de 70 ans, aux fruits malheureusement très attaqués par les coccinelles asiatiques. À St-Alphonse-Rodriguez.Sous le pommier de Bernardo, un vieil italien de 94 ans, établi à St-Jean-de-Matha depuis des décennies, désormais inapte à récolter ses fruits et à en presser le cidre. Pour m’épauler, de rose et de rouge, une douce amie, renarde à ses heures, glaneuse, amatrice de douceurs entre le sauvage et le cultivé.
J’ai hâte de revenir partager une bonne bouteille de cidre avec Bernardo, comme il m’y invitait !Toujours Mme Desrosiers, auprès de son grand pommier, généreuse de ses fruits, et des anecdotes et détails sur son histoire familiale.