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COLLABORATIONS INITIÉES EN 2021 #1

Roland Joannin et La Pomme de demain

Par l’intermédiaire de cette page et des publications d’Yvan Perrault à propos de nos trouvailles de pommes sauvages à Saint-Ambroise-de-Kildare, j’ai eu l’immense chance et plaisir d’attirer l’attention et d’établir un excellent contact avec Roland Joannin cet été. Cet arboriculteur, hybrideur et conseiller pomicole est une bébitte unique dans le paysage pomologique québécois ! Depuis 35 ans, il oeuvre à créer de nouvelles variétés adaptées au climat, résistantes, savoureuses et inusitées, répondant aux attentes des producteurs et consommateurs.

https://www.facebook.com/lapommededemain

Il a fondé La Pomme de Demain en 1986, un collectif de producteurs de pommes, dont il est le maître d’oeuvre passionné, hybrideur et reproducteur en chef. L’organisme à but non lucratif a jusqu’à présent deux variétées brevetées à son actif : Rosinette et Passionata. Sans compter plusieurs autres variétés nommées, dont la Ò:İASE, pour mettre en valeur la communauté mohawk voisine, à Oka. Il y aurait tant à dire sur lui et ses démarches ! Une recherche Google avec son nom et le nombre d’articles qui lui ont été consacrés en témoigne.

Au courant du mois d’août, dès les premières publications, M. Joannin a découvert la page du Ministère des Friches et des Pommeraies. Il a vraiment trippé, et il est entré en contact avec moi, humble serviteur des Malus dans ma biorégion, pour m’offrir une généreuse contribution. Afin de soutenir mes efforts pour sélectionner et reproduire des variétés d’intérêt parmi les pommeraies et vergers abandonnés des rangs lanaudois, il m’a offert de me commander une centaine de porte-greffes. En échange de quoi je lui fournirai, le printemps prochain, des scions de quelques arbres dont les pommes ont des caractéristiques qui l’intéressent.

Je suis allé le rencontrer chez lui, à St-Joseph-du-Lac, au début du mois de septembre. À bord de son pickup, nous avons fait une virée à travers ce haut-lieu de la pomiculture au Québec. Il m’a fait visiter plusieurs parcelles expérimentales où il mène ses recherches et développements, toutes situées chez des producteurs de pommes avec qui il a noué des partenariats, où croissent des pommiers issus de semis ou de ses croisements, par milliers. Nous avons croqué des dizaines de variétés uniques, en rafale, plus d’une heure durant.

Lorsqu’il m’a présenté à un jeune cidriculteur avec qui il collabore pour développer de nouvelles variétés de pommes à cidre, il m’a qualifié d’abord « d’aussi fou que lui-même », puis s’est repris pour dire que j’étais peut-être « plus fou que [lui] encore ! », racontant comment j’avais entrepris de géoréférencer les pommiers sauvages de ma région ! Dans les éclats de rires, les compliments reçus droit au coeur, dans l’appréciation mutuelle. Rencontre qui s’est conclue par une dégustation de cidres houblonnés. Je suis revenu vers Lanaudière encore plus inspiré, la joie au coeur, avec le reste des bouteilles ainsi qu’un sac de délicieuses pommes issues des sélections et croisement opérés par Roland et ses acolytes depuis des décennies et fraîchement cueillies de sa main. Sans oublier la promesse de se retrouver au mois d’avril prochain avec des scions de pommiers sélectionnés par mes soins et prélevés d’ici là (en mars), afin de procéder au greffage sur table avec les porte-greffe de M111, en sa compagnie, à St-Joseph-du-Lac !

Merci à ce pionnier innovateur pour son généreux soutien
à mes entreprises pomologiques !

Emmanuel Beauregard,
pour le Ministère des Friches et des Pommeraies

16 janvier 2022

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Bretagne Cidre Cueillette Histoire Projets et collaborations Rencontres

LA GENÈSE DU MINISTÈRE #2

2e partie

Cueilleur de pommes de métier (saisonnier), je le suis devenu dans la dernière décennie, en particulier les 5 derniers automne. Dans des vergers commerciaux de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de la région de la capitale nationale. Pour assurer ma subsistance pendant mes années d’études en agriculture bio, sur des productions pomicoles paradoxalement la plupart du temps conventionnelles (qui domine le terrain, le marché ?), utilisant tout l’arsenal de lutte chimique afin de répondre aux standards esthétiques attendus de leurs fruits sur le marché de la pomme à dessert, même à jus. J’ai passé quelques saisons à cueillir les fruits des Vergers et Cidrerie Saint-Nicolas, puis travaillé aussi quelques mois sur la chaîne d’embouteillage de cette entreprise beaucoup plus industrielle qu’artisanale.

En 2017, j’ai eu l’occasion de planter quelques dizaines de poiriers et pommiers sur une nouvelle parcelle du verger de recherche bio du CETAB+ à Victoriaville. Parmi d’autres travaux pratiques pour lesquels j’ai eu la chance d’être employé. Quelques heures également de recherche, lecture et traduction d’extraits d’articles scientifiques traitant de couvre-sols en arboriculture fruitière.

***

À l’automne 2017, j’ai vécu deux mois en stage sur une ferme
paysanne bio diversifiée (élevage bovin laitier, maraîchage et
petit pré-verger) en Bretagne, accueilli par la famille Guillou de
Saint-Evarzec, dans une région ou la culture de la pomme fait partie intégrante du terroir et des traditions locales.

À Enez Raden (« L’île aux fougères », en Breton), la ferme où j’étais, et ses environs, j’ai eu l’occasion de récolter des pommes de variétés à cidre et de les presser avec un équipement antique, pour en extraire le jus, lors d’une très longue soirée avec les deux frères Guillou, Fanch et Julien.

Au cours des derniers jours, avant de quitter pour la suite de mon voyage en France, j’ai aussi eu le plaisir de me joindre à toute la famille Guillou pour la plantation d’une nouvelle parcelle de pré-verger (forme d’agroforesterie associant pâturage de ruminants – vaches ou moutons – et verger), officiant notamment à titre de photographe.

***

Mes emplois d’été 2017 et 2018 furent accomplis sur des fermes
fruitières biologiques du Québec, sélectionnées pour m’inspirer
dans mes projets, alors en conception, de productions fruitières
diversifiées. J’ai rédigé un plan d’affaires en polycultures fruitières (fruits bio, petits et gros, incluant des melons) en guise de conclusion de mes études, remis au printemps 2019. Dans l’idée de miser sur des cultures qui produisent des fruits (donc des revenus) à plus court terme, les seuls arbres, parmi les presque dix espèces du projet, sont des amélanchiers, lesquels sont déjà présents sur la ferme. Les pommes, cultivées ou sauvages, étaient restées en suspens …

16 août 2021

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Dégustations Explorations Projets et collaborations Rencontres

À LA DÉCOUVERTE DU MONDE MERVEILLEUX DES POMMES SAUVAGES

Récente rencontre exploratoire avec un autre pomologue local, Yvan Perreault, qui partage l’enthousiasme du Ministère pour les pommes sauvages et variétés anciennes.

Ce n’est que le début !

À LA DÉCOUVERTE DU MONDE MERVEILLEUX DES POMMES SAUVAGES.

« Je crois bien que je n’aurai jamais vu d’automne s’annonçant aussi prometteur que celui de 2021 pour la quantité de pommes sauvages que TOUS les pommiers oubliés dans une friche voisine de chez nous s’apprêtent à produire, il y en aura vraiment pour tous les goûts! Je viens de m’en rendre compte il y a une semaine en allant m’y promener avec Emmanuel Beauregard, qui travaille fort pour les remettre bientôt en valeur sur le plan patrimonial au coeur du village de Saint-Ambroise-de-Kildare. On en a croqué une bonne douzaine de variétés différentes, je vous glisse un mot sur nos découvertes souvent étonnantes… »

Yvan Perreault


12 août 2021

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Explorations Histoire Pomologie Projets et collaborations Rencontres

UNE ENQUÊTE POMOLOGIQUE

Cet hiver … c’est à travers des recherches généalogiques autour de mes arrière-grand-pères Beauregard de Saint-Ambroise-de-Kildare que j’ai commencé à réaliser un rêve. Celui de dénicher de vieux vergers à l’abandon, ou des traces de ceux-ci, dans Lanaudière.

Il se trouve que derrière l’ancien couvent des Soeurs de Ste-Anne (démoli en 1970), il y avait un verger. J’en ai appris l’historique existence via le livret « La mémoire des rangs » réalisé par le comité sur la conservation du patrimoine de Saint-Ambroise-de-Kildare.

Je suis rapidement allé voir sur les lieux. Une petite marche sur l’avenue Sicard, derrière l’hôtel de ville, tout près du cimetière, à l’ouest de celui-ci.

Ébahi, j’ai constaté la présence d’un peu plus d’une dizaine de grands pommiers, au milieu de cette zone depuis longtemps reprise en friches. Un boisé au sein duquel survivent quelques vénérables Malus étiolés, cherchant en hauteur la lumière. Quels soins ont-ils reçus au cours des 50 dernières années ? Visiblement bien peu, si ce n’est aucun.

Mes recherches se sont alors tournées vers l’identification des propriétaires du terrain. J’ai contacté l’un des co-auteurs de l’ouvrage « La mémoire des rangs », qui en venait à la même évidence que moi : ou bien le terrain appartient à la municipalité, ou alors il s’agit d’une propriété de la Fabrique de la Paroisse.

J’ai donc adressé des courriels aux deux institutions, leur expliquant ma trouvaille et l’intérêt de préserver ces arbres qui relèvent, à mon sens, du patrimoine horticole et agroalimentaire de la paroisse, voire même de la région.

Ainsi, j’ai informé l’inspectrice municipale de l’existence de ces vieux arbres fruitiers, situés à quelques dizaines de mètres seulement des édifices municipaux. Elle s’est montrée bien intéressée à en savoir plus et m’a signalé que c’est bien la « Fabrique » qui est propriétaire des lieux.

Quelques jours plus tard m’arriva une réponse provenant du curé lui-même de la paroisse Sainte-Anne (Ste-Mélanie, St-Ambroise et Sainte-Marcelline-de-Kildare). Il m’affirmait trouver cela très intéressant, et me proposait qu’on aille marcher ensemble pour voir les pommiers de plus près.

Cela fut fait il y a deux semaines. J’ai rencontré l’abbé Nicolas Tremblay sur place. Nous avons pu admirer la quinzaine de pommiers et discuter de nos visions quant à l’avenir de ce terrain.

En bref : nous imaginons un espace public appartenant à la communauté, où chacun.e serait libre de venir y cueillir les fruits.

À l’approche de Pâques, il aime bien l’idée qu’on puisse leur donner une seconde vie … 😉

Suite à une récente rencontre du comité de la Fabrique, M. le curé m’a accordé l’autorisation de commencer à prendre soin des pommiers (dégagement, taille). Je serai bientôt mis en contact avec la personne responsable de l’aménagement du pourtour du cimetière.

Lorsque j’ai rappelé à l’abbé la manière dont j’ai découvert l’existence de cet ancien verger (par l’intermédiaire de mes recherches généalogiques), il m’a fait rire avec sa blague :

– Si tu continues comme ça, tu vas te rendre jusqu’à Adam et Ève ! » 😜

Vive l’Arbre de la Connaissance (par-delà bien et mal, par contre) !!!

D’ailleurs, mon enquête pomologique n’en est qu’à ses balbutiements… Arrivera-t-on à identifier d’anciennes variétés de pommes, tombées dans l’oubli depuis des décennies ? Il s’agit peut-être aussi de « seedlings » ou « pippins » (des arbres partis de semis quoi) comme y disent aux États-Unis. Soit des pommiers aux variétés uniques, qui n’ont pas été greffées …

Une histoire à suivre … en particulier à l’automne !

1er avril 2021