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COLLABORATIONS INITIÉES EN 2021 #3

Yvan Perreault, ou le terroir nordique à redécouvrir et réinventer

Bien connu dans le milieu de la cueillette sauvage, dans Lanaudière, en Mauricie (régions dont il préside le cercle des mycologues) et bien au-delà, Yvan Perreault est un formateur réputé en matière de « produits forestiers non-ligneux » (PFNL) au Québec. Créateur de fermes forestières, fondateur et copropriétaire du verger Au Jardin des Noix de Saint-Ambroise-de-Kildare, il est aussi conférencier et guide de cueillette professionnel.

Surprenamment, ce n’est que sur le tard qu’il a découvert, parmi toutes les ressources fruitières nordiques, l’intérêt que représentent les pommes sauvages et leur infinie diversité de types. Il a fallu qu’il tombe sur les publications de l’humble serviteurs des Malus (nom latin des pommiers) que je suis pour prendre conscience de cette richesse insoupçonnée. Il est vite devenu l’un des plus enthousiastes supporteurs des démarches pomologiques entreprises par le Ministère des Friches et Pommeraies.

Nous nous sommes rencontrés chez lui, au Jardin des Noix, en août dernier, le temps d’une excursion à travers bois et prés, jusqu’aux terres de quelques voisins plus loin, dans les hauts du rang Kildare. Il m’a conduit, dans son petit kart de golf, jusqu’à de grands îlots de friches (zones au sol non propice à l’agriculture), au milieu de prairies cultivées. Le pourtour de ces friches regorge de pommiers sauvages, qui se comptent par dizaines. Nous en avons goûté autant, échangeant avec joie nos impressions et appréciations, tout comme nos élans d’inspiration. Grande gueule professant à tous vents, Yvan a l’amabilité de m’écouter aussi, et je lui ai partagé quelques-unes de mes connaissances pomologiques. Quelques jours plus tard, il en a fait une publication sur sa page Facebook personnelle, incluant des photos de nos belles découvertes et ses commentaires. Il n’a pas manqué de souligner ma présence et mon sérieux dans cette passion des pommes sauvages, laissant même entendre que j’avais quelque chose d’un Johnny Appleseed (héros folkorique américain qui aurait disséminé des pommiers à travers de nombreux États) québécois!

https://www.facebook.com/yvan.perreault.79/posts/4505307449532332

C’est grâce à lui, cette balade et ses contacts que j’ai par la suite rencontré Roland Joannin, grand connaisseur des pommes au Québec.

En septembre, Yvan a organisé une activité de dégustation des pommes sauvages, dans ces îlots de biodiversité, près de chez lui. Je lui ai fourni plusieurs modèles de fiches descriptives de variétés de pommes, dont il s’est librement inspiré pour préparer une fiche adaptée à son activité. Neuf pommiers porteurs de fruits avaient été identifés par Yvan, qui a créé un petit parcours de dégustation. Les personnes présentes pour l’activité, gratuite et ouverte à tous et toutes, étaient ensuite invitées à remplir la fiche pour chaque variété. Je n’ai malheureusement pas pu y être, mais j’ai su que cela avait été un franc succès, avec des dizaines de participant.e.s ravi.e.s.

En me confiant ses hypothèses concernant la propagation des pommiers dans la vallée de Kildare, il m’a référé à une ferme se trouvant à proximité, pas loin du coin du Kildare et de la 343. Deux rangées de pommiers ancestraux bordent le chemin d’entrée vers la vieille maison de ferme. Je m’y suis rendu au courant du mois d’août afin de rencontrer les propriétaires et découvrir les arbres et leurs fruits. Ce sera d’ailleurs l’objet d’une prochaine publication du Ministère.

Yvan offre son soutien indéfectible pour la préservation et la revalorisation des pommiers anciens présents sur le territoire de St-Ambroise-de-Kildare, tout comme des sauvageons dans Lanaudière. Présent et très motivé lors de la journée de corvée organisée à la fin septembre dernier, il m’a, plus récemment, prêté main forte pour dresser un argumentaire en vue de convaincre le Conseil de la Fabrique de la paroisse de préserver les vestiges d’un ancien verger sur un terrain en friches qui leur appartient. D’autres nouvelles de ce projet de revalorisation viendront aussi au cours des prochaines semaines et mois!

Vivement que se poursuive le réseautage et le maillage entre pomologues, arboriculteurs, propriétaires de terrains comptant des pommiers négligés et des artisans du renouveau du terroir régional !

Emmanuel Beauregard, au service des Malus en liberté et délaissés dans Lanaudière

14 février 2022

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Projets et collaborations

COLLABORATIONS INITIÉES EN 2021 #2

Mike et la Micro-brasserie Malstrom de Notre-Dame-des-Prairies

L’apprenti « ministre des friches et pommeraies » que je suis a connu Michaël Fiset il y a vingt ans, au tournant des années 2001 et 2002, alors que mes parents et d’autres militant.e.s se réunissaient dans la cuisine de la maison familiale, en vue de fonder l’Union paysanne de Lanaudière. Alex et lui, deux amis alors dans la jeune vingtaine, futurs secrétaires et trésoriers de l’organisation, sont quelques mois plus tard devenus des voisins. Alors pleinement dans mon adolescence, j’étais ravi d’avoir ces jeunes néo-ruraux rebelles, de quelques années mes aînés, nouveaux habitants dans la maison d’à côté de la ferme, occasionnels compagnons, vite fait devenus modèles ou inspirations.

Puis la vie a fait qu’on s’est pas revus souvent, pendant des années. Michaël (aka Mike) a poursuivi sans relâche son intérêt pour la brasserie. De l’Alchimiste où il fut pendant 12 ans le premier brasseur, il est devenu consultant auprès de brasseurs en démarrage, puis a fondé la micro-brasserie Malstrom en 2016 à Notre-Dame-des-Prairies. Il dirige depuis cette « brasserie artisanale spécialisée dans les lagers non traditionnelles et la bière affinée en fût de chêne », tout en cultivant depuis longtemps une passion pour les levures sauvages et les fermentations spontanées.

Parmi les premiers à avoir découvert l’existence de la présente page en août dernier, Mike me contacta rapidement pour offrir son soutien, et le début d’une collaboration. Il me réserva et pré-paya une quantité de pommes sauvages, à cueillir par mes soins et livrables au courant de l’automne. De quoi m’aider à acheter le pick-up multifonctionnel, outil fort appréciable pour un chasseur de pommes à travers coulées, friches et bords de routes.

À l’automne, Maltstrom a encore investi dans le projet en s’équipant d’un broyeur efficace pour déchiqueter les pommes, étape nécessaire avant de les presser (à moins qu’elles n’aient été d’abord hivernées – gel et dégel – ce qui en change la texture).

Grâce à la coopération de Jean-François Chaussé du Vignoble du Vent Maudit, nous avons utilisé sa presse hydraulique de 180 litres pour tirer un maximum de jus des diverses pommes que j’avais pu récolter durant ma courte saison. Deux bennes bien remplies, prêtées par le verger Qui Sème Récolte où j’ai travaillé tout l’été.

C’est ainsi que le 26 octobre dernier, Mike, Jean-François et moi nous sommes réunis dans l’atelier de création brassicole à Notre-Dame-des-Prairies avec les machines et le matériel requis pour mener nos premières expériences ensemble avec les pommes. Nous avons soutiré plus de 250 litres de jus, cet après-midi là. Jus illico transféré dans des barils de chêne ayant contenu d’abord du vin blanc, puis de la bière fermentée sur marc de pommes. Le moût issu de la fermentation de ces fruits du pommage lanaudois sera assemblé avec une bière fermentée spontanément par macération sur marc de raisin blanc (du vignoble St-Thomas) et affinée en foudre de Riesling ! À terme, une bière célébrant les arômes de la pomme locale et ses levures sauvages verra le jour sur les tablettes de la brasserie !

En 2022, c’est certain que l’aventure continue !

Soyez à l’affût, on vous tiendra au jus ! 😉

Emmanuel Beauregard, pour le Ministère des Friches et des Pommeraies

23 janvier 2022

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Projets et collaborations Rencontres

COLLABORATIONS INITIÉES EN 2021 #1

Roland Joannin et La Pomme de demain

Par l’intermédiaire de cette page et des publications d’Yvan Perrault à propos de nos trouvailles de pommes sauvages à Saint-Ambroise-de-Kildare, j’ai eu l’immense chance et plaisir d’attirer l’attention et d’établir un excellent contact avec Roland Joannin cet été. Cet arboriculteur, hybrideur et conseiller pomicole est une bébitte unique dans le paysage pomologique québécois ! Depuis 35 ans, il oeuvre à créer de nouvelles variétés adaptées au climat, résistantes, savoureuses et inusitées, répondant aux attentes des producteurs et consommateurs.

https://www.facebook.com/lapommededemain

Il a fondé La Pomme de Demain en 1986, un collectif de producteurs de pommes, dont il est le maître d’oeuvre passionné, hybrideur et reproducteur en chef. L’organisme à but non lucratif a jusqu’à présent deux variétées brevetées à son actif : Rosinette et Passionata. Sans compter plusieurs autres variétés nommées, dont la Ò:İASE, pour mettre en valeur la communauté mohawk voisine, à Oka. Il y aurait tant à dire sur lui et ses démarches ! Une recherche Google avec son nom et le nombre d’articles qui lui ont été consacrés en témoigne.

Au courant du mois d’août, dès les premières publications, M. Joannin a découvert la page du Ministère des Friches et des Pommeraies. Il a vraiment trippé, et il est entré en contact avec moi, humble serviteur des Malus dans ma biorégion, pour m’offrir une généreuse contribution. Afin de soutenir mes efforts pour sélectionner et reproduire des variétés d’intérêt parmi les pommeraies et vergers abandonnés des rangs lanaudois, il m’a offert de me commander une centaine de porte-greffes. En échange de quoi je lui fournirai, le printemps prochain, des scions de quelques arbres dont les pommes ont des caractéristiques qui l’intéressent.

Je suis allé le rencontrer chez lui, à St-Joseph-du-Lac, au début du mois de septembre. À bord de son pickup, nous avons fait une virée à travers ce haut-lieu de la pomiculture au Québec. Il m’a fait visiter plusieurs parcelles expérimentales où il mène ses recherches et développements, toutes situées chez des producteurs de pommes avec qui il a noué des partenariats, où croissent des pommiers issus de semis ou de ses croisements, par milliers. Nous avons croqué des dizaines de variétés uniques, en rafale, plus d’une heure durant.

Lorsqu’il m’a présenté à un jeune cidriculteur avec qui il collabore pour développer de nouvelles variétés de pommes à cidre, il m’a qualifié d’abord « d’aussi fou que lui-même », puis s’est repris pour dire que j’étais peut-être « plus fou que [lui] encore ! », racontant comment j’avais entrepris de géoréférencer les pommiers sauvages de ma région ! Dans les éclats de rires, les compliments reçus droit au coeur, dans l’appréciation mutuelle. Rencontre qui s’est conclue par une dégustation de cidres houblonnés. Je suis revenu vers Lanaudière encore plus inspiré, la joie au coeur, avec le reste des bouteilles ainsi qu’un sac de délicieuses pommes issues des sélections et croisement opérés par Roland et ses acolytes depuis des décennies et fraîchement cueillies de sa main. Sans oublier la promesse de se retrouver au mois d’avril prochain avec des scions de pommiers sélectionnés par mes soins et prélevés d’ici là (en mars), afin de procéder au greffage sur table avec les porte-greffe de M111, en sa compagnie, à St-Joseph-du-Lac !

Merci à ce pionnier innovateur pour son généreux soutien
à mes entreprises pomologiques !

Emmanuel Beauregard,
pour le Ministère des Friches et des Pommeraies

16 janvier 2022

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Cueillette Explorations

Pommes sauvages 2021

Trois variétés uniques, cueillies d’autant de sauvageons aux abords d’un vieux verger du rang St-Albert de Sainte-Mélanie.

Des profils aromatiques distincts, du potentiel de transformation c’est certain !

6 septembre 2021

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Projets et collaborations Vergers

SORTIR DE L’OMBRE CES POMMIERS VÉNÉRABLES

Crédit photo : Johanne Saulnier. Emmanuel marquant un des pommiers sûrement centenaires.

« Un bel après-midi comme aujourd’hui, ça ne peut que me donner envie de continuer ces démarches pour PRÉSERVER les pommiers anciens et mettre en valeur les fruits de nombreux sauvageons…»

– Emmanuel Beauregard, Ministère des Friches et des Pommeraies

Nous avons tous été emballés l’hiver dernier lorsqu’Emmanuel Beauregard a fait la découverte des vestiges de l’ancien verger des sœurs de Saint-Anne à Saint-Ambroise-de-Kildare. Samedi, le 25 septembre, ce dernier nous donnait rendez-vous pour une corvée de débroussaillage (voir notre avant-dernière publication). Une dizaine de personnes a répondu à l’appel. Quelques photos témoignent de ce moment des plus émouvants.

– Johanne Saulnier, Comité pour la préservation
du patrimoine de Saint-Ambroise-de-Kildare

26 septembre 2021

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Projets et collaborations Publicité Taille Vergers

CORVÉE DE NETTOYAGE AU FUTUR JARDIN DE STE-ANNE

À Saint-Ambroise-de-Kildare

Un terrain derrière l’hôtel de ville, en diagonale du cimetière,

sur l’avenue Sicard, compte une quinzaine de pommiers,

dont quelques-uns sont les vestiges d’un verger

qui se trouvait jusqu’en 1970 derrière le couvent

des Soeurs de Sainte-Anne

Quelques mois après la redécouverte enthousiaste

de ces arbres probablement centenaires, abandonnés

des citoyen.ne.s de la municipalité se mobilisent

pour faire sortir de l’ombre les pommiers ancestraux,

tout un pan de l’histoire locale, au coeur du village

Une corvée de nettoyage s’organise

pour commencer à dégager le terrain

ramasser les déchets et du bois mort au sol,

afin d’y effectuer un premier débroussaillage.

Rendez-vous au stationnement municipal,

à côté de l’hôtel de ville, le samedi 25 septembre

(remis au dimanche 26 en cas de pluie) à 13h30 !

PS – Quelques personnes sur place seront équipées de scies et débroussailleuses. Pas besoin d’autres machines. Apportez vos bottes, gants et autres vêtements de travail de circonstances. Surtout, n’oubliez pas votre bonne humeur!

8 septembre 2021

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Histoire Vergers

LES VIEUX VERGERS DU SAINT-ALBERT #1

Colonisé à partir de 1876, les dites « Concessions St-Albert » de Sainte-Mélanie comptèrent longtemps, comme ailleurs dans les campagnes québécoises, autant de fermes que de maisonnées. Dans une perspective d’autosuffisance, plusieurs, si ce n’est pas tous les habitant.e.s du coin, établirent de petits vergers domestiques d’environ une dizaine d’arbres.

Celui qui m’est le plus familier demeure celui de la ferme (l’une des deux seules restantes du rang) où ma famille s’est installée en 1986 et qui fut baptisée « Ferme des Arpents roses ». C’est bien plus tôt, à l’époque où elle fut habitée par des générations des familles Rivest et Panneton, que le verger a dû être implanté. À notre arrivée, les pommiers attenants au poulailler étaient déjà matures.

Aux dires de Mme Cécile Pitre, nièce de Joseph Rivest (propriétaire des lieux jusqu’en 1972), on y trouvait autrefois des pruniers, en plus des pommiers. Elle se souvient que des pommes du verger étaient vendues au marché public, au centre-ville de Joliette.

Il n’y a plus que 4 survivants sur la bonne douzaine de troncs qu’on peut compter sur la vieille photo ci-bas, datant des années 1960. (Gracieuseté de Mme Claudette Gravel, veuve de Michel Rivest, fils adoptif de Jos Rivest).

Quelle diversité de variétés et de types de pommes y avait-il au départ ? Il ne reste que des arbres portant des pommes d’été (hâtives), dont une qui a tout pour être de la ‘Jaune Transparente’, dont on trouve encore quelques spécimens et descendants issus de semis naturels dans la région.

Leur âge exact ne nous est pas connu, et ne le sera probablement pas avant la mort définitive des pommiers. On pourra alors, en coupant la base du tronc, en compter les anneaux de croissance et savoir assez précisément leur année de plantation.

À voir leur allure toutefois, on se doute qu’ils sont probablement pas loin de centenaires.

C’est en bonne partie des pépins de leurs fruits que doivent avoir germé des centaines de pommiers sauvages, éparpillés un peu partout dans les marges et lisières en friches de la ferme.

5 septembre 2021

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Projets et collaborations

LE MINISTÈRE RECRUTE !

À la recherche de pommiers, cette année

chargés de fruits, des sauvages ou anciens

sur le territoire Lanaudois.

Question de les référencer, les géolocaliser et photographier.

Puis noter les principales caractéristiques de chaque variété.

Observer l’architecture des arbres, et bien sûr les goûter.

En identifier des plus intéressantes et cueillir si possible,
pour mener de premières expériences de transformation, alimentaires et alcooliques !

Le Ministère souhaite donc recruter (bénévolement) des gens qui aimeraient contribuer à cette aventure pomologique, en partageant leurs connaissances d’emplacements et/ou l’accès à des pommiers libres, délaissés, anciens, négligés, sauvages, déclassés, non traités.

N’hésitez pas à me joindre par Messenger,

par téléphone : 579-337-7633

ou par courriel

Emmanuel Beauregard, technicien agricole et pomologue en devenir,
au nom du « Ministère des Friches et des Pommeraies »

28 août 2021

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Histoire Projets et collaborations Vergers

LA GENÈSE DU MINISTÈRE #4

4e (et dernière) partie

Hiver 2021.

Plongé dans des recherches généalogiques, particulièrement à propos du mystérieux Benoni Beauregard de St-Ambroise-de-Kildare. Né de parents inconnus … (tiens tiens, ça me rappelle les pommes sauvages ça…) – dont je suis l’un des descendants. Un document sur le patrimoine bâti du village (La mémoire des rangs), que mon frère avait pu feuilleter, révèle la présence historique d’un verger à proximité du cimetière. Quand j’ai su qu’il y avait possiblement des vestiges, je me suis vite rendu sur place. Ébahi devant les arbres immenses que je découvrais, j’ai ouvert une enquête pomologique.

Cette histoire, que j’ai racontée et publiée sur ma page Facebook personnelle en février dernier, a suscité un grand nombre de réactions enthousiastes. Mon récit a été pas mal partagé, jusque dans des groupes à teneur agricole basés dans d’autres régions du Québec, inspirant plusieurs à s’intéresser aux vieux Malus de leur coin de pays et à essayer d’en identifier les variétés. De quoi m’encourager à poursuivre mes investigations sur ces arbres dont je suis tombé amoureux.

Printemps 2021.

Cherchant à dresser un portrait d’ensemble de la pomiculture dans Lanaudière, j’ai contacté tous les vergers de la région. Ils ne sont pas bien nombreux et certains ont des activités commerciales encore somme toute peu développées.

J’avais l’intention d’y trouver des opportunités d’apprendre, en les pratiquant, des techniques de taille de pommiers. En complément essentiel à la théorie acquise à l’école et dans les livres. Bénévolement ou contre rémunération, selon les possibilités.

C’est ainsi que j’en suis venu à me faire offrir un emploi pour la saison, à temps plein, chez Qui Sème Récolte, à Saint-Jean-de-Matha. Une occasion inespérée de travailler dans le domaine, près de chez moi, en touchant à toutes les opérations de la conduite d’un verger de pommes, d’avril à la fin de l’automne. Et pour le seul verger-cidrerie de la région, en plus.

Été 2021.

Ma relation d’emploi tire déjà à sa fin – d’ici la fin août, chômeur je redeviendrai.

Les aléas climatiques, la moindre rusticité de certains cultivars et possiblement l’emplacement géographique du verger ont eu raison des fruits cette année. Le gel tardif de la fin mai a été fatal pour la majorité des petites pommes qui s’étaient formées. Au sol, elles sont presque toutes tombées. Une catastrophe pour des producteurs dont ce serait la principale source de revenus … Mes employeurs ont pu retenir mes services jusqu’à présent, mais sans auto cueilleurs et auto cueilleuses à accueillir et diriger, l’ouvrage à me donner en vient à manquer.

Par chance et coïncidence, la saison est assez exceptionnelle merci du côté des pommiers délaissés, ceux qui se débrouillent avec les moyens du bord. Ceux issus de pépins, qui ont réellement été semés. Les individus qui portent fruits, nombreux, sont chargés comme jamais. Une voisine, qui habite le secteur depuis plus de 50 ans, me disait n’avoir jamais vu autant de pommes dans ses arbres centenaires. Idem dans le vieux verger de la ferme, chez nous. Mes excursions ailleurs confirment la même phénoménale prodigalité des pommiers cette année.

Vivement du temps pour s’y consacrer !

PS – L’inspiration du nom est due à un échange estival avec ma cousine Sophie, laquelle a qualifié mes entreprises pomologiques de « Ministère de la pomme ». Appellation qui m’a fait bien rire et que j’ai tôt fait de modifier afin de le rendre plus conforme à ses ambitions.

17 août 2021

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Explorations Projets et collaborations

Géolocalisation des pommiers

Sur la photo ci-haut donne un aperçu de ma
géolocalisation des pommiers (en jaune : ceux qui ont des pommes
cette année) d’une partie de la terre des Vallons d’en Haut.

Il s’agit d’un point de départ, qui pourrait s’élargir
à l’ensemble de la région !

Le référencement et la cartographie des pommiers sauvages et anciens apparaît comme une première étape afin d’en étudier ensuite les caractéristiques variétales. Des sujets méritent certainement d’être préservés et protégés, voire même d’être reproduits.

16 août 2021