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LA RÉGION DE LANAUDIÈRE REPRÉSENTÉE AU 111e CONCOURS DE CIDRE DE FOUESNANT, EN BRETAGNE

Il y a peu, je cherchais une personne pour livrer un précieux colis jusqu’à Québec… De quoi s’agissait-il donc ?

Eh bien, celles et ceux qui ont suivi mes publications printanières savent que j’ai séjourné quelques semaines en Bretagne cet hiver. L’objet de ma visite était notamment de visiter plusieurs cidreries, question de me laisser inspirer par les savoir-faire cidricoles de Cornouaille.

Mon guide dans ce pays de cidres, Mark Gleonec, m’avait mentionné la tenue du 111e concours de cidre de Fouesnant, à l’été 2024. Il s’agit du plus ancien concours de cidre au monde, lequel comporte chaque année deux catégories de participants, tous producteurs de cidres des terroirs du Finistère : professionnels et amateurs.

Cette année, exceptionnellement, une nouvelle catégorie s’ajoute au concours : des cidriers amateurs d’autres terroirs de la planète !

https://www.111econcoursdecidre.com

C’est ainsi qu’en mai j’ai reçu un courriel de Claude Jolicoeur, « notre » (il est québécois) expert international du cidre, m’invitant à faire parvenir des bouteilles lanaudoises à ce concours !

Jolicoeur y sera l’un des juges, et s’est offert pour transporter quelques bouteilles d’amateurs du Québec. J’étais prêt à contacter tous mes comparses cidriers amateurs de Lanaudière pour collecter des bouteilles de leurs meilleures cuvées. Toutefois, vu l’espace limité dans la soute à bagages, et lors du concours en tant que tel, j’ai dû restreindre la sélection à seulement deux bouteilles : l’une des miennes ainsi qu’une bouteille d’Éric Hébert. Ce dernier, cidrier amateur le plus expérimenté de Lanaudière (depuis plus de 35 ans !), était l’hôte de la « Grande dégustation de pommes sauvages à potentiel cidricole » que j’organisais l’automne dernier, chez lui à St-Jean-de-Matha. Notre rencontre avec Claude Jolicoeur et Mark Gleonec nous a ouvert cette formidable porte, ce privilège !

Bouteille d’Éric Hébert, artisan cidrier de Saint-Jean-de-Matha.

Du Québec, en plus des nôtres et de l’une de ses propres bouteilles, Jolicoeur s’est chargé de transporter une bouteille de Louis Gauthier, un cidrier gaspésien qui anime avec ses collègues une sérieuse démarche de sélection de pommes sauvages à fort potentiel cidricole.

Merci à l’amie Mylène Samson, mon ex belle-soeur, et ex belle-fille d’Éric Hébert (!) qui s’est chargée de transporter nos précieuses bouteilles « de compétition » jusqu’à Claude Jolicoeur, dans la ville de Québec. Claude et son épouse Banou ont pris l’avion en direction de Paris le 14 juillet avec les bouteilles dans leurs bagages, et les voilà sans doute aujourd’hui arrivés sur les rivages du cidre de Cornouaille, au bout de la pointe de Bretagne.

Le concours se tiendra dans quelques jours seulement : le week-end prochain (19 et 20 juillet). Bien que ma participation soit sans la moindre prétention, ni aucune attente, je vous tiendrai bien sûr au courant des résultats et impressions suscitées par nos cidres de pommes sauvages lanaudoises !

PS – Les photos ci-bas donnent à voir ma bouteille, ainsi que celle d’Éric Hébert.

16 juillet 2024

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PARTAGE AMICAL SUR LA TAILLE DES POMMIERS SAUVAGES

Le dimanche 2 avril dernier, sous le thème de la taille de pommiers sauvages, un groupe d’une dizaine de mordus de la pomme et de personnes avides d’apprendre s’est réuni à l’invitation d’Éric Hébert, chez lui, au bout d’un vieux rang de colonisation de St-Jean-de-Matha.

Cette activité amicale d’échange entre passionnés découlait d’une présentation sur les pommes sauvages, coanimée par le paysagiste spécialisé en aménagements comestibles Etienne Nault-Beaucaire, le pépiniériste et arboriculteur fruitier Jonathan Bordeleau (Pépinière Bordeleau) ainsi qu’Éric Hébert, laquelle s’est tenue durant la Fête des semences de Lanaudière, à la fin février.

Il faut souligner qu’Éric est un descendant direct de Louis Hébert, le célèbre premier colon du pays, présumé avoir apporté de Normandie les premiers pommiers en Nouvelle-France, autour de 1617…

Pionnier d’un autre type, depuis 30 ans, sur sa propriété mathaloise, Éric Hébert a dégagé des centaines de pommiers sauvages de la forêt (une friche de quelques décennies, qui était jusqu’au début des années 70 un pâturage). D’août à octobre, il en cueille les pommes au sol, et a développé l’art d’en tirer de très bons cidres, en produisant autour de 1000 bouteilles par année, pour la consommation familiale et amicale.

L’artisan brasseur Steven Bussières, copropriétaire de l’Albion, qui développe aussi des projets de cidrerie avec des pommes sauvages, y était aussi, enthousiaste, là pour apprendre et prenant conscience de l’ampleur de la tâche, ne serait-ce que pour la taille des arbres (formation et entretien).

En restant là un peu plus longtemps que la moyenne des ours, je suis reparti avec quelques greffons, de certains des pommiers qui nous ont été brièvement présentés par l’artisan cidrier. Elles n’ont pas encore été baptisées, et je n’ai pas eu l’occasion de les goûter l’automne dernier, mais pourquoi pas essayer quelques surprises … Je pense que l’une de ses championnes, de ses favorites, devrait s’appeler la ‘Hébert’, en son honneur et en hommage à son illustre ancêtre (dont la légende en fait le premier pomiculteur du Canada, voire importateur de l’espèce Malus domestica en Amérique du Nord) !

Avec l’ami Mayo Hébert, fils d’Éric, on s’est éclipsés avant le coucher du soleil pour aller récolter, à quelques km de là, une poignée de scions d’un sauvageon de bord de rang qu’il a repéré, tout près de chez lui, et dont la variété a été baptisée, simplement, sous l’inspiration du moment, en considérant son emplacement ainsi que les caractéristiques que l’ami me décrivait : « Belle Montagne Russet ». Elle sera assurément reproduite (greffée), et j’ai bien hâte de la voir de mes propres yeux pis de la goûter de mes propres papilles !

10 avril 2023