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Histoire Littérature Pomologie

LA BIBLIOTHÈQUE DU MINISTÈRE #12

« Les origines de la pomme  » de Catherine Peix

J’avais réussi à visionner ce film quelque part sur Internet il y a une dizaine d’années. Il m’était depuis introuvable, même dans les repaires de pirates de ma connaissance. Étrangement impossible de trouver une source d’où en acheter une copie. Chercheur déterminé, j’ai cet hiver fait appel au service de prêts entre bibliothèques de BANQ. On m’a ainsi expressément fait venir, outre-Atlantique, un exemplaire du DVD prêté par la bibliothèque universitaire de Vannes, en Bretagne !

À l’arrière du coffret de ce passionnant documentaire réalisé en 2010, on peut lire :

« Au cœur des montagnes célestes du Kazakhstan, poussent des forêts de pommiers sauvages datant de l’époque des dinosaures. Aurait-on retrouvé le « Jardin d’Eden » ! Ce film nous transporte aux origines du plus célèbre des fruits, quand le courage des hommes, la science et l’histoire se mêlent.

L’enquête inédite qui révèle au monde l’origine de la pomme. Le film qui pénètre pour la première fois les forêts de pommiers sauvages du Kazakhstan ! »

On y découvre l’oeuvre et les combats d’Aymak Djangaliev (1913-2009), l’académicien et agronome kazakh, qui a consacré toute sa vie à l’étude de Malus sieversii, convaincu que le Tian Shan abritait toutes les expressions des caractères héréditaires de la pomme.

http://almaoriginedelapomme.com/…/aymak-d-djangaliev…/

16 janvier 2022

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Cueillette Projets et collaborations

POST-MORTEM SUR LA SAISON DES POMMES 2021

Crédit Photo : Abbé Nicolas Tremblay. Visite sous le pommier du cœur du village, Sainte-Marcelline-de-Kildare, 14 décembre 2021.

Un silence de mort depuis 2 mois. Le temps de vivre pleinement un automne inoubliable, composé d’une série d’épreuves : financières, mécaniques, mais surtout humaines.

J’ai été victime d’une fraude d’identité qui a retardé de 9 semaines le dépôt de mes prestations d’assurance-emploi … Système D, appel à la solidarité du réseau de proches (famille et ami.e.s), patience et ténacité étaient de mise. Une occasion parmi d’autres de développer plus de résilience.

Mon camion est resté deux mois durant au garage (septembre-octobre), ne me permettant pas de cueillir et transporter autant de pommes que je l’avais souhaité.

Alors que se dénouaient mes difficultés personnelles, l’état de ma mère s’est rapidement dégradé à la fin octobre. Deux semaines de soins palliatifs à la maison, de proximité avec elle, de tendresse et d’amour en famille et avec quelques ami.e.s. L’aide médicale à mourir pour partir dans la sérénité et la dignité. Moments emprunts de calme, de paix, mais aussi d’organisation de rituels et cérémonies. Période de flottement, à accueillir le changement, à s’accompagner entre proches endeuillé.e.s.

Néanmoins, de très stimulantes collaborations sont nées durant la saison 2021. J’en ferai une petite présentation dans une publication à venir dans les prochains jours.

16 décembre 2021

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Littérature Pomologie

Quelques définitions

• Ministère : « N.m. (lat. ministerium, service). Fonctions, charges que l’on exerce. »

– Nouveau Petit Larousse 1968

« A. − Fonction, office.

1. Vieilli. Charge que l’on a mission d’exercer. « 

https://www.cnrtl.fr/definition/minist%C3%A8re

• Friches : « N.f. (néerl. vrisch, frais). Étendue de terrain inculte : « En friche ». loc. adv. Sans culture; et au fig; sans soins. »

– Nouveau Petit Larousse, 1968

• Pommeraie : « N. f. Lieu planté de pommiers. Une grande pommeraie. »

https://www.cnrtl.fr/definition/academie8/pommeraie

• Pomme sauvage : Fruit d’un arbre du genre Malus issu d’un pépin semé naturellement, profitant d’un lieu non-aménagé (friche, fossé, bord de route, lisière de champs ou boisé, etc.).

Pomme provenant d’un pommier laissé à lui même, à sa nature propre (non-greffé, donc d’une variété unique)

– Définition du Ministère des Friches et des Pommeraies

• Pomologie : « Partie de l’arboriculture consacrée à l’étude des fruits comestibles. »

https://usito.usherbrooke.ca/d%C3%A9finitions/pomologie

« N.f. (lat. pomum, fruit et gr. logos, science). Partie de l’arboriculture qui s’occupe des fruits à pépins. »

– Nouveau Petit Larousse, 1968

7 octobre 2021

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Projets et collaborations

CHRONIQUE D’UN SOUS-FINANCEMENT CHRONIQUE

Née des marges, du non-aménagé

De l’abandon, en tristes ou joyeuses négligences

d’arbres joliement tordus, fruits des friches

ou d’efforts et de soins anciens.

Pour l’amour des pommes cultivées par nos ancêtres

et de toutes les nouvelles variétés issues de pépins

Celles qui ne se retrouvent plus sur le marché, ou pas encore

Est germée l’idée « folle » d’un Ministère qui s’y consacrerait.

Autrement dit une « Association pomologique de Lanaudière »

ou une « Société des pommiers oubliés », soit une communauté d’intérêt

sous une forme ou une autre qui aurait une équipe solide et des ressources dédiées.

Il est pour le moment, et sûrement pour longtemps encore

le moins financé des sous-financés Ministères …

Il va sans dire qu’il est même moins doté que celui de l’Environnement

(qui n’obtient encore, en 2021, qu’à peine 1,5 % du budget de l’État Québécois, la plus infime des pointes de tarte de la répartition des fonds entre ministères),

celui qui se voue à l’exploration, à la préservation et à la mise en valeur des variétés uniques, en voie de disparition ou d’apparition, de pommes de chez nous, souvent menacées …

Qu’il en faut de la passion pour consacrer des heures au repérage, à l’observation et aux soins de ces pommiers sauvageons et de ceux dont les floraisons dépassent en nombre l’âge des plus vieux humains vivants dans la région ! Car cet utopique Ministère des Friches et des Pommeraies dispose du porte-feuilles d’un travailleur agricole mis à pieds prématurément, despuis des semaines impatiemment en attente de ses prestations d’assurance emploi …

Le parc automobile se résumant à un pickup Ford Ranger – engin polyvalent et d’une formidable utilité lorsqu’il est fonctionnel – mais celui-ci étant depuis deux semaines encore au garage, en attente des fonds pour le remettre en route (payer les réparations), les activités de cueillette, de référencement et de rencontres de propriétaires de terrains qui hébergent des Malus sont ralenties, pour ne pas dire en pause forcée.

Ce type de situation ravive la volonté d’aller trouver des fonds, des programmes de subvention, du soutien financier, afin de poursuivre, en toute indépendance, la soif de connaissances pomologiques et de breuvages aux effervescences nourries de substances maliques. Qu’on puisse redonner vie à des saveurs d’autrefois et rendre hommage au riche pommage régional qui saura nous révéler des variétés d’avenir !

La structure coopérative fait aussi clairement partie des options envisagées pour assurer une suite pérenne aux démarches entreprises à titre personnel, et maintenant au nom de ce fictif Ministère.

C’est seulement l’An Un; tout ne se fera pas d’un coup …

Mais la magie opère car s’allient la science et l’art
au service d’un terroir à redécouvrir et réinventer !

https://naturequebec.org/communique-lenvironnement-grand…/

https://www.vice.com/…/le-ministere-de-lenvironnement…

3 octobre 2021

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Cueillette Explorations

Pommes sauvages 2021

Trois variétés uniques, cueillies d’autant de sauvageons aux abords d’un vieux verger du rang St-Albert de Sainte-Mélanie.

Des profils aromatiques distincts, du potentiel de transformation c’est certain !

6 septembre 2021

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Projets et collaborations Taille Vergers

Compte-rendu Corvée au Jardin de Sainte-Anne

Samedi 25 septembre 2021,

Un petit groupe de volontaires s’est réuni, par cet après-midi ensoleillé, pour travailler à l’ombre de vénérables pommiers au centre du village de Saint-Ambroise-de-Kildare.

Sous les bénédictions du curé de la paroisse, c’est près d’une douzaine de personnes qui ont investi bénévolement le site de l’ancien verger du Couvent des Soeurs de Sainte-Anne. Quelques 50 ans après la démolition de l’établissement d’enseignement, les arbres fruitiers depuis lors abandonnés à la reprise en friches du terrain ont commencé à retrouver la lumière qu’ils méritent.

Équipés de sacs à ordures, de sécateurs et de quelques débroussailleuses et scies mécaniques, les citoyen.ne.s (en majorité des résident.e.s de Saint-Ambroise) ont entrepris de dégager les pommiers ancestraux et les quelques autres nés des pépins des plus anciens et disséminés par la faune. Sur cette bande de terrain, qui se trouve à l’ouest du cimetière, croissent une quinzaine de pommiers, en plus de noyers noirs et de talles de groseilliers et pruniers sauvages, lesquels devraient tous êtres préservés.

S’animèrent de nombreuses conversations inspirées par le souhait de voir cet espace transformé en un parc, un lieu convivial accessible à tout le monde où serait non seulement valorisée la pommeraie en place, mais également implantés d’autres espèces fruitières comestibles. Des noyers, d’autres pommiers ou poiriers où seraient avant tout valorisées des variétés locales. L’idée partagée d’installer un écriteau où soit présentée l’histoire du verger, dont les vestiges pourraient très bien devenir, un demi-siècle plus tard, le « Jardin de Sainte-Anne ». On y imagine très bien des sentiers qui soient reliés à ceux déjà existants à proximité et entretenus par la municipalité.

Ce n’était qu’un premier rendez-vous, un avant-goût de ce que l’avenir pourrait réserver à ce terrain riche de sa biodiversité, de son patrimoine alimentaire et de son emplacement dans le cœur historique de la municipalité ! Il n’en tient, comme souvent, qu’à la mobilisation du plus grand nombre pour sauvegarder de tels trésors, porteurs de sens pour la communauté.

Une autre activité similaire devrait se tenir d’ici la fin du mois d’octobre afin de poursuivre les travaux entamés aujourd’hui. Le Ministère des Friches et des Pommeraies vous en tiendra informé.e.s !

29 septembre 2021

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Projets et collaborations Vergers

SORTIR DE L’OMBRE CES POMMIERS VÉNÉRABLES

Crédit photo : Johanne Saulnier. Emmanuel marquant un des pommiers sûrement centenaires.

« Un bel après-midi comme aujourd’hui, ça ne peut que me donner envie de continuer ces démarches pour PRÉSERVER les pommiers anciens et mettre en valeur les fruits de nombreux sauvageons…»

– Emmanuel Beauregard, Ministère des Friches et des Pommeraies

Nous avons tous été emballés l’hiver dernier lorsqu’Emmanuel Beauregard a fait la découverte des vestiges de l’ancien verger des sœurs de Saint-Anne à Saint-Ambroise-de-Kildare. Samedi, le 25 septembre, ce dernier nous donnait rendez-vous pour une corvée de débroussaillage (voir notre avant-dernière publication). Une dizaine de personnes a répondu à l’appel. Quelques photos témoignent de ce moment des plus émouvants.

– Johanne Saulnier, Comité pour la préservation
du patrimoine de Saint-Ambroise-de-Kildare

26 septembre 2021

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Histoire Littérature Pomologie

LA BIBLIOTHÈQUE DU MINISTÈRE #11

Les Fruits du Québec – Histoire et traditions des douceurs de la table

Cet ouvrage de l’historien et ethnologue Paul-Louis Martin, publié
chez Septentrion en 2002, est une autre référence incontournable
pour qui s’intéresse aux variétés anciennes de fruits au Québec.

https://www.septentrion.qc.ca/catalogue/fruits-du-quebec-les

Selon les compilations de l’auteur, les variétés de pommes qui ont été présentes au Québec pourraient atteindre 400, si l’on se fie aux mentions et aux traces écrites.

Il y avance ceci : « Quant à savoir les distinguer avec certitude et pouvoir les repérer dans les vergers ou ailleurs dans les paysages de nos campagnes, il s’agit là d’une démarche ardue, longue et systématique, qui devrait pourtant être entreprise par des autorités responsables : le Québec pourrait ainsi s’inspirer de l’exemple de la Belgique, petit pays qui n’a pas hésité à mettre sur pied une équipe de recherches et à créer un conservatoire des ressources génétiques fruitières (CRA de Gembloux) qui distribue dans le grand public ces trésors du patrimoine végétal national. »

Parmi les variétés ancestrales de pommes les plus anciennes et répandues au Québec, l’historien décrit celles-ci (avec leurs autres appellations entre parenthèses) :

• Fameuse (Pomme de neige, Fameuse rouge, La Belle Fameuse, du Maréchal. En anglais : Chimney Apple, Sanguineous, Snow, Royal Snow)

• Saint-Laurent d’hiver (Winter Saint-Lawrence, Montreal)

• Saint-Laurent d’été (Rambour barrée, Summer Saint Lawrence)

• La Bourassa

• La Pomme Grise de Montréal (Reinette grise, Pomme de cuir, Grise, French Pippin, French Reinette, Gray Apple)

• Les Calville rouges et Calville blanches

• L’Alexandre (Empereur Alexandre, Russian Emperor, Aport Alexander, Aporta)

• La Duchesse (Dutchess of Oldenburg, Borowitsky, New Brunswick, Charlamowsky)

• La McIntosh (Mac, McIntosh Red)

• La Jaune Transparente (Pomme blanche, Blanche d’été)

• Les pommettes : Belle de Montréal, Cirée de Montréal, Rouge transcendante, Jaune de Sibérie, Dolgo

19 septembre 2021

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Explorations Histoire Littérature Pomologie

L’HISTOIRE POUSSE DANS NOS ARBRES

Un Johnny Appleseed moderne ratisse les chemins éloignés du pays pour des pommes d’autrefois qui disparaissent des tables du Québec.

13 septembre 2008 – MARIAN SCOTT – THE GAZETTE

INVERNESS – Yves Auger fait son chemin à travers un dense fourré. « Regarde » dit-il. « C’était un verger ». Un pommier tordu s’élève parmi les ronces, ses branches chargées de fruits rosés.

Plus de pommes tapissent le sol sous nos pieds.

Auger cueille un spécimen veiné de rose et tranche un morceau du fruit doux et croustillant avec son couteau de poche.

« Juste un soupçon de salinité », commente-t-il, comme un goûteur de vin testant le Beaujolais nouveau de l’année. La pomme, une Melba Rose, est une variété locale. Auger, 54 ans, est un Johnny Appleseed des temps modernes. Sa mission : sauver les variétés de pommes que nos grands-parents croquaient quand ils étaient petits.

Pendant 25 ans, le professeur d’arboriculture au Cégep de Victoriaville a ratissé les arrières rangs du piémont Appalachien, 2 heures au sud-est de Montréal, près de Thetford Mines, sauvant les pommes ancestrales de l’oubli.

Il y a un siècle, chaque ferme sur ces vastes hautes-terres avait son propre verger. Il y avait des pommes pour croquer et d’autres pour cuisiner; des pommes d’été et des variétés à mûrissement tardif qui duraient à travers l’hiver.

Mais au fil des ans, les familles Irlandaises, Écossaises, Françaises et Anglaises qui ont colonisé la région au début du 19e siècle se sont éloignées. Des noms de lieux comme Inverness, Ireland et Dublin Road attestent de leur présence.

Maintenant, les broussailles récupèrent des fermes abandonnées que ces pionniers ont laborieusement défrichées. Et les variétés de pommes qui naguère poussaient ici – comme les Alexandre, Duchesse, Wealthy, Pommes Pêche, Fameuse, Jaune Transparente, Strawberry, Red Atrachan et Wolf River – disparaissent.

Les pommes sont un microcosme de la rapetissante biodiversité de l’agriculture.

Les trois-quarts des variétés des produits agricoles ont été perdues au cours du dernier siècle, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Seulement 12 cultures et cinq espèces animales fournissent maintenant plus de 70 pourcent de l’alimentation humaine.

La diversité agricole est essentielle, soutient la FAO, afin que les humains survivent aux changements climatiques. Les variétés régionales offrent aux scientifiques du matériel génétique pour développer des cultures plus résilientes. Les variétés traditionnelles que les fermes ont adaptées aux conditions locales résistent souvent mieux aux ravageurs et maladies que les monocultures qui requièrent un usage extensif de pesticides et fertilisants.

Des tomates ancestrales au melon de Montréal, les jardiniers et agriculteurs biologiques font revivre des variétés anciennes mises de côté dans la poursuite impitoyable de la plus grande efficacité du commerce alimentaire mondial.

En février, la Norvège a ouvert une « voûte de l’apocalypse » dans l’Arctique pour préserver les semences de millions de variétés de produits alimentaires. La Fondation pour la Biodiversité de Slow Food appelle aussi à la préservation de spécialités régionales. L’an dernier, la fondation internationale a ajouté la variété de pomme Gravenstein de Nouvelle Écosse à son Arche du Goût, une liste globale de l’aliments menacés.

Quelques douzaines de variétés de pommes à succès commercial ont remplacé les milliers qui poussaient jadis dans les vergers d’Amérique du Nord.

« Les chaines de supermarchés veulent de gros volumes », dit Marc Girard, 48 ans, un pomiculteur de 7e génération à Saint-Joseph-du-Lac qui a un étal au Marché Jean Talon.

Pour être viable commercialement, les pommes doivent être uniformes, attirantes et résister au transport et à l’entreposage.

C’est pourquoi vous trouverez des pommes McIntosh, Spartan, Cortland et Empire du Québec, Gala et Braeburn de Nouvelle-Zélande et Rouge Délicieuse de l’État de Washington au supermarché – mais pas de variétés moins communes des vergers du Québec.

Même dans les marchés fermiers, dit Girard, il n’y a pas de demande pour les pommes de l’ancien temps avec lesquels il a grandit. « Tout le monde veut de nouveaux produits ».

Girard conserve encore quelques-uns de ses arbres ancestraux favoris, incluant un qui produit de juteuses et rouges pommes Wealthy. « Ça me rappelle des souvenirs. »

Jean-Pierre Lemasson, un professeur de sociologie de l’alimentation à l’Université du Québec à Montréal, dit que la perte de vieilles variétés n’est pas nécessairement la cause de préoccupations.

« C’est vrai que l’on a perdu quelques espèces, mais nous en avons obtenu d’autres », dit-il.

« L’héritage alimentaire ne devrait pas être préservé comme un monument ».

Les pommes ne sont pas indigènes d’Amérique du Nord. Le premier fermier de Nouvelle-France, Louis Hébert, a planté des pommiers de Normandie lorsqu’il s’est établi à Québec en 1617.

Au 18e et 19e siècles, une multitude de nouvelles lignées furent introduites des Îles Britanniques par les colons, et importées de Russie, des États-Unis et d’Europe.

John McIntosh du Comté de Dundas, au Haut-Canada, a développé le fruit le plus célèbre du Canada en 1836, probablement à partir d’une vieille variété du Québec, la Fameuse ou la St-Laurent.

Conserver les vieilles variétés de pommes est plus compliqué que de conserver les pépins.

Contrairement, disons, aux tomates, haricots et poivrons verts, les semences d’une variété comme la McIntosh ne produiront pas un arbre de McIntosh, mais bien une entièrement nouvelle variété.

C’est parce qu’un semis de pommier – comme les humains – combine l’ADN du parent femelle (l’arbre sur lequel la pomme a poussé) et le parent mâle (l’arbre qui a fourni le pollen, disséminé par les abeilles, d’autres insectes ou le vent).

Pour reproduire une variété particulière de pomme, vous devez greffé la partie d’une branche, appelée scion, sur un porte-greffe. Chaque arbre de McIntosh jamais cultivé a ét greffé d’un descendant de l’arbre originel. Tous les pommiers cultivés commercialement sont greffés sur différents porte-greffes.

En plus d’enseigner le greffage d’arbres au Cégep de Victoriaville, Auger vend des arbres de variétés ancestrales via sa page web, pepiniereancestrale.net. Il a réduit cette entreprise récemment parce qu’il a déménagé et a un horaire chargé d’enseignant.

À La Pocatière, à 140 kilomètres au nord-est de la ville de Québec, le groupe de patrimoine rural Ruralys a créé un verger patrimonial afin de préserver les variétés locales de pommes, poires et prunes. Le groupe vent aussi des arbres aux jardiniers à travers le Québec. Il tient une dégustation publique à la fin septembre où les visiteurs peuvent tester les fruits ancestraux.

« C’est un patrimoine de goûts qui est tombé dans l’oubli », dit Catherine Plante, une agente de développement avec cette organisation.

La dégustation de l’an dernier a fait revivre de précieux souvenirs pour plusieurs visiteurs aînés, dit-elle.

Leurs yeux sont devenus gros comme des pièces d’une piastre et ils ont dit, « Oh – ça goûte comme les pommes que je mangeais quand j’était petit ! »

La passion d’Auger pour les pommes ancestrales date de son enfance à la ferme près de St-Ferdinand.

« Mon père me disait le nom de chaque variété. », se souvient-il. L’une était la pomme de Montréal, un petit fruit âpre utilisé surtout pour de la gelée de la compote. « Elle n’existe plus, malheureusement. »

Auger dresse la carte des anciens vergers le long de voies publiques comme le Chemin Craig, construit en 1810 de la Ville de Québec aux Cantons-de-l’Est pour ouvrir la frontière aux colons Britanniques.

Il demande aux propriétaires des terrains de signer un formulaire lui accordant la permission de prendre des photographies et des échantillons.

Auger dit qu’il peut souvent reconnaître une ancienne ferme même lorsque la maison et les bâtiments sont depuis longtemps disparus. Quand je vois un bel emplacement, je sais qu’il devait y avoir une ferme là. » Souvent, tout ce qui reste d’une ancienne maison de ferme est une fondation de pierres.

Des entrevues avec les résidents locaux – spécialement les agriculteurs aînés – aident à remplir les vides à propos des fruits oubliés. Quand Auger découvre une variété qu’il ne peut identifier, il la nomme selon la ferme ou la route où il l’a trouvée. Une trouvaille récente fut la pomme McKillop, un fruit courtaud de la couleur d’une Granny Smith. Elle prend son nom d’une route qui rappelle les pionniers d’origine du secteur.

Quelques uns des pommiers ancestraux qu’il découvre poussant sauvagement sont surprenamment libres d’insectes, notes Auger, qui utilise des méthodes biologiques. En contraste, dit-il, les pommes McIntosh sont extrêmement susceptibles aux maladies.

Jeanne d’Arc Beaulieu, 72 ans, cultive plus d’une douzaine de variétés sur sa ferme de 135 ans à Inverness.

Chaque pomme a une utilité, dit-elle : la Duchesse est bonne pour le ketchup alors que la douce comme du miel Pomme Pêche, avec sa peau teintée d’orangé et sa chaire jaune, est bonne pour faire des gelées.

Mais les plus jeunes générations ne sont pas intéressées par les vieilles variétés, dit Beaulieu.

« Les grands-parents sont décédés. Les jeunes n’ont pas le temps de faire de la compote de pommes. Ils l’achètent au magasin. »

Source : https://www.pressreader.com/…/20080913/282720517767688

[Traduction : Emmanuel Beauregard]

16 septembre 2021

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Projets et collaborations Publicité Taille Vergers

CORVÉE DE NETTOYAGE AU FUTUR JARDIN DE STE-ANNE

À Saint-Ambroise-de-Kildare

Un terrain derrière l’hôtel de ville, en diagonale du cimetière,

sur l’avenue Sicard, compte une quinzaine de pommiers,

dont quelques-uns sont les vestiges d’un verger

qui se trouvait jusqu’en 1970 derrière le couvent

des Soeurs de Sainte-Anne

Quelques mois après la redécouverte enthousiaste

de ces arbres probablement centenaires, abandonnés

des citoyen.ne.s de la municipalité se mobilisent

pour faire sortir de l’ombre les pommiers ancestraux,

tout un pan de l’histoire locale, au coeur du village

Une corvée de nettoyage s’organise

pour commencer à dégager le terrain

ramasser les déchets et du bois mort au sol,

afin d’y effectuer un premier débroussaillage.

Rendez-vous au stationnement municipal,

à côté de l’hôtel de ville, le samedi 25 septembre

(remis au dimanche 26 en cas de pluie) à 13h30 !

PS – Quelques personnes sur place seront équipées de scies et débroussailleuses. Pas besoin d’autres machines. Apportez vos bottes, gants et autres vêtements de travail de circonstances. Surtout, n’oubliez pas votre bonne humeur!

8 septembre 2021