C’est dans la riche section agricole de la bibliothèque du Cégep de Victoriaville, en scrutant la sous-section fruitière, que j’ai découvert ce précieux ouvrage.
Fruit (permettez moi le jeu de mots …) de plusieurs années d’investigations, c’est le résultat du travail formidable coordonné par Shahrokh Khanizadeh et Johanne Cousineau, alors chercheurs pour Agriculture Canada.
« Les pommes et l’art de la détection » de John Bunker
Au printemps 2020, alors que s’entamait le Grand Confinement, je venais de passer quelques mois d’intensives recherches et lectures autour de la pomme, dans la littérature (scientifique, botanique, historique, etc). Les variétés anciennes, leur redécouverte et leur conservation ont vivement suscité mon attention, partant du Québec avec des détours par la France, l’Angleterre, l’Irlande, les États-Unis et la Russie, entre autres. J’ai pris de nouveau conscience de mon ignorance des cultivars anciens de Malus qui se trouvaient dans mon environnement le plus immédiat, d’abord celui du vieux verger de la ferme où j’ai grandi – où j’étais enfin de retour après mes années d’études et de pérégrinations.
Au début mai, après avoir découvert les travaux de John Bunker, détective et historien de la pomme dans le Maine, je me suis fait un beau cadeau en me procurant son dernier bouquin : « Apples and the Art of Detection ». C’est clairement le plus cher payé des livres que j’ai acquis dans ma vie. Édité à compte d’auteur, richement illustré (de photographies, de fabuleusement réalistes représentations peintes de variétés de pommes, d’aquarelles de l’auteur), bourré d’histoires et d’informations rares sur des variétés autrefois populaires et tombées dans l’oubli – il vaut amplement les quelques 80$ déboursés, incluant les faramineux frais de transport, pour en obtenir une copie.
Parsemée de citations de Sherlock Holmes, il s’agit de l’oeuvre d’un enquêteur pomologique, auteur et pépiniériste de renom en Nouvelle-Angleterre. L’oeuvre d’une vie consacrée à la remise en valeur des variétés anciennes qui étaient cultivées localement.
Ainsi, je ne pouvais que rêver de faire de même par chez nous, partant du haut du rang Saint-Albert de Sainte-Mélanie et ses environs, où se trouvent encore des dizaines de pommiers fort probablement plus vieux qu’aucun.e habitant.e encore vivant.e !
Nouvelle mission personnelle depuis : connaître autant que faire se peut les noms et les histoires de ces variétés qui transcendent les générations, vu la longévité de leurs racines et de leurs troncs.
Vieilles brochures du MAPAQ et d’Agriculture Canada
Au printemps 2020, j’ai commencé à divulguer certains résultats de mes recherches pomologiques à mon proche entourage.
Voyant l’enthousiasme et la passion avec lesquels je m’y investissais, ma mère m’a gracieusement offert quelques documents que mon père et elle avaient fait venir par la poste, dans les années 80, en provenance des ministères concernés par l’arboriculture fruitière. Un petit trésor à mes yeux.
En plus d’y trouver des informations encore pertinentes aujourd’hui, il s’agit de pièces d’archives des plus intéressantes. Coup de coeur particulier pour « L’Histoire de la pomologie au Québec », rédigée par l’agronome Jean-Baptiste Roy pour le compte du MAPAQ en 1978. Avec une couverture comme il ne s’en fait plus : rouge et or, incluant des fioritures au H majuscule de l’Histoire.
On peut y lire :
« En 1694, le Père Chauchetière, de Ville-Marie, rapporte :
《 Les pommiers sauvages et de pépins portent de fort bonnes pommes… On a vu cette année un pommier chargé de grosses pommes en juin et qui avait une de ses branches tout en fleurs 》
« En 1925, le professeur T.G. Burlington, du Collège Macdonald, affirme :
《 Dans cette province, il n’y a pas bien longtemps, il y avait des pommiers de variété Fameuse dépassant notablement la centaine d’années et qui, malheureusement, succombèrent pendant le rigoureux hiver 1917-1918 》
Il disait détenir la preuve que certains pommiers avaient vécu plusieurs siècles. Selon lui, il existait en Nouvelle-Écosse un arbre d’environ 150 ans qui, en 1925, était encore en bonne santé et produisait abondamment. Aux États-Unis, on aurait eu des pommiers de 200 ans d’âge. »
La petite collection ministérielle compte aussi « Le verger domestique », de l’agronome Gilles Lasnier, publié par ce Ministère qui, en 1971, s’appellait encore « de l’Agriculture et de la Colonisation du Québec » !
« The Wild apple forager’s guide« & « Proceedings from the first annual wild & seedling pomological exhibition« de Matt Kaminsky
Je sais plus trop comment je suis tombé sur sa page web, Gnarly Pippins, mais je crois que ça doit être après avoir googlé « wild apples » et défilé les pages de résultats.
Quelle heureuse trouvaille ! Après Brennan et ses cidres conçus exclusivement de pommes sauvages, je découvrais les projets d’un gars qui sélectionne et multiplie des variétés choisies parmi les sauvageons de sa région. Lui itou est dans un État de la Nouvelle-Angleterre (le Maine) qui a une tradition pomicole et cidricole ancienne. Matt Kaminsky a jusqu’à maintenant publié deux ouvrages, à compte d’auteur.
Le premier est son opuscule « Le guide du cueilleur de pommes sauvages », sous-titré « Enseignements, anecdotes et billets d’humeur sur les Malus en Amérique » (ma traduction). Un essai informé sur la cueillette de ces fruits abondants mais pourtant méprisés qui abonde de conseils et réflexions sur la pratique de la cueillette sauvage. Il présente également un répertoire des variétés sélectionnées et nommées par ses soins. Il en vend des scions (pousses de l’année qui sont ensuite greffées sur des sujets porte-greffes) au printemps, via la boutique de son site web.
À titre d’organisateur de l’événement, en 2020 il faisait paraître le compte-rendu de la « Première exposition pomologique de sauvageons et de semis » Tenue en 2019 dans le cadre des Cider Days, immense festival autour du cidre qui a lieu chaque automne dans le comté de Franklin au Massachusetts.
Des 126 fruits issus de pépins enregistrés pour cette exposition, 69 sont inclus dans cet abrégé. Avec photos et brèves notices descriptives. Il y en a même trois qui proviennent du Québec (plus spécifiquement de Saint-André-Avellin et Ripon dans la Petite Nation en Outaouais – où se trouve une micro-cidrerie mettant en valeur les pommes sauvages de cette région – Les pommes perdues).
Tôt ou tard, je crois que le Québec devrait compter la sienne, d’exposition pomologique de sauvageons et de semis !
Peut-être devra-t-on commencer par une première édition à l’échelle de la région de Lanaudière ?
(C’est une idée pour 2022, le temps de planifier et d’organiser tout ça comme il faut !)
Oui, comme l’a dédicacé cet explorateur fruitier et cidriculteur en exergue de son livre :
« Malus will always walk beside you !«
Oui, les pommiers marcheront toujours à mes côtés !
Magnifiquement illustrée, on y trouve des articles
abordant divers enjeux du milieu,
ses grandes questions de fond,
de l’histoire et de l’actualité,
mais aussi place à la poésie.
J’ai acquis et lu, depuis l’hiver 2020, tous les numéros encore disponibles (les #1 et 6 sont tous écoulés) dont je tire une plus profonde connaissance de l’univers du cidre en Amérique, et beaucoup d’inspiration.
Titre que je traduirais par : « Non-cultivées – Les pommes sauvages, le vrai cidre et l’art compliqué de faire sa vie »
Acheté et lu à l’automne 2019, alors que j’étais de retour sur le rang Saint-Albert, dans la maison familiale de la ferme, après ma run de jobines d’ouvrier dans des vergers, du Québec à la Colombie-Britannique, avec les prolétaires, d’un bout à l’autre bout de la colonie. Après les mois de cueillette de pommes, de la rive sud de Québec Cité aux Cantons-de-l’Est.
Le vendredi 13 septembre, j’ai quitté l’emploi que je reprenais chaque automne depuis 5 ans dans un verger-cidrerie, parce que je ne m’y sentais pas respecté. On m’imposait de faire des heures de service à la clientèle au kiosque – avec un certain entregent, j’en avais bien la capacité – mais pour un salaire moindre, alors que mon désir le plus sincère était d’être avec mon sac grimpé sur une échelle, dans les arbres, à en retirer les fruits et payé au rendement … Non pas d’être représentant de ventes pour une entreprise à laquelle je ne croyais pas tant que ça … Mais j’y ai appris, ça oui; découvert et cueilli des variétés anciennes, sur un lieu de culture pomicole des plus vieux de la province.
Grâce à l’aide d’une amie, j’ai sans mal trouvé une place ailleurs, pour exercer ce métier saisonnier dans lequel je trouvais mon compte. Chez Claude Tougas, à Dunham, où j’ai pu saisir le jour bien plus agréablement avec une communauté de cueilleurs et cueilleuses. Les feux de camp régulièrement, discussions et échanges avec les camarades, la cuisinette partagée et parfois les partys. Le plaisir de pratiquer et parfaire ma maîtrise de l’espagnol avec les travailleurs saisonniers mexicains, toujours aussi généreux avec qui s’intéresse sincèrement à eux.
Entre les deux jobs, passant une semaine à Sainte-Mélanie – sur le territoire de cette ferme où j’ai grandi, et que je chéris – j’avais fait la tournée des pommiers sauvages de ma connaissance. J’en avais pas vraiment eu l’occasion depuis des années, tandis que j’étais aux études ou à travailler dans des régions plus ou moins éloignées. Et j’ai alors, en quelques jours, récolté tout ce que je pouvais, qui était mûr à souhait. De quoi remplir, de caisses et de sacs chargés des fruits gratuits et aux variétés nombreuses et sans noms, tout l’arrière de la fourgonnette Toyota Sienna que je m’étais ramenée de l’Ouest Canadien. J’ai transporté ce trésor de récoltes de pommes sauvages, en variations de tailles, de formes, de jaunes, rouges, verts, orangés, rosés – avec toute la joie des découvertes – , chez l’ami de longue date, avec qui nous avions déjà fait du cidre. Ayant en tête des projets de transformation alimentaire, il m’a offert ce qu’il pouvait en contrepartie de ces centaines de kilos de pommes. Quelque chose de modique, comme 150 $, que j’ai tôt fait de convertir en essence et épicerie pour ma première semaine de travail dans un autre verger.
C’est un soir, là-bas, de l’autre bord du fleuve, pendant cet autre mois de cueillette salariée, logé dans une cabane partagée avec un comparse, qu’à la recherche de nouvelles lectures inspirantes, je suis allé voir ce qu’il y avait de neuf sur le site de Chelsea Green Publishing, maison d’édition écologiste du Vermont.
Coup de cœur immédiat, juste à lire la description et la table des matières du bouquin : aussitôt commandé.
Une lecture déterminante, inspirante, me donnant confiance. Une grande porte ouverte pour animer mon hiver de chômeur en recherches passionnées sur la pomme et le cidre, tout comme de relire (à la source, et autour de lui et de son œuvre) Thoreau.
Brennan fait quelques références intéressantes à Thoreau, dont celle-ci :
« En reconsidérant le progrès de Malus domestica (le pommier commun), nous découvrons comment la forêt de pippin chez Bill (pippin est l’un de ces excellents vieux mots démodés référant à un pommier surprise né d’un pépin) révèle un autre récit pour les pommes en Amérique. Cette histoire fait contrepoids aux suppositions voulant que l’arbre ait été sur une voie linéaire, contrôlée, vers une efficacité de plus en plus grande. L’une des dernières choses que Thoreau a écrit en 1862 était qu’il se sentait désolé pour les gens dans 100 ans, parce qu’ils n’auraient plus de pommes sauvages à cueillir. Et encore même avec plus de 50 ans au-delà de sa date prédite de disparition finale, les pommes sauvages survivent toujours.
Elles prouvent que la somme est plus grande que les parties, ayant du succès sans tout l’attirail agricole donné à leurs cousins cultivés. Cela défie les scientifiques qui affirment que leur succès dépend de l’intervention humaine, et cela enrage même plusieurs propriétaires de vergers commerciaux qui ont tenté d’éradiquer les wildlings (aussi un mot pour un arbre provenant de la semence, avec pippin et volontaire) de peur d’une influence contaminante. Mais comme Noël pour le Grinch, ils continuent à trouver une façon d’arriver.
L’histoire de Malus domestica en Amérique est, en fait, plus complexe que les explications offertes par la modernité. Mais il fut un temps dans l’histoire Américaine où l’âme de l’arbre, sa nature inquisitrice et indépendante, était mieux comprise et chérie comme presque divine. Cela demande un état d’esprit différent pour voir cela. Johnny Appleseed est célèbre pour faire la lumière sur ce sujet, mais nous minimisons l’importance de son service et focalisons plutôt sur ses étrangetés triviales. Il était, en fait, excentrique, mais son service en tant qu’ambassadeur pour le pommier capture simplement la révérence commune en Amérique pendant les 150 années précédant son époque. Sa dévotion spirituelle pour le pommier n’était pas bizarre et elle est toujours justifiée aujourd’hui.
Les occurrences de chance dans la nature se sont superposées dans le temps et entrelacées avec d’innombrables variables non-considérées pour résulter les sauvageons de bords de routes, de lisières de pâturages et parmi les boisés comme chez Bill. Ces arbres existent en étant reliés à l’ensemble du système forestier, incluant la géologie, la vie sauvage et le climat. Ils ont été ajustés à notre progrès humain. Les variables sont si infinies, si merveilleuses, que même à des lieux spécifiques comme chez Bill c’est impossible d’expliquer comment ils en sont arrivés là. Ce serait démesuré même d’essayer. Toujours est-il, aimer les arbres c’est vouloir en savoir plus à leur sujet.»
Multiples sont les inspirations du Ministère des Friches et des Pommeraies. Autour de toute la malique matière, il s’en trouve aussi de la bien littéraire. Les principaux ouvrages ayant conduit l’auteur de ces lignes à se découvrir une vocation seront présentés à tour de rôle. Ces documents et bouquins sont devenus des références fondamentales pour comprendre la tournure d’esprit du Ministère.
Ce doit être en 2010 que je suis tombé sur cette petite plaquette, « Les pommes sauvages », lors d’une visite à la Grande Bibliothèque, à Montréal. Je connaissais et appréciais déjà vivement l’auteur, ayant lu ses oeuvres les plus célèbres : « Walden » et « La désobéissance civile », mais aussi quelques conférences traduites en français comme « De la marche » et « La vie sans principe ». Ce fut une nouvelle révélation, un appel à m’intéresser à ces arbres vagabonds qui faisaient chez moi partie du paysage, avec le mystique de Concord, Massachussets, comme prophète !
Il s’agit d’un extrait de ses carnets intitulés « Wild Fruits », dont la somme ne fut publiée qu’en 2000, suite au fastidieux travail de déchiffrage par un spécialiste des manuscrits de Thoreau. Je n’en ai que tout récemment acquis un exemplaire, en sa langue d’origine, car ce « testament redécouvert » n’a toujours pas été traduit en Français. Peut-être un projet d’hiver pour le Ministère ?
Dans un autre texte posthume (« Faith in a seed », publié en 1993), Thoreau écrit :
« Considérez la manière dont le pommier s’est dispersé à travers le pays, par l’entremise des vaches et autres quadrupèdes, créant des fourrés presque impénétrables à plusieurs endroits et cédant de nombreuses variétés nouvelles et supérieures pour le verger.
Les vaches se nourrissent aussi largement de pommes gelées-dégelées et leurs déjections sont souvent trouvées pleines de leur pulpe. J’ai remarqué qu’elles transportent même des pommes entières lorsqu’elles sont dans cet état. Un hiver, observant sous un chêne sur la neige et la glace sur les berges de la rivière quelques fragments de pommes gelées-décongelées, j’ai regardé plus loin et détecté deux ou trois traces d’une corneille et les crottes de plusieurs qui devaient être perchées sur le chêne, mais il n’y avait là aucune trace d’écureuils ou d’autres animaux. Ici et là il y avait un trou parfaitement rond dans la neige sous l’arbre, et abaissant ma main, j’ai retiré une pomme de sous la neige à chaque trou. Les pommiers les plus près étaient à trente perches de distance de l’autre côté de la rivière. Les corneilles avaient évidemment amené les pommes gelées-dégelées à ce chêne pour la sécurité et y avaient mangé ce qu’elles n’avaient pas laissé tomber sur la neige.
Les jaseurs des cèdres, moqueurs-chats et pic-bois à tête rouge mangent, eux-aussi des pommes et des poires, spécialement les hâtives et les sucrées. Wilson dit de ce dernier oiseau que « lorsque alarmé, il s’empare d’une importante [pomme ou poire] en frappant son bec ouvert profondément dedans, et la transporte jusque dans les bois et Audubon a vu des jaseurs des cèdres qui, « bien que blessés et confinés à une cage, ont mangé des pommes jusqu’à ce que la suffocation leur enlève la vie.
Mais j’ai décrit ailleurs la dispersion de la pomme. ».
Cet hiver … c’est à travers des recherches généalogiques autour de mes arrière-grand-pères Beauregard de Saint-Ambroise-de-Kildare que j’ai commencé à réaliser un rêve. Celui de dénicher de vieux vergers à l’abandon, ou des traces de ceux-ci, dans Lanaudière.
Il se trouve que derrière l’ancien couvent des Soeurs de Ste-Anne (démoli en 1970), il y avait un verger. J’en ai appris l’historique existence via le livret « La mémoire des rangs » réalisé par le comité sur la conservation du patrimoine de Saint-Ambroise-de-Kildare.
Je suis rapidement allé voir sur les lieux. Une petite marche sur l’avenue Sicard, derrière l’hôtel de ville, tout près du cimetière, à l’ouest de celui-ci.
Ébahi, j’ai constaté la présence d’un peu plus d’une dizaine de grands pommiers, au milieu de cette zone depuis longtemps reprise en friches. Un boisé au sein duquel survivent quelques vénérables Malus étiolés, cherchant en hauteur la lumière. Quels soins ont-ils reçus au cours des 50 dernières années ? Visiblement bien peu, si ce n’est aucun.
Mes recherches se sont alors tournées vers l’identification des propriétaires du terrain. J’ai contacté l’un des co-auteurs de l’ouvrage « La mémoire des rangs », qui en venait à la même évidence que moi : ou bien le terrain appartient à la municipalité, ou alors il s’agit d’une propriété de la Fabrique de la Paroisse.
J’ai donc adressé des courriels aux deux institutions, leur expliquant ma trouvaille et l’intérêt de préserver ces arbres qui relèvent, à mon sens, du patrimoine horticole et agroalimentaire de la paroisse, voire même de la région.
Ainsi, j’ai informé l’inspectrice municipale de l’existence de ces vieux arbres fruitiers, situés à quelques dizaines de mètres seulement des édifices municipaux. Elle s’est montrée bien intéressée à en savoir plus et m’a signalé que c’est bien la « Fabrique » qui est propriétaire des lieux.
Quelques jours plus tard m’arriva une réponse provenant du curé lui-même de la paroisse Sainte-Anne (Ste-Mélanie, St-Ambroise et Sainte-Marcelline-de-Kildare). Il m’affirmait trouver cela très intéressant, et me proposait qu’on aille marcher ensemble pour voir les pommiers de plus près.
Cela fut fait il y a deux semaines. J’ai rencontré l’abbé Nicolas Tremblay sur place. Nous avons pu admirer la quinzaine de pommiers et discuter de nos visions quant à l’avenir de ce terrain.
En bref : nous imaginons un espace public appartenant à la communauté, où chacun.e serait libre de venir y cueillir les fruits.
À l’approche de Pâques, il aime bien l’idée qu’on puisse leur donner une seconde vie …
Suite à une récente rencontre du comité de la Fabrique, M. le curé m’a accordé l’autorisation de commencer à prendre soin des pommiers (dégagement, taille). Je serai bientôt mis en contact avec la personne responsable de l’aménagement du pourtour du cimetière.
Lorsque j’ai rappelé à l’abbé la manière dont j’ai découvert l’existence de cet ancien verger (par l’intermédiaire de mes recherches généalogiques), il m’a fait rire avec sa blague :
– Si tu continues comme ça, tu vas te rendre jusqu’à Adam et Ève ! »
Vive l’Arbre de la Connaissance (par-delà bien et mal, par contre) !!!
D’ailleurs, mon enquête pomologique n’en est qu’à ses balbutiements… Arrivera-t-on à identifier d’anciennes variétés de pommes, tombées dans l’oubli depuis des décennies ? Il s’agit peut-être aussi de « seedlings » ou « pippins » (des arbres partis de semis quoi) comme y disent aux États-Unis. Soit des pommiers aux variétés uniques, qui n’ont pas été greffées …
Une histoire à suivre … en particulier à l’automne !