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Histoire Pomologie

Le pommier, une histoire d’amour

Un très bon article de l’historien Jean-François Nadeau, publié dans Le Devoir le 31 août 2020, où la question des variétés anciennes est cependant traitée trop courtement.

Le Ministère des pommeraies voit clairement un intérêt pour les variétés ancestrales qui poussent encore ici et là dans nos campagnes, et le besoin de mener des recherches pour les retrouver et préserver.

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LE POMMIER, UNE HISTOIRE D’AMOUR

Sur plus de 200 variétés de pommes susceptibles de croître sur les rives du Saint-Laurent, nous n’en connaissons plus, au mieux, que quelques-unes, à peu près toujours les mêmes.

Depuis toujours, ils servent à bâtir autant qu’à rêver… Dans cette série estivale, Le Devoir tente de cerner de quel bois sont faits les arbres qui nous entourent. Aujourd’hui : le pommier.

« Chaque pomme est une fleur qui a connu l’amour », écrivait Félix Leclerc dans un de ces carnets d’écrivain où il jouait, en grand lièvre sage qu’il était, à philosopher aux pourtours d’une nature à laquelle il accrochait ses pensées. Il n’empêche qu’au pays des hommes, les histoires d’amour, y compris celles des arbres, finissent mal en général. En sera-t-il différemment, au fil du temps, pour cet arbre nourricier qu’est le pommier ?

Au Québec, chez les 463 producteurs de pommes officiellement répertoriés, on récolte environ 5,3 millions de minots chaque année. Un minot ? L’équivalent de 19 kilos de pommes. Faites le calcul : ce sont plus de 100 millions de kilos de pommes qui sont engendrés par ces vergers, sans compter les variétés sauvages, cueillies encore ici et là, en bordure des champs, et les vergers privés qui ne sont pas comptabilisés.

À l’automne, la cueillette des pommes conduit aux effluves en cuisine des compotes, des tartes, des croustades et autres délices, sans oublier les jus frais, les cidres, les brandys. La pomme représente, depuis fort longtemps, une idée forte de ce qu’est l’Amérique, même si le pommier n’est pas autochtone. Les pommiers tels que nous les connaissons n’existaient pas avant la colonisation du continent.

L’éclatant New York n’est-il pas représenté aujourd’hui sous la forme d’une grosse pomme ? Les Beatles, après avoir conquis l’Amérique, et à leur suite une des marques les plus célèbres de micro-ordinateurs n’ont-ils pas adopté la pomme comme symbole commercial transnational ? Sans doute n’est-ce pas par hasard que le narrateur-écrivain de bien des romans de l’Amérique de Victor-Lévy Beaulieu souligne toujours qu’il se penche sur une table « en bois de pommier » lorsque vient le temps de se délivrer par l’écriture des histoires qui le hantent.

Venus à l’origine d’Asie, les premiers pommiers à avoir été plantés en Amérique furent arrachés à la Normandie pour être mis en sol du côté de Québec et de Port Royal, en Acadie, au début du XVIIe siècle. Les Sulpiciens, seigneurs de Montréal, en plantent parmi les premiers dans leurs jardins. Les Jésuites, pour leur part, en font pousser sur le mont Royal, plus ou moins à compter de 1670.

Des pommiers furent cultivés avec attention à Montréal, puis dans ses environs. Le chef du Parti patriote, le distingué Louis-Joseph Papineau, leur vouait une affection passionnée. Dans son journal, son fils Amédée raconte que le grand orateur possédait à Montréal « un grand jardin et verger sur la rue Saint-Denis, occupant tout l’espace entre les rues De La Gauchetière et Dorchester [boulevard René-Lévesque], et se prolongeant en arrière, presque à la rue Sanguinet ». Aussi bien dire que sur les terrains où se trouve désormais l’UQAM, les principaux fruits produits à cette époque n’étaient pas ceux de l’esprit, mais bien ceux des pommiers.

Dans le fief familial de Montebello, à la seigneurie de la Petite-Nation en Outaouais, Louis-Joseph Papineau ne cesse de commander des pommiers de différentes variétés, ce qui favorise comme on le sait une meilleure pollinisation. En 1855, le tribun écrit : « J’ai fait planter cent cinquante pommiers et un plus grand nombre d’arbres d’ornement. »

En marge de ses pommiers adorés, Papineau évoque volontiers la beauté du printemps, ce temps où la nature lui semble particulièrement riche et belle, la floraison des arbres fruitiers en particulier produisant un effet inégalé au milieu des campagnes.

Depuis, le pommier n’a cessé d’être hybridé pour s’adapter aux besoins des cultures autant que pour résister aux maladies qui l’assaillent. « Les variétés anciennes ont été remplacées par des variétés que l’on découvrait pour leurs qualités gustatives supérieures », explique l’agronome Monique Audette des Vergers du Lac, entreprise située à Dunham, dans les Cantons-de-l’Est.

La pomme est attaquée par différentes manifestations de la tavelure, cette brûlure causée par un champignon. « Cela peut mettre en danger le commerce, mais pas le pommier », explique Monique Audette. « Par contre, le feu bactérien, pour les pommiers cultivés, peut être un vrai problème. Mais je ne connais pas pour l’instant une menace globale qui pèse sur les pommiers. Cependant, avec les changements climatiques, on ne sait pas du tout ce qui peut arriver. »

On a réussi, jusqu’ici, à développer, soit par hybridation classique, soit par mutations génétiques, des variétés de pommiers qui sont plus résistantes à des affections qui menacent la commercialisation. La Liberty, la Redfree, la Freedom et la Jonafree sont au nombre des variétés qui laissent croire que la croissance de pommes saines est à placer d’emblée du côté d’une manifestation de la liberté…

La pomme est un miracle de l’entêtement des hommes. Le pommier risque-t-il de connaître un jour le triste sort que plusieurs autres arbres splendides ont connu au cours du siècle dernier ?

Quatre milliards de châtaigniers nourriciers peuplaient l’Amérique du Nord. Ces géants se sont d’abord évanouis sous les pressions des coupes forestières des colonisateurs européens, puis sont disparus du paysage, en quelques décennies du début du XXe siècle, à cause d’une maladie. Il y en avait alors jusqu’à la pointe sud du Québec. Vers 1904, on observa pour la première fois son dépérissement à New York, à la suite de l’importation de quelques plants d’une variété asiatique de la même espèce. Quand on en trouve encore, ils ne sont plus que l’ombre de ce qu’ils ont été, décimés, en voie d’extinction complète. Ce sont pratiquement 99 % des arbres de cette espèce qui ont été tués dans le premier tiers du XXe siècle. Le chancre destructeur, Cryphonectria parasitica, avait été importé d’Asie.

Disparus, eux aussi, en quelques dizaines d’années, les ormes d’Amérique, majestueux parapluies qui ombrageaient le paysage des campagnes québécoises, lui donnant souvent tout son romantisme. L’arbre fut ravagé par la graphiose, une infection produite par un mycoparasite arrivé au début du XXe siècle. À lui aussi, les spécialistes prédisent une disparition quasi complète. Il en va de même pour les frênes, avalés à toute vitesse pas l’agrile, un insecte venu lui aussi d’Asie, dont l’existence, malgré la vaccination de nombreux arbres, ne pourrait bientôt être qu’un souvenir. Les avis d’interdiction de déplacement du bois de frêne ou de mise en quarantaine des propriétés les plus touchées n’ont jusqu’ici rien donné.

Condamnés à mort

Qui sait si le pommier ne connaîtra pas un jour, à son tour, une attaque destructrice ? En attendant, il faut bien l’observer, nombreuses variétés anciennes auxquelles nos aïeux étaient habitués ont déjà à peu près disparu. Mais pas à cause de maladies. Elles ont été plus ou moins condamnées à mort, au nom de la toute-puissance du marché. Ces vieilles variétés, souvent très bonnes, étaient coupables de ne pas se conserver aussi bien dans les transports. Elles obéissent moins bien à la réfrigération et se meurtrissent davantage que les variétés les plus commerciales qui ont pris le dessus dans les étals des marchés. Qui connaît encore la Duchesse, la Macoun, l’Alexandre, la Calville, la Fameuse, la Reinette, la Melba ? L’agronome Monique Audette estime qu’on a tendance à embellir les souvenirs de ces fruits. « Je mets parfois au défi les gens de goûter à l’aveugle des pommes. Ce ne sont pas ces variétés anciennes, si valorisées dans les souvenirs de notre enfance, qui sont les préférées ! »

Pendant longtemps, le souci de la qualité des fruits n’était pas très présent. Les pommes étaient désirées beaucoup pour fabriquer du cidre. À l’heure de la prohibition, le cidre est interdit. Il va le rester jusqu’en 1970, pour favoriser les intérêts commerciaux de la puissante industrie de la bière. Le cidre ne va revivre que petit à petit, après cinquante ans d’interdiction, alors qu’il avait constitué une des principales boissons populaires auparavant.

Sur plus de 200 variétés de pommes susceptibles de croître sur les rives du Saint-Laurent, nous n’en connaissons plus, au mieux, que quelques-unes, à peu près toujours les mêmes : McIntosh, Empire, Cortland, Lobo, Paulared, Spartan et autres Honeycrisp. « Des programmes d’amélioration génétique font que même plusieurs de ces variétés, comme la McIntosh, sont appelées éventuellement à être remplacées. »

22 janvier 2022

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Histoire Littérature Pomologie

LA BIBLIOTHÈQUE DU MINISTÈRE #11

Les Fruits du Québec – Histoire et traditions des douceurs de la table

Cet ouvrage de l’historien et ethnologue Paul-Louis Martin, publié
chez Septentrion en 2002, est une autre référence incontournable
pour qui s’intéresse aux variétés anciennes de fruits au Québec.

https://www.septentrion.qc.ca/catalogue/fruits-du-quebec-les

Selon les compilations de l’auteur, les variétés de pommes qui ont été présentes au Québec pourraient atteindre 400, si l’on se fie aux mentions et aux traces écrites.

Il y avance ceci : « Quant à savoir les distinguer avec certitude et pouvoir les repérer dans les vergers ou ailleurs dans les paysages de nos campagnes, il s’agit là d’une démarche ardue, longue et systématique, qui devrait pourtant être entreprise par des autorités responsables : le Québec pourrait ainsi s’inspirer de l’exemple de la Belgique, petit pays qui n’a pas hésité à mettre sur pied une équipe de recherches et à créer un conservatoire des ressources génétiques fruitières (CRA de Gembloux) qui distribue dans le grand public ces trésors du patrimoine végétal national. »

Parmi les variétés ancestrales de pommes les plus anciennes et répandues au Québec, l’historien décrit celles-ci (avec leurs autres appellations entre parenthèses) :

• Fameuse (Pomme de neige, Fameuse rouge, La Belle Fameuse, du Maréchal. En anglais : Chimney Apple, Sanguineous, Snow, Royal Snow)

• Saint-Laurent d’hiver (Winter Saint-Lawrence, Montreal)

• Saint-Laurent d’été (Rambour barrée, Summer Saint Lawrence)

• La Bourassa

• La Pomme Grise de Montréal (Reinette grise, Pomme de cuir, Grise, French Pippin, French Reinette, Gray Apple)

• Les Calville rouges et Calville blanches

• L’Alexandre (Empereur Alexandre, Russian Emperor, Aport Alexander, Aporta)

• La Duchesse (Dutchess of Oldenburg, Borowitsky, New Brunswick, Charlamowsky)

• La McIntosh (Mac, McIntosh Red)

• La Jaune Transparente (Pomme blanche, Blanche d’été)

• Les pommettes : Belle de Montréal, Cirée de Montréal, Rouge transcendante, Jaune de Sibérie, Dolgo

19 septembre 2021

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Explorations Histoire Littérature Pomologie

L’HISTOIRE POUSSE DANS NOS ARBRES

Un Johnny Appleseed moderne ratisse les chemins éloignés du pays pour des pommes d’autrefois qui disparaissent des tables du Québec.

13 septembre 2008 – MARIAN SCOTT – THE GAZETTE

INVERNESS – Yves Auger fait son chemin à travers un dense fourré. « Regarde » dit-il. « C’était un verger ». Un pommier tordu s’élève parmi les ronces, ses branches chargées de fruits rosés.

Plus de pommes tapissent le sol sous nos pieds.

Auger cueille un spécimen veiné de rose et tranche un morceau du fruit doux et croustillant avec son couteau de poche.

« Juste un soupçon de salinité », commente-t-il, comme un goûteur de vin testant le Beaujolais nouveau de l’année. La pomme, une Melba Rose, est une variété locale. Auger, 54 ans, est un Johnny Appleseed des temps modernes. Sa mission : sauver les variétés de pommes que nos grands-parents croquaient quand ils étaient petits.

Pendant 25 ans, le professeur d’arboriculture au Cégep de Victoriaville a ratissé les arrières rangs du piémont Appalachien, 2 heures au sud-est de Montréal, près de Thetford Mines, sauvant les pommes ancestrales de l’oubli.

Il y a un siècle, chaque ferme sur ces vastes hautes-terres avait son propre verger. Il y avait des pommes pour croquer et d’autres pour cuisiner; des pommes d’été et des variétés à mûrissement tardif qui duraient à travers l’hiver.

Mais au fil des ans, les familles Irlandaises, Écossaises, Françaises et Anglaises qui ont colonisé la région au début du 19e siècle se sont éloignées. Des noms de lieux comme Inverness, Ireland et Dublin Road attestent de leur présence.

Maintenant, les broussailles récupèrent des fermes abandonnées que ces pionniers ont laborieusement défrichées. Et les variétés de pommes qui naguère poussaient ici – comme les Alexandre, Duchesse, Wealthy, Pommes Pêche, Fameuse, Jaune Transparente, Strawberry, Red Atrachan et Wolf River – disparaissent.

Les pommes sont un microcosme de la rapetissante biodiversité de l’agriculture.

Les trois-quarts des variétés des produits agricoles ont été perdues au cours du dernier siècle, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO). Seulement 12 cultures et cinq espèces animales fournissent maintenant plus de 70 pourcent de l’alimentation humaine.

La diversité agricole est essentielle, soutient la FAO, afin que les humains survivent aux changements climatiques. Les variétés régionales offrent aux scientifiques du matériel génétique pour développer des cultures plus résilientes. Les variétés traditionnelles que les fermes ont adaptées aux conditions locales résistent souvent mieux aux ravageurs et maladies que les monocultures qui requièrent un usage extensif de pesticides et fertilisants.

Des tomates ancestrales au melon de Montréal, les jardiniers et agriculteurs biologiques font revivre des variétés anciennes mises de côté dans la poursuite impitoyable de la plus grande efficacité du commerce alimentaire mondial.

En février, la Norvège a ouvert une « voûte de l’apocalypse » dans l’Arctique pour préserver les semences de millions de variétés de produits alimentaires. La Fondation pour la Biodiversité de Slow Food appelle aussi à la préservation de spécialités régionales. L’an dernier, la fondation internationale a ajouté la variété de pomme Gravenstein de Nouvelle Écosse à son Arche du Goût, une liste globale de l’aliments menacés.

Quelques douzaines de variétés de pommes à succès commercial ont remplacé les milliers qui poussaient jadis dans les vergers d’Amérique du Nord.

« Les chaines de supermarchés veulent de gros volumes », dit Marc Girard, 48 ans, un pomiculteur de 7e génération à Saint-Joseph-du-Lac qui a un étal au Marché Jean Talon.

Pour être viable commercialement, les pommes doivent être uniformes, attirantes et résister au transport et à l’entreposage.

C’est pourquoi vous trouverez des pommes McIntosh, Spartan, Cortland et Empire du Québec, Gala et Braeburn de Nouvelle-Zélande et Rouge Délicieuse de l’État de Washington au supermarché – mais pas de variétés moins communes des vergers du Québec.

Même dans les marchés fermiers, dit Girard, il n’y a pas de demande pour les pommes de l’ancien temps avec lesquels il a grandit. « Tout le monde veut de nouveaux produits ».

Girard conserve encore quelques-uns de ses arbres ancestraux favoris, incluant un qui produit de juteuses et rouges pommes Wealthy. « Ça me rappelle des souvenirs. »

Jean-Pierre Lemasson, un professeur de sociologie de l’alimentation à l’Université du Québec à Montréal, dit que la perte de vieilles variétés n’est pas nécessairement la cause de préoccupations.

« C’est vrai que l’on a perdu quelques espèces, mais nous en avons obtenu d’autres », dit-il.

« L’héritage alimentaire ne devrait pas être préservé comme un monument ».

Les pommes ne sont pas indigènes d’Amérique du Nord. Le premier fermier de Nouvelle-France, Louis Hébert, a planté des pommiers de Normandie lorsqu’il s’est établi à Québec en 1617.

Au 18e et 19e siècles, une multitude de nouvelles lignées furent introduites des Îles Britanniques par les colons, et importées de Russie, des États-Unis et d’Europe.

John McIntosh du Comté de Dundas, au Haut-Canada, a développé le fruit le plus célèbre du Canada en 1836, probablement à partir d’une vieille variété du Québec, la Fameuse ou la St-Laurent.

Conserver les vieilles variétés de pommes est plus compliqué que de conserver les pépins.

Contrairement, disons, aux tomates, haricots et poivrons verts, les semences d’une variété comme la McIntosh ne produiront pas un arbre de McIntosh, mais bien une entièrement nouvelle variété.

C’est parce qu’un semis de pommier – comme les humains – combine l’ADN du parent femelle (l’arbre sur lequel la pomme a poussé) et le parent mâle (l’arbre qui a fourni le pollen, disséminé par les abeilles, d’autres insectes ou le vent).

Pour reproduire une variété particulière de pomme, vous devez greffé la partie d’une branche, appelée scion, sur un porte-greffe. Chaque arbre de McIntosh jamais cultivé a ét greffé d’un descendant de l’arbre originel. Tous les pommiers cultivés commercialement sont greffés sur différents porte-greffes.

En plus d’enseigner le greffage d’arbres au Cégep de Victoriaville, Auger vend des arbres de variétés ancestrales via sa page web, pepiniereancestrale.net. Il a réduit cette entreprise récemment parce qu’il a déménagé et a un horaire chargé d’enseignant.

À La Pocatière, à 140 kilomètres au nord-est de la ville de Québec, le groupe de patrimoine rural Ruralys a créé un verger patrimonial afin de préserver les variétés locales de pommes, poires et prunes. Le groupe vent aussi des arbres aux jardiniers à travers le Québec. Il tient une dégustation publique à la fin septembre où les visiteurs peuvent tester les fruits ancestraux.

« C’est un patrimoine de goûts qui est tombé dans l’oubli », dit Catherine Plante, une agente de développement avec cette organisation.

La dégustation de l’an dernier a fait revivre de précieux souvenirs pour plusieurs visiteurs aînés, dit-elle.

Leurs yeux sont devenus gros comme des pièces d’une piastre et ils ont dit, « Oh – ça goûte comme les pommes que je mangeais quand j’était petit ! »

La passion d’Auger pour les pommes ancestrales date de son enfance à la ferme près de St-Ferdinand.

« Mon père me disait le nom de chaque variété. », se souvient-il. L’une était la pomme de Montréal, un petit fruit âpre utilisé surtout pour de la gelée de la compote. « Elle n’existe plus, malheureusement. »

Auger dresse la carte des anciens vergers le long de voies publiques comme le Chemin Craig, construit en 1810 de la Ville de Québec aux Cantons-de-l’Est pour ouvrir la frontière aux colons Britanniques.

Il demande aux propriétaires des terrains de signer un formulaire lui accordant la permission de prendre des photographies et des échantillons.

Auger dit qu’il peut souvent reconnaître une ancienne ferme même lorsque la maison et les bâtiments sont depuis longtemps disparus. Quand je vois un bel emplacement, je sais qu’il devait y avoir une ferme là. » Souvent, tout ce qui reste d’une ancienne maison de ferme est une fondation de pierres.

Des entrevues avec les résidents locaux – spécialement les agriculteurs aînés – aident à remplir les vides à propos des fruits oubliés. Quand Auger découvre une variété qu’il ne peut identifier, il la nomme selon la ferme ou la route où il l’a trouvée. Une trouvaille récente fut la pomme McKillop, un fruit courtaud de la couleur d’une Granny Smith. Elle prend son nom d’une route qui rappelle les pionniers d’origine du secteur.

Quelques uns des pommiers ancestraux qu’il découvre poussant sauvagement sont surprenamment libres d’insectes, notes Auger, qui utilise des méthodes biologiques. En contraste, dit-il, les pommes McIntosh sont extrêmement susceptibles aux maladies.

Jeanne d’Arc Beaulieu, 72 ans, cultive plus d’une douzaine de variétés sur sa ferme de 135 ans à Inverness.

Chaque pomme a une utilité, dit-elle : la Duchesse est bonne pour le ketchup alors que la douce comme du miel Pomme Pêche, avec sa peau teintée d’orangé et sa chaire jaune, est bonne pour faire des gelées.

Mais les plus jeunes générations ne sont pas intéressées par les vieilles variétés, dit Beaulieu.

« Les grands-parents sont décédés. Les jeunes n’ont pas le temps de faire de la compote de pommes. Ils l’achètent au magasin. »

Source : https://www.pressreader.com/…/20080913/282720517767688

[Traduction : Emmanuel Beauregard]

16 septembre 2021

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Histoire Vergers

LES VIEUX VERGERS DU SAINT-ALBERT #1

Colonisé à partir de 1876, les dites « Concessions St-Albert » de Sainte-Mélanie comptèrent longtemps, comme ailleurs dans les campagnes québécoises, autant de fermes que de maisonnées. Dans une perspective d’autosuffisance, plusieurs, si ce n’est pas tous les habitant.e.s du coin, établirent de petits vergers domestiques d’environ une dizaine d’arbres.

Celui qui m’est le plus familier demeure celui de la ferme (l’une des deux seules restantes du rang) où ma famille s’est installée en 1986 et qui fut baptisée « Ferme des Arpents roses ». C’est bien plus tôt, à l’époque où elle fut habitée par des générations des familles Rivest et Panneton, que le verger a dû être implanté. À notre arrivée, les pommiers attenants au poulailler étaient déjà matures.

Aux dires de Mme Cécile Pitre, nièce de Joseph Rivest (propriétaire des lieux jusqu’en 1972), on y trouvait autrefois des pruniers, en plus des pommiers. Elle se souvient que des pommes du verger étaient vendues au marché public, au centre-ville de Joliette.

Il n’y a plus que 4 survivants sur la bonne douzaine de troncs qu’on peut compter sur la vieille photo ci-bas, datant des années 1960. (Gracieuseté de Mme Claudette Gravel, veuve de Michel Rivest, fils adoptif de Jos Rivest).

Quelle diversité de variétés et de types de pommes y avait-il au départ ? Il ne reste que des arbres portant des pommes d’été (hâtives), dont une qui a tout pour être de la ‘Jaune Transparente’, dont on trouve encore quelques spécimens et descendants issus de semis naturels dans la région.

Leur âge exact ne nous est pas connu, et ne le sera probablement pas avant la mort définitive des pommiers. On pourra alors, en coupant la base du tronc, en compter les anneaux de croissance et savoir assez précisément leur année de plantation.

À voir leur allure toutefois, on se doute qu’ils sont probablement pas loin de centenaires.

C’est en bonne partie des pépins de leurs fruits que doivent avoir germé des centaines de pommiers sauvages, éparpillés un peu partout dans les marges et lisières en friches de la ferme.

5 septembre 2021

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Histoire Littérature Pomologie

LA BIBLIOTHÈQUE DU MINISTÈRE #9

« Potagers d’Antan » – chroniques sur variétés de pommes anciennes

Au-delà des bouquins, la bibliothèque du Ministère des Friches et des Pommeraies compte des références sur d’autres médiums : pages web, film documentaire, etc.

Passionné par les variétés anciennes, le blogueur Michel Rivard anime depuis 2010 la page web « Potagers d’Antan« , où il a publié quelques articles à propos d’anciennes variétés de pommes qui ont été jadis cultivées et populaires au Québec.

Il s’agit d’excellents compléments d’informations aux fiches du livre « Les pommes de chez nous » (Voir « LA BIBLIOTHÈQUE DU MINISTÈRE – 8« ).

Michel Rivard y recense et présente des éléments de l’histoire des huit variétés suivantes :

30 août 2021

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Histoire Littérature Pomologie

LA BIBLIOTHÈQUE DU MINISTÈRE #8

« Les pommiers de chez nous »

C’est dans la riche section agricole de la bibliothèque du Cégep de Victoriaville, en scrutant la sous-section fruitière, que j’ai découvert ce précieux ouvrage.

Fruit (permettez moi le jeu de mots …) de plusieurs années d’investigations, c’est le résultat du travail formidable coordonné par Shahrokh Khanizadeh et Johanne Cousineau, alors chercheurs pour Agriculture Canada.

Publié en 1998, ce livre se vend bien cher (100$), mais en fouillant assez longtemps j’ai pu trouver une page web qui en offre une version numérique gratuite.

Leur inventaire et les fiches descriptives de ces variétés anciennes est ce qu’il y a de plus complet en la matière concernant le Québec et le Canada.

C’est un outil incontournable pour tout.e pomologue amateur.e qui veut s’essayer à l’identification variétale des vieux pommiers de sa connaissance.

PS – Il existe par ailleurs deux documents similaires à propos de variétés anciennes de fraises et de prunes !

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Histoire Littérature Pomologie

LA BIBLIOTHÈQUE DU MINISTÈRE #7

Apples and the art of detection de John Bunker

« Les pommes et l’art de la détection » de John Bunker

Au printemps 2020, alors que s’entamait le Grand Confinement, je venais de passer quelques mois d’intensives recherches et lectures autour de la pomme, dans la littérature (scientifique, botanique, historique, etc). Les variétés anciennes, leur redécouverte et leur conservation ont vivement suscité mon attention, partant du Québec avec des détours par la France, l’Angleterre, l’Irlande, les États-Unis et la Russie, entre autres. J’ai pris de nouveau conscience de mon ignorance des cultivars anciens de Malus qui se trouvaient dans mon environnement le plus immédiat, d’abord celui du vieux verger de la ferme où j’ai grandi – où j’étais enfin de retour après mes années d’études et de pérégrinations.

Au début mai, après avoir découvert les travaux de John Bunker, détective et historien de la pomme dans le Maine, je me suis fait un beau cadeau en me procurant son dernier bouquin : « Apples and the Art of Detection ». C’est clairement le plus cher payé des livres que j’ai acquis dans ma vie. Édité à compte d’auteur, richement illustré (de photographies, de fabuleusement réalistes représentations peintes de variétés de pommes, d’aquarelles de l’auteur), bourré d’histoires et d’informations rares sur des variétés autrefois populaires et tombées dans l’oubli – il vaut amplement les quelques 80$ déboursés, incluant les faramineux frais de transport, pour en obtenir une copie.

Parsemée de citations de Sherlock Holmes, il s’agit de l’oeuvre d’un enquêteur pomologique, auteur et pépiniériste de renom en Nouvelle-Angleterre. L’oeuvre d’une vie consacrée à la remise en valeur des variétés anciennes qui étaient cultivées localement.

Ainsi, je ne pouvais que rêver de faire de même par chez nous, partant du haut du rang Saint-Albert de Sainte-Mélanie et ses environs, où se trouvent encore des dizaines de pommiers fort probablement plus vieux qu’aucun.e habitant.e encore vivant.e !

Nouvelle mission personnelle depuis : connaître autant que faire se peut les noms et les histoires de ces variétés qui transcendent les générations, vu la longévité de leurs racines et de leurs troncs.

27 août 2021

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LA BIBLIOTHÈQUE DU MINISTÈRE #6

Vieilles brochures du MAPAQ et d’Agriculture Canada

Au printemps 2020, j’ai commencé à divulguer certains résultats de mes recherches pomologiques à mon proche entourage.

Voyant l’enthousiasme et la passion avec lesquels je m’y investissais, ma mère m’a gracieusement offert quelques documents que mon père et elle avaient fait venir par la poste, dans les années 80, en provenance des ministères concernés par l’arboriculture fruitière. Un petit trésor à mes yeux.

En plus d’y trouver des informations encore pertinentes aujourd’hui, il s’agit de pièces d’archives des plus intéressantes. Coup de coeur particulier pour « L’Histoire de la pomologie au Québec », rédigée par l’agronome Jean-Baptiste Roy pour le compte du MAPAQ en 1978. Avec une couverture comme il ne s’en fait plus : rouge et or, incluant des fioritures au H majuscule de l’Histoire.

On peut y lire :

« En 1694, le Père Chauchetière, de Ville-Marie, rapporte :

Les pommiers sauvages et de pépins portent de fort bonnes pommes… On a vu cette année un pommier chargé de grosses pommes en juin et qui avait une de ses branches tout en fleurs 》

« En 1925, le professeur T.G. Burlington, du Collège Macdonald, affirme :

Dans cette province, il n’y a pas bien longtemps, il y avait des pommiers de variété Fameuse dépassant notablement la centaine d’années et qui, malheureusement, succombèrent pendant le rigoureux hiver 1917-1918

Il disait détenir la preuve que certains pommiers avaient vécu plusieurs siècles. Selon lui, il existait en Nouvelle-Écosse un arbre d’environ 150 ans qui, en 1925, était encore en bonne santé et produisait abondamment. Aux États-Unis, on aurait eu des pommiers de 200 ans d’âge. »

La petite collection ministérielle compte aussi « Le verger domestique », de l’agronome Gilles Lasnier, publié par ce Ministère qui, en 1971, s’appellait encore « de l’Agriculture et de la Colonisation du Québec » !

25 août 2021

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Histoire Projets et collaborations Vergers

LA GENÈSE DU MINISTÈRE #4

4e (et dernière) partie

Hiver 2021.

Plongé dans des recherches généalogiques, particulièrement à propos du mystérieux Benoni Beauregard de St-Ambroise-de-Kildare. Né de parents inconnus … (tiens tiens, ça me rappelle les pommes sauvages ça…) – dont je suis l’un des descendants. Un document sur le patrimoine bâti du village (La mémoire des rangs), que mon frère avait pu feuilleter, révèle la présence historique d’un verger à proximité du cimetière. Quand j’ai su qu’il y avait possiblement des vestiges, je me suis vite rendu sur place. Ébahi devant les arbres immenses que je découvrais, j’ai ouvert une enquête pomologique.

Cette histoire, que j’ai racontée et publiée sur ma page Facebook personnelle en février dernier, a suscité un grand nombre de réactions enthousiastes. Mon récit a été pas mal partagé, jusque dans des groupes à teneur agricole basés dans d’autres régions du Québec, inspirant plusieurs à s’intéresser aux vieux Malus de leur coin de pays et à essayer d’en identifier les variétés. De quoi m’encourager à poursuivre mes investigations sur ces arbres dont je suis tombé amoureux.

Printemps 2021.

Cherchant à dresser un portrait d’ensemble de la pomiculture dans Lanaudière, j’ai contacté tous les vergers de la région. Ils ne sont pas bien nombreux et certains ont des activités commerciales encore somme toute peu développées.

J’avais l’intention d’y trouver des opportunités d’apprendre, en les pratiquant, des techniques de taille de pommiers. En complément essentiel à la théorie acquise à l’école et dans les livres. Bénévolement ou contre rémunération, selon les possibilités.

C’est ainsi que j’en suis venu à me faire offrir un emploi pour la saison, à temps plein, chez Qui Sème Récolte, à Saint-Jean-de-Matha. Une occasion inespérée de travailler dans le domaine, près de chez moi, en touchant à toutes les opérations de la conduite d’un verger de pommes, d’avril à la fin de l’automne. Et pour le seul verger-cidrerie de la région, en plus.

Été 2021.

Ma relation d’emploi tire déjà à sa fin – d’ici la fin août, chômeur je redeviendrai.

Les aléas climatiques, la moindre rusticité de certains cultivars et possiblement l’emplacement géographique du verger ont eu raison des fruits cette année. Le gel tardif de la fin mai a été fatal pour la majorité des petites pommes qui s’étaient formées. Au sol, elles sont presque toutes tombées. Une catastrophe pour des producteurs dont ce serait la principale source de revenus … Mes employeurs ont pu retenir mes services jusqu’à présent, mais sans auto cueilleurs et auto cueilleuses à accueillir et diriger, l’ouvrage à me donner en vient à manquer.

Par chance et coïncidence, la saison est assez exceptionnelle merci du côté des pommiers délaissés, ceux qui se débrouillent avec les moyens du bord. Ceux issus de pépins, qui ont réellement été semés. Les individus qui portent fruits, nombreux, sont chargés comme jamais. Une voisine, qui habite le secteur depuis plus de 50 ans, me disait n’avoir jamais vu autant de pommes dans ses arbres centenaires. Idem dans le vieux verger de la ferme, chez nous. Mes excursions ailleurs confirment la même phénoménale prodigalité des pommiers cette année.

Vivement du temps pour s’y consacrer !

PS – L’inspiration du nom est due à un échange estival avec ma cousine Sophie, laquelle a qualifié mes entreprises pomologiques de « Ministère de la pomme ». Appellation qui m’a fait bien rire et que j’ai tôt fait de modifier afin de le rendre plus conforme à ses ambitions.

17 août 2021

Catégories
Cidre Histoire Littérature Projets et collaborations Vergers

LA GENÈSE DU MINISTÈRE #1

1ère partie

Il y a toujours eu des vieux pommiers sur la ferme où j’ai grandi (ferme des Arpents Roses, à Sainte-Mélanie). De vénérables centenaires spécimens de l’espèce Malus, implantés sans doute peu après l’établissement de la ferme, à la fin du 19e siècle. Un petit verger qui, à l’arrivée de mes parents en 1986, comptait plus d’une demi-douzaine de vieux pommiers. De ceux-ci, il n’en reste plus que quatre aujourd’hui. L’un d’eux a fendu en 2018 et s’est abattu sur la clôture à côté. C’est celui qui porte des pommes « blanches » (pommes d’été) que le fermier Joseph (dit Jos) Rivest vendait naguère au marché public de Joliette. L’arbre a toujours de la vigueur, la sève y circule encore au moins un peu, mais ses jours sont comptés. Tout comme ceux de ses trois comparses, arbres vieillards qui ne sont plus dans la force de l’âge, leur sénescence bien entamée …

Dans mon enfance, sous ces arbres attenants au poulailler, picoraient volailles et pacageaient en toute convivialité les cochons engraissés de l’année, grossis notamment de toutes ces pommes tombées au sol où ils fouissaient. Des clients de la ferme, acheteurs de la viande de ces porcidés (qu’enfants nous baptisions candidement parfois « Bacon », « Jambon » ou autres sobriquets évoquant leur finalité) ont parfois même rapporté avoir reconnu des arômes de pomme dans les pièces de cochon qu’ils goûtaient ! Le bon goût du terroir du verger … Des pommes que nous mangions aussi, un peu, à mon souvenir, toujours bien quelques croquées.

J’ai tant grimpé dans ces grands arbres noueux et tordus, quand j’étais petit, heureux comme un primate dans son habitat naturel. Un profond attachement à eux, ces ancêtres des lieux faciles à escalader, sur lesquels je pouvais me percher ou me suspendre.

***

Au mois d’août de mon voyage chez les indigènes paysans zapatistes du Chiapas (Mexique) en tant que délégué de l’Union paysanne, à l’été 2007, j’ai tendu mon nouveau hamac entre deux de ces pommiers, me raccordant au sol et au ciel, au passé et au futur, et bien rêvé.

***

Il y a une dizaine d’années, par coïncidence avec la publication d’une première traduction française du « Wild apples » d’Henry David Thoreau, je prenais vraiment conscience de nombreux pommiers sauvages présents dans mon environnement immédiat. Sur la ferme, le long des rangs, en fait un peu partout près de pâturages, dans les friches, des lisières de boisés : nombre de lieux négligés où poussent ces arbres fruitiers tout aussi méprisés … Le piémont lanaudois (et plus largement, laurentien) en est parsemé, de ces pépins, semés, disséminés à travers les fientes des oiseaux, bouses de vaches, crottins de chevaux et autres déjections de mammifères frugivores ou omnivores. Quadrupèdes ou bipèdes, volatiles ou terrestres, tous se délectent et déjectent du Malus domestica, en des trajectoires insoupçonnées. La sélection naturelle s’en charge. Comme le naturel ne lui est généralement pas autorisé, le genre de la pomme trouve dans les marges du territoire cultivé des occasions de s’exprimer librement, s’adaptant aux conditions géo-climatiques nordiques avec grands succès.

La lecture du texte élogieux de Thoreau (version originale ici) à propos des pommes sauvages m’a profondément marqué. L’un des rares textes que j’aie relu plusieurs fois, lequel m’a permis de mieux voir ces arbres, d’en goûter et apprécier les fruits. D’autant plus qu’un ami, équipé de cuves de fermentation, ajoutait alors une presse à pommes, aussi dotée d’un broyeur, à son attirail de transformation alimentaire …

Nous avons, autour de 2010, entrepris de récolter de ces pommes sauvages (par centaines de kilos) et d’en extraire le jus. Une partie fut mise en cuves de fermentation et furent élaborés artisanalement, simplement, des cidres de pommes du terroir régional … Corvées de pressage et d’embouteillage entre ami.e.s. Cidres à boire et partager entre ami.e.s également. L’idée d’en faire une activité lucrative nous avait plus qu’effleuré l’esprit …

Toutefois, les lois et règlements en vigueur ne nous semblaient pas permettre d’envisager une aventure commerciale avec le cidre de pommes sauvages, puisque l’une des conditions pour obtenir le permis de production artisanale consiste à exploiter au minimum 1 hectare de verger.

15 août 2021