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Projets et collaborations Sans catégorie

Inauguration de la page web du Ministère !

Ça faisait bientôt quatre ans que je payais
un peu en vain le nom de domaine

www.ministerepommeraies.com

sinon pour le réserver, pour l’avenir, sans
y avoir encore intégré de contenu, sans rien mettre en ligne … pis à la fin de l’hiver/au début du printemps 2025,
j’ai pris le temps de transformer toutes les publications Facebook publiées depuis 4 ans sur cette page, en articles de blogue, en y intégrant les photos, en retravaillant la mise en forme, en prenant soin aux détails. Vous y trouverez plus de quatre-vingt textes, des centaines d’images originales, et sous elles, souvent : des légendes.

En cette saison de taille, puis celles d’exploration du pommage régional, de cueillettes, de presses, de collaborations et de cidres anarcho-terroiristes; c’est aujourd’hui que je me sens prêt à l’inaugurer, à publiquement la dévoiler, en révéler l’existence !

Je dispose maintenant de ma propre page web, qui prend la forme d’un « blogue », un espace de communication fièrement indépendant des grands empires de la Techno.

Un lieu de liberté d’expression
me permettant de demeurer totalement
propriétaire du contenu que j’y crée.

Ainsi, j’envisage une sortie progressive de cette
plateforme numérique (FB), ce dit « média social » appartenant à un oligarque beaucoup trop puissant, soutenant qui plus est maintenant le régime néo-fasciste de Trump et la déshumanisation par l’IA, pour m’en tenir à ces seuls deux exemples.

La page Facebook servira désormais à relayer les articles que je publierai, à partir de maintenant, d’abord et avant tout sur ma page web.

Grâce à différents modes de présentation des articles, en plus de l’ordre chronologique, il sera beaucoup plus aisé d’y retrouver mes textes passés, qui sont également classés par thématiques (greffe, cidre, voyages, pommes sauvages, variétés anciennes, etc.).

La page web comprend aussi des sections inédites sur la Page Facebook.

Vous y trouverez notamment :

• une grande médiagraphie de mes inspirations en matière d’agroécologie paysanne et de pomologie (« Documents de référence malique« )

• une section rassemblant les diverses mentions
médiatiques de mes projets (« On parle de nous« )

• une autre sur mes projets et collaborations passées et en cours

Je songe à d’autres sections, en construction, dont l’une pour présenter des cartes des vergers et pommeraies où je dispose de droits d’usage. D’autres encore afin de présenter les variétés anciennes de pommes qu’on retrouve dans Lanaudière, tout comme les variétés nouvelles, trouvées dans les pommiers sauvages disséminés un peu partout de part et d’autre du piémont de la région.

Allez y jeter un coup d’œil; mieux, ajoutez-la à vos signets, ou inscrivez-vous à la liste d’envoi courriel pour être tenus au jus des plus récentes publications ! 📧

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Cidre Projets et collaborations

Cuvées de cidres des friches du piémont 2025

Après les contrats de presse de jus de pommes sauvages
accomplis l’automne dernier, à Chertsey et Ste-Marcelline
puis celui également avec la microbrasserie Maltstrom de NDP, il est resté une vingtaine de caisses de ces fruits que j’ai récolté en divers lieux enfrichés du piémont lanaudois.

Après avoir passé l’hiver en chambre froide, par mes soins triées sans broyeur, avec ma seule presse, j’ai extrait le jus après avoir laissé les caisses de pommes geler dehors une semaine ou deux avant de les laisser dégeler, devant ainsi pressables, à l’intérieur deux semaines durant, au goutte à goutte, du jus dense et sucré pommes fripées, comme des gros raisins secs, version pomacée qui en ressortent comprimées, aplaties, vidées de leur jutosité.

Quelques 80 litres de jus de pommes sauvages locales assemblées en trois touris de 20L et cinq cruchons de 4L,
dont la fermentation est lancée. Ça « bubulle » dans les bidules (bondes ou barboteurs) qui permettent au gaz carbonique de s’échapper, tout en empêchant l’air d’entrer en contact avec le cidre – les levures naturelles font leur œuvre de transmutation, d’altération du breuvage vers l’ivresse du temps.

Dans ce jus pétillant où se forme, par sédimentation, une lie
moût de pommes qui au fil des semaines et mois se clarifie
y’a de la pomme de Ste-Béatrix, du 8e rang de Ste-Mélanie
du rang Ste-Cécile de Saint-Félix-de-Valois, des friches
de Saint-Ambroise-de-Kildare et Saint-Alphonse-Rodriguez choisies pour leurs parfums, leur douceur ou leurs tannins.

Ami-e-s!

Dans quelques mois on goûtera le cidre de
ces arbres du partage à la bonne franquette
fruits du domaine féral déployant la liberté
naturellement, sans artifice, dans les marges
de la civilisation industrielle et marchande.

D’ici-là, il y a des bouteilles des cuvées 2023 et 2024
en stock, dont quelques beaux succès à mon palais !
Lancez-moi vos invitations pour une dégustation!

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Cueillette Explorations Pomologie Projets et collaborations

‘La vie en rose’

C’est comme ça qu’elle est provisoirement nommée, cette pomme à chair rosée, dont l’arbre, très fort probablement un arbre issu de semis, auquel nous donnons au moins une soixantaine d’années de vie, se trouve en empruntant un vieux rang de Ste-Béatrix (si si, je laisse planer le mystère de son emplacement précis…). Un autre de ces vénérables pommiers devenu un bien commun de notre ruralité, issu de la place, sans véritable propriétaire. Les humains possédant les titres de propriété des terrains où prolifèrent ces pommiers sauvages ne portent souvent aucun intérêt aux fruits qui abondent, années après années.

Cet automne je me suis de nouveau présenté à la porte de la maison au bout d’un certain « draïvoué », où j’étais allé cogner quelques fois, sans succès ces dernières années… Une dame enfin m’a ouvert, nouvelle propriétaire depuis environ un an, et suite à ma brève présentation m’a accordé la permission de récolter des fruits de l’imposant pommier que j’avais spotté dans un coin de sa cour. Je n’en avais même pas encore regardé de près les fruits, encore moins pris une croquée dans l’une de ses pommes. Seulement, je voyais bien, de cette route de campagne où je passe souvent l’automne, que l’arbre était chargé de beaucoup de rougeâtres fruits, jusqu’alors « défendus ».

Surprise et joie au moment de la révélation : la chair des pommes est très rosée, juteuse, passablement sucrée, avec une acidité probante – mais qui ne fait pas grimacer, et une légère astringence. Des pommes saines, à peu près pas piquées, fermes, sans doute en mesure de se conserver longtemps. Sans hésitation, j’y vois une pomme à expérimenter avec l’intention d’en tirer un cidre rosé, probablement en l’assemblant avec une proportion de pommes douces-amères (plus sucrées, ayant peu ou pas d’acidité, et des tanins amers plus prononcés).

L’arbre a deux troncs principaux partant du sol, fait plus de 20 pieds d’hauteur, a des charpentières solides et saines et n’a visiblement pas été taillé depuis des années. Il portait des pommes en quantité jusqu’à sa cime. J’ai brassé les branches, grimpé dedans en hauteur comme un ours, mais des fruits échappaient à ma portée.

J’y suis retourné trois fois au fil des semaines d’octobre, cueillir les fruits en différentes séquences. La dernière fois, il y a quelques jours, j’avais le plaisir d’être accompagné par la coordonnatrice de l’organisme Les Fruits Défendus (Montréal), l’amie Simone Chen. Elle est arrivée équipée de deux longues perches télescopiques – dotées de crochets et d’un petit sac pouvant contenir quelques pommes -, formidables outils de récolte pour des pommiers géants comme celui auquel nous avions affaire. On a pu ainsi secouer les branches fruitières du haut, et récolter jusqu’au dernier fruit !

Réjouissances de partager la trouvaille, le travail, et l’enthousiasme pour la découverte d’une variété aux caractéristiques inusitées, cela à travers des échanges philosophiques sur la transformation d’arbres et de lieux privés en Communs, sur la valeur d’usage qui devrait primer sur la valeur marchande, nous amusant à trouver des noms savoureux pour des sauvageonnes cueillies ensemble ce jour-là. En se disant que ce qui compte d’abord et avant tout dans cette aventure pomologique, c’est la joie partagée, les rencontres significatives, les relations humaines, les richesses de l’histoire locale et les mystères poétiques derrière ces arbres et fruits uniques – certainement des œuvres collectives !

Nous retournerons y récolter des scions le printemps prochain, dont certains seront certainement partagés avec un ami commun, l’hybrideur de pommes Roland Joannin de La Pomme de demain. Tsé veux dire, des pommes à chair rose ou rouge (et pas seulement des veinures) véritablement nées au Québec, c’est rare en « sacréfice » !

Mais avant ça, en novembre viendront les jours de presse – et le début des fermentations de l’année !

Crédit photos : Simone Chen

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Dégustations Histoire Pomologie Projets et collaborations Publicité

Atelier-randonnée : à la découverte des pommes sauvages

C’est dans presque un an … mais l’événement est planifié! J’aurai le plaisir et la chance d’animer cette randonnée-dégustation de pommes sauvages au Parc Régional des Chutes Monte-à-Peine-et-des-Dalles, où se trouvent quelques beaux spécimens de pommiers sauvages (aux fruits intéressants), au sein d’un magnifique territoire protégé. À mettre à vos agendas ! Je relancerai l’invitation l’automne prochain, quelques semaines avant l’activité.

https://www.facebook.com/events/1372035487615700/

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Cidre Projets et collaborations

Cuvées de cidre 2023-2024

Le 19 octobre, soit il y a 2 mois et demi déjà, j’ai pressé une cinquantaine de litres de jus de pommes et de poires. Installé devant l’étable de la Ferme des Arpents roses à Ste-Mélanie, sur le plancher en béton de l’appentis construit par mon frère, dans mon setup modeste mais fonctionnel.

Les trois grandes touris de 2024, après leur premier soutirage, le 6 janvier 2025.
Trois teintes bien distinctes, du jaune paille à l’orangé.

🍎La pomme ‘Juge Bourduas’, une découverte de 2024, issues d’un vieil arbre faisant partie d’un petit verger à l’abandon, sur le chemin Laforest, à Saint-Alphonse-Rodriguez. Le voisin d’en face, chez qui je suis allé cogner, un jeune nonagénaire (90 ans à peine !) conduisant encore sa voiture, m’a informé que ces pommiers étaient ceux « du juge », me disait-il, un juge habitant « par-là, en haut », me pointait-il vaguement dehors… Ne répondant pas à ma demande de précision sur l’emplacement de la maison du juge, question que j’aille lui demander l’autorisation de cueillir, le vieil homme me dit plutôt que je pouvais très bien aller cueillir les fruits, car personne d’autre ne le faisait, jamais, à sa connaissance, depuis des années. Me contentant de l’autorisation du voisin d’en face, j’y ai grimpé, je l’ai secoué, à plusieurs reprises, et j’ai bénéficié d’une bonne quantité de ses petites pommes marbrées de rouge, sur fond vert.

Plus tard dans la semaine, j’ai appris que le juge en question, qui était un grand propriétaire terrien dans le secteur, est décédé il y a quelques années. Et non, ce n’est pas une bourde, le nom de famille dudit juge est bien « Bourduas » plutôt que Borduas. Selon la légende locale, feu le juge Jean-Pierre Bourduas (1939-2018) serait un descendant du même patriarche Borduas que le célèbre Paul-Émile, peintre et auteur en grande partie du Manifeste du Refus Global de 1948, et aurait fait changer son nom de famille auprès de l’État civil afin de prendre ses distances de l’agitateur Automatiste qu’avait été son illustre apparenté. Une rupture dans l’histoire de notre culture, de notre littérature, des ruptures aussi dans la famille Borduas.

De ces toutes petites pommes, en plus d’en fournir à Maltstrom dans le grand mixage des variétés pour en faire un cidre-bière, j’ai tiré un jus jaune et clair, bien sucré (1056 de densité relative, ou 16 brix dans la visière du réfractomètre), avec une petite amertume. Les quelques caisses de la ‘Juge Bourduas’ que je m’étais réservées contenaient de quoi remplir une petite touri, d’environ 18L. C’est pour moi une première cuvée de cidre monovariétale, sans pour autant avoir une candidate de variété de pomme idéale à mon goût (pas assez d’amertume), bien que bien sucrée et savoureuse, aromatique.

🍎 ‘Montées St-Jacques #5 et #6 (‘Béatrix’)

D’un verger de fond de rang perdu à la frontière de St-Alphonse-Rodriguez, chez Lise et Lia, autrefois chez Mme Perreault (plus de 95 ans, rencontrée chez elle en 2023), où subsistent 4 vieux pommiers. De ceux-là, une pomme en particulier a été remarquée et notée comme particulièrement intéressante, lors de la grande dégustation de pommes sauvages lanaudoises de 2023 présentant, aux yeux des cueilleurs qui partageaient des pommes qui leur sont chères, un potentiel de cidrerie. Avec des appréciations très positives de Claude Jolicoeur et Mark Gleonec qui étaient nos « invités de marque », nos convives.

Après avoir été dotée du nom de code « Montée St-Jacques #6 » depuis quelques années, je l’ai baptisée ‘Béatrix’, hommage au territoire municipal où l’arbre est enraciné. Je la vois un peu comme le pendant pomme d’Obélix, ayant grosso modo la forme de son corps, ses rondeurs, avec ses pantalons rayés, si ce n’est striés … Une douce amère très aromatique, à la forme unique de poire (sa base est bien plus étroite que son bassin), au fond de teint qui paraît jaune orangé, striée d’un rouge lavé. Sa cavité est très peu profonde, et son pédoncule, étroit. Sa chair est ferme et elle présente une assez bonne capacité de conservation. Quelque chose dans ses fragrances rappelle la poire et une astringence particulière se fait sentir en fin de bouche.

L’âbre-mère portait beaucoup de fruits cette année, suffisamment pour en fournir quelques caisses pour la qualité de leur jus à la brasserie Maltstrom, mais aussi pour m’en réserver et tenter de mon côté la fermentation alcoolique d’un cidre monovariétal. Toutefois, il s’en fallait de peu pour bien remplir la touri de 20 litres à partir du jus de ce seul arbre. Pour les 3-4 litres manquants, j’ai ajouté le jus de pommes du même verger, de l’arbre voisin en fait (la #5), une belle rouge très sucrée et parfumée, un brin acidulée. Au final, une belle densité de 1050 (potentiel d’alcool d’environ 6,5%).

🍎 Le même vieil arbre, pour l’heure surnommé ‘Montée St-Jacques #5’, m’a également donné une formidable manne de pommes, de quoi fournir la brasserie des camarades prairiquois et mes propres activités de micro-cidrerie expérimentale. J’en ai comblé deux petits cruchons de 4 litres, de ce jus trouble et purement monovariétal. De quoi éventuellement remplir de cidre une quinzaine de petites bouteilles de 500 ml, quand même !

🍐 Poire ‘Golden Spice’

Une caisse de petites poires ‘Golden Spice’, m’a été gracieusement offerte par l’ami horticulteur fruitier Jonathan Bordeleau, cueillies par lui-même de son arbre à St-Damien, son surplus d’abondance, pour que je réalise une première expérience de production de poiré, l’équivalent du cidre (lequel est toujours « de pommes » d’ailleurs), mais avec des poires … J’en ai tiré un bon six litres de jus bien sucré, avec une intéressante amertume (14 brix, belle densité de 1050). Avec l’équipement dont je disposais, je m’en suis tenu à un cruchon de 4 litres monovariétal, juste du poiré. C’est bien peu, mais tout de même, un premier test !

🍐🍎Deux autres litres de jus de ‘Golden Spice’, queue de la pressée, ont été assemblés avec les restants de jus de pommes des pressées de la journée. Les surplus de la ‘Juge Bourduas’ et de la ‘Montée St-Jacques #5’. Allez hop, j’ai viré ça dans un autre cruchon de 4L, bien rempli d’un jus qui sera dans quelques mois le produit d’une cofermentation, ni tout à fait cidre, ni tout à fait poiré. Un joyeux hybride funky issu aussi des levures sauvages qui s’y activent en ce moment, comme toutes les autres cuvées de l’année, à 12 degrés Celsius dans un bâtiment appartenant à des amies. Merci pour l’opportunité de local avec une température appropriée ! Hâte de vous faire goûter au jus qui va en résulter !

🍏 ‘Cléophas à splash russet doré’

L’arbre le plus productif que j’ai rencontré cette année, d’une petite talle de friches, à St-Cléophas-de-Brandon. Cet arbre est connu d’Alex Boisdequin-Lefort et moi depuis 10-15 ans maintenant, depuis nos premières explorations du pommage régional à des fins cidricoles.

De grosses pommes jaunes qui ont été conservées en chambre froide pendant un mois et demi (cueillies le 4 octobre), avant d’être pressées le 17 novembre, pour une ultime session d’extraction de jus de pommes sauvages de l’année. De ce bon jus, affichant 15 brix sur mon réfractomètre, et 1054 au densimètre, j’en ai bien rempli une touri de 21 litres. C’est l’ultime cuvée, monovariétale elle aussi, de l’année.

7 janvier 2025

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Album photos Explorations Histoire Projets et collaborations

Pommeraie de l’Abbaye Val-Notre-Dame 2024

Le sol dégagé du bois de coupe, du bois mort, un sol plus propice à la circulation, à la cueillette. Crédit photo : Emmanuel Beauregard

Rappel des démarches

Plus près de chez nous, il y a cette vaste pommeraie sauvage, depuis peu et doucement mise en valeur par une congrégation religieuse, soit l’Ordre Cistercien de la Stricte Observance, mieux connue sous le nom de « Trappistes ». Des centaines de pommiers matures et bizarrement tordus, portant bon an mal an des fruits bigarrés et pleins de surprises, sur un flanc de colline du domaine de l’Abbaye Val Notre-Dame, au pied de la Montagne Coupée. Une pommeraie apparue sur ce qui fut longtemps le fonds de terre d’une succession de générations dans les familles Desrosiers-Gadoury, à Saint-Jean-de-Matha, et dont j’ai raconté l’histoire le printemps dernier.

En 2023, j’ai aussi fait état de quelques recherches et documents existants concernant les activités des moines Trappistes en lien avec les pommes, des fruits qui les suivent, depuis leur ancien domaine à Oka, jusqu’à St-Jean-de-Matha, suivant les chemins de la féralité : retour à la nature, au sauvage, pour une espèce (végétale ou animale), après une période passée en conditions de culture, ou d’élevage, donc dans la voie de sortie de la domestication.

Cet automne

En 2024, j’ai eu l’autorisation du nouveau Père abbé (coordonnateur de la communauté, si on veut) pour continuer d’accéder à la pommeraie et y mener des cueillettes de pommes d’automne, plus tardives, à la fin septembre et en octobre. Rêvant d’un éventuel véhicule tout terrain (un quatre-roues) pour transporter les caisses de pommes cueillies loin des chemins carrossables, j’en ai tiré quelques dizaines de kg, portés à bout de bras, une caisse à la fois, sur des centaines de mètres de terrain pentu, pour les rapporter jusqu’à la remorque tirée par ma voiture. Elles ont fait partie du lot de pommes pressées en novembre en vue de produire une bière aux pommes par la brasserie Maltstrom. La cuvée de cidre tirée des pommes de l’Abbaye ne sera pas pour cette année, mais le projet me tient à cœur et verra le jour en temps et lieu.

Voici tout de même quelques photos croquées lors de mes passages dans la pommeraie de l’abbaye cet automne.

16 décembre 2024

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Explorations Pomologie Projets et collaborations Rencontres

« Pommenades » dans deux vergers anciens de communautés religieuses à Montréal – 16 septembre 2024

De gauche à droite : Richard Archambault, Simone Chen, Emmanuel Beauregard, Sandrine Joannin, Yvan Perreault, Vincent Renaud

Petit groupe de passionnés de pomologie, nous avions été conviés, le 16 septembre dernier, à la visite de deux vergers établis par des communautés religieuses, il y a plus d’un siècle, sur l’île de Montréal. En amont de cette journée se trouvait l’initiative de Simone Chen, coordonatrice de l’organisme montréalais Les Fruits Défendus, un collectif de glaneurs qui récupère et partage les fruits délaissés ou en surplus chez des particuliers, cueillis par des bénévoles d’un bout à l’autre de la métropole.

En fait, il s’agissait d’un appel à nos expertises (sans grande prétention de notre part toutefois) afin d’aider à l’identification des variétés de pommes qui s’y trouvent, depuis longtemps tombées dans l’oubli. C’est en toute humilité tout de même que nous avons d’abord foulé le sol du verger des Soeurs Hospitalières de St-Joseph, derrière l’Hôtel-Dieu de Montréal. Je fut conduit par Yvan Perreault, passager captif de son humour parfois délirant, sur la route entre Lanaudière et la grande ville. Yvan, champion de tous les PFNL, des noix nordiques aux champignons sauvages comestibles, avide d’apprendre, mais qui n’a pas encore acquis la même profondeur de connaissances concernant les variétés de pommes. Nous y avons retrouvé Vincent Renaud, passionné de variétés anciennes de pommes, animateur de différents groupes Facebook, dont « Arbres Fruitiers Québec », « La Société de Pomologie de la Province de Québec » et « Montre moi ta pomme»; Roland Joannin, conseiller en pomiculture, hybrideur et créateur de variétés de pommes québécoises; Sandrine Contant-Joanin, la fille de Roland, ethnologue qui a participé à une étude sur le patrimoine immatériel des Soeurs Hospitalières de St-Joseph; Richard Archambault, horticulteur ayant soin de ces jardins et des pommiers restants et enfin Simone Chen, qui elle aussi connaissait déjà un peu les lieux. Ce site de l’Hôtel-Dieu-de-Montréal, dit « ensemble conventuel des Hospitalières », sur lequel il y aurait long à raconter, a été cédé à la Ville de Montréal en 2017 et a été classé patrimonial par le Ministère de la Culture du Québec tout récemment, en 2024.

https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do…

En pleine action ! En train de savourer, de trancher, d’observer des pommes, un arbre à la fois.

De gauche à droite : Emmanuel, Vincent, Yvan, Roland Joannin

En petite bande, nous nous sommes donc « pommenés », à travers ces arbres qui, pour certains, dépassent possiblement la centaine d’années. La saison 2024 ayant été particulièrement hâtive pour plusieurs espèces fruitières, dont les pommes, il n’y en avait ainsi déjà presque plus dans les arbres en ce jour de la mi-septembre. Nous avons dû nous contenter de celles tombées au sol, et parfois de la seule encore accrochée à une branche du pommier, partagée en quartiers entre chacun.e pour les fins de dégustation. On en a goûté un bon nombre quand même, les avons toutes prises en photo, tant de leur apparence extérieure, sous différents angles, que de l’intérieur, tranchées en leur centre, pour bien observer les formes de leur coeurs, les lignes du coeur, la chair, les pépins, la profondeur de la cavité, etc. Beaucoup de moyennes-grosses pommes rouges à croquer, assez similaires d’un arbre à l’autre. Nous avions tous l’impression que la trentaine d’arbres toujours vivants en ces lieux sont sans doute en bonne partie des ‘McIntosh’ ainsi que des ‘Cortland’. Toutefois, Roland a souligné que certaines pommes avaient de fortes similarités avec la ‘Lobo’ (couleur d’un rouge cramoisi, forme arrondie conique) – une variété qui, après vérification, n’a été commercialisée qu’à partir des années 1930. Nous avons lancé la suggestion au seul employé des lieux parmi notre groupe, Richard, que des analyses génétiques pourraient être réalisées pour identifier avec précision les variétés présentes dans ce verger patrimonial. Il en a pris bonne note, mais la décision revient à un comité de la Ville de Montréal, qui dispose des cordons de la bourse. Il doit leur avoir relayé l’information.

Des apparences de Lobo !
Roland Joannin venait de nous distribuer quelques spécimens de variétés de pommes dont il est l’artisan créateur, la ‘Rosinette’ et la ‘Eureka’ !

Sur la photo : Vincent, Sandrine, Richard, Emmanuel et Roland

***

Dans un second temps, une partie du groupe (Roland, Sandrine et Richard le jardinier) nous a quitté, pour d’autres obligations. Vincent, Yvan, Simone et moi avons repris la route vers le sud, en direction de Lachine, pour y gagner le verger des Soeurs de Sainte-Anne, derrière leur maison mère. Nous y avons été accueillis par Éléonore Escobar, chargée de projets en biodiversité urbaine pour le GRAME, organisme ayant soin de l’entretien minimal du verger. J’ai fait part à mes comparses des pensées qui me traversaient pour mon arrière-arrière-grand-oncle Hildège Beauregard, qui fut à l’emploi des Soeurs de Sainte-Anne à cet endroit même. Mon esprit envisageait une sorte de spectre bienveillant en notre présence, à tout le moins des traces laissées par celui que j’imagine en vieux jardinier des Soeurs, y ayant planté, greffé ou taillé leurs pommiers. Un arbre en particulier, dont les branches d’un côté portent une pommette, et l’autre moitié porte une plus grosse pomme, vraiment deux variétés distinctes. Et si Hildège était le greffeur à l’oeuvre, il y a plusieurs décennies ? Peut-être que des recherches, à mener dans les archives des sœurs de Sainte-Anne, révéleront plus de détails sur le rôle qu’il a joué, au service de cette congrégation religieuse. À défaut de quoi pour l’instant je m’amuse à lui inventer des tâches qui correspondent à mes propres passions et envies!

Toujours est-il que de la quarantaine de pommiers des lieux, la plupart avaient des fruits là aussi tombés au sol prématurément, des pommes qui avaient pas mal toutes des allures de ‘Cortland’ à nos yeux. Dans le lot toutefois, Vincent et moi avons identifié avec une grande certitude deux arbres aux pommes de type Russet, dont l’une au moins est sans doute une ‘Golden Russet’, peut-être les deux. D’autres fruits striés de vert sur fond rouge, d’un pommier enraciné quelques mètres plus loin, avaient les traits d’une ‘St-Laurent’. Il faudrait revenir étudier tout cela plus tôt, la saison prochaine, voire y retourner pendant quelques années, question d’avoir la chance de bien observer les caractéristiques de toutes les variétés, et d’en identifier un maximum avec certitude. L’avenue des tests génétiques n’est pas non plus à écarter, mais elle demande un budget conséquent.

Aperçu des vestiges du verger de la maison mère des Soeurs de Sainte-Anne, à Lachine. 16 septembre 2024.

Ce fut une magnifique journée, à investiguer des vergers patrimoniaux peu fréquentés. Je savoure encore la chance d’avoir visité ces lieux désormais négligés, minimalement entretenus qui étaient autrefois richesse et nourriture d’une communauté. Le Ministère des Friches et des Pommeraies appelle de ses vœux la mise en valeur, par des résidents locaux, de ces fruits du patrimoine Montréalais.

11 décembre 2024

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Presses de la saison 2024

Elles sont derrière nous déjà, les heureuses séquences de presse du jus de pommes, vécues à deux échelles, en contextes différents.

Pour commencer la saison, à la mi-septembre, j’ai eu la chance d’être engagé par la ville de Rawdon pour y réaliser une démonstration de presse de pommes en public. Installé au bout de l’allée centrale du Marché public, avec broyeur, pressoir, plusieurs caisses remplies de pommes du terroir régional, j’ai animé la clientèle en leur racontant ma quête de pommes locales et gratuites de qualité (sucrées, aromatiques), tout en pressant du jus frais sous leurs yeux. J’ai servi à toutes personnes présentes et volontaires, convaincu et convainquant, des verres de ce jus, pur produit de mon travail et de la nature à l’oeuvre derrière les pommiers, soient-ils sauvages ou cultivés. Quel bonheur qu’il soit unanimement salué, savouré, apprécié, source de compliments ! Quelques dizaines de litres sont sortis de ma presse ce jour-là.

Une fois réduites en purée, les pommes broyées sont déposées dans le cylindre en bois, à l’intérieur duquel un sac aux très fines mailles est installé.

À l’échelle domestique, dans la petite presse manuelle qui est mienne, installé sous l’appentis de mon frère, devant l’étable, à Ste-Mélanie. En 2024, ce furent deux longs et agréables après-midi, pour en sortir quelques 80 litres pour moi cette année, en 6 cuvées distinctes, dont quelques-unes mono variétales, destinées à devenir cidre ou même poiré dans un cas.

Petites douces amères qui se démarquent du lot, apportant peu d’acidité mais beaucoup de tanins.

Mais le broyeur que j’utilise (il m’est prêté) est celui acquis par les comparses de la brasserie Maltstrom, avec qui je collabore pour une quatrième année en tant que fournisseur de pommes glanées dans Lanaudière, surtout sauvages, mais aussi de vieux pommiers non traités, laissés à eux-mêmes. Un broyeur qui se branche sur le 220V, et qui peut théoriquement broyer une tonne de pommes à l’heure.

Une belle surface de plancher et de murs conçus pour être lavés, rincés, à grande eau et drainé

C’est à une échelle artisanale aussi, mais disons là semi-industrielle, à visée commerciale, qu’est utilisé le moût de pommes sauvages comme ingrédient pour créer des bières non-traditionnelles, chez Maltstrom, à Notre-Dame-des-Prairies, en banlieue de Joliette. Les opérations sont menées avec une presse hydraulique de plus grande contenance et autrement efficace, et un plus grand volume de pommes à presser. Pour presque remplir les 3 barriques de chêne prévues cette année, ce sont pas loin de 600 litres de jus frais et plein de potentiel à levures sauvages que nous y avons extrait, au bout de deux bonnes journées de travail en octobre et novembre.

L’occasion de prendre d’autres notes, sur chaque variété de pommes cueillies. Systématiquement leur taux de sucre, mais aussi leur texture, jutosité, la perception d’acidité et d’amertume, les arômes, la capacité de conservation des fruits, etc. Des notes compilées dans de grands tableurs numériques, outils et repères dans ce processus de recherche et développement d’un terroir cidricole et brassicole régional. Y sont identifiées mes candidates à de prochaines étapes, dont le prélèvement de greffons au printemps, pour fin de reproduction et d’expérimentation en verger.

De la presse à la chaudière, le filet
3 barriques à remplir cette année, en deux journées de presse : d’abord en octobre puis en novembre

Dans une prochaine publication, je vous partage quelques mots et images de mes cuvées de cidre en cours de fermentation.

30 novembre 2024

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Chambre froide 2024

Un grand Merci à mon amie d’enfance Natacha Parent et son conjoint Gino Laporte pour l’accès au bel espace de chambre froide de la Cabane à sucre Fernando Laporte, à Saint-Ambroise-de-Kildare, pendant les deux mois de ma saison de cueillette ! En contrepartie de quoi, comme convenu, les plusieurs pommiers que compte leur terrain seront taillés par mes soins à la fin de l’hiver/début du printemps prochain.

Après une longue journée de cueillette, jusqu’au couchant, devant la cabane à sucre, la remorque vidée de ses caisses de récolte.

Dans l’espace qui m’était accordé (la moitié de la chambre froide environ), je pouvais y faire tenir jusqu’à 60 caisses à la fois. J’ai pu également entreposer une vingtaine de caisses dans la chambre froide de la brasserie Maltstrom pendant quelques jours, en vue d’une première grosse journée de presse sur place, début octobre (80 caisses). L’espace libéré des caisses après cette première grande presse, j’ai pu le remplir de nouveau, une seconde fois.

L’entrée de la caverne aux pommes en devenir.

Comparativement à l’an dernier (alors que les talles étaient plus garnies et que j’avais tout mon temps pour m’y consacrer) où j’en avais rempli 180, c’est un total d’environ 135 caisses que j’ai comblé de pommes cette année. Les trois-quart de mon record de 2023, c’est quand même pas pire ! Pommes qui furent pratiquement toutes destinées au pressoir et à la fermentation alcoolique. Mes quelques journées de presse de 2024 seront d’ailleurs le sujet de la prochaine publication, sous forme d’album photo commenté.

Pouvaient y tenir jusqu’à 60 caisses de récolte à la fois (environ 300 litres de jus).

29 novembre 2024

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Dégustations Projets et collaborations

Marché public La Récolte de Rawdon – presse publique de pommes

Samedi prochain, le 14 septembre, en remplacement de l’ami Fred Brabant du Jardin des passionnées, je serai au Dernier Marché public La Récolte | Atelier pressage de pommes à Rawdon. J’aurai la chance et le plaisir d’y animer l’atelier de presse de pommes, en public, et d’offrir du jus frais à la clientèle et aux exposants du marché !

Les pommes pressées (sauvages, non traitées) seront issues de mes récoltes de la semaine, à travers les pommeraies de Lanaudière !

Venez y faire un tour, entre 10h et 14h; on pressera du bon jus 100% local, offert gratuitement !

12 septembre 2024