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Saison de cueillette de pommes 2024

J’exerce ma passion pomologique à temps partiel, à travers les moments libres, hors du travail salarié qui rémunère sur une base régulière, mais qui pas nécessairement ne libère.

En marge des routes, le long des rangs de Mattawinie, de Brandonie ou d’ailleurs, en explorant le pommage du piémont Lanaudois, prêt à cueillir en masse.

Les activités que je mène en lien avec les pommiers de la région me sont sources de rencontres (et de joies), bien plus encore que de revenus. Chaque année il y a des surprises, de nouvelles personnes qui se trouvent sur le chemin, qui m’en apprennent, m’accueillent, m’ouvrent leurs portes et leurs pommiers, petits vergers ou parcelles en friches où ont proliféré les sauvageons de l’espèce Malus. Des pommes aussi toujours que je rencontre pour la première fois, et pour lesquelles j’ai un coup de cœur.

Rencontre de nouveaux coins de pays également, de bouts de rangs, racoins de paroisses, qui m’étaient inconnus, ou pas si familiers. Découverte de ce qui se passe, se vit, ce qui pousse autour, quelle variétés d’hommes, de femmes et de pommes donne le territoire rural de ma région. C’est de la recherche sur l’histoire locale, la pomiculture domestique des ancêtres colons, sur la culture et la mémoire vivante, de l’anthropologie sociale et culturelle et de la géographie sociale, humaine, par le biais du pommier, de sa généalogie, de son bagage génétique inusité, inextinguible, si on le laisse s’exprimer.

Parmi différentes personnes rencontrées au fil de la saison, j’ai pu croquer le portrait de Mme Françoise Desrosiers au pied de l’arbre qu’elle a planté il y a 70 ans, et de Jocelyn Grégoire croquant la pomme issue d’un arbre qu’il a involontairement semé, dans un ancien pacage à vaches, il y a quelques cinquante ans.

C’est près d’une centaine d’arbres (et de variétés différentes, pour la plupart uniques) dont j’ai cueilli les fruits cette année. Au moins deux tonnes de fruits ont transité dans mes mains et les caisses, et près de 700 litres de jus extraits de mes récoltes.

Voici, un peu pêle-mêles, en vrac quoi, des dizaines de photos de ma saison de cueillette, à travers des dizaines de talles, d’arbres solitaires ou de groupements de pommiers, sauvages ou plantés de longue date, à travers le territoire et ses paysages, longeant ou prenant pied fermement dans le piémont lanaudois, partant de Sainte-Mélanie pour me rendre à St-Jacques-de-Montcalm ou Sainte-Émélie-de-l’Énergie, jusqu’à Joliette et Saint-Didace, en passant par Sainte-Béatrix, St-Jean-de-Matha, St-Alphonse-Rodriguez, Rawdon, Saint-Ambroise & Sainte-Marcelline de Kildare, Saint-Gabriel-de-Brandon, Saint-Cléophas, sans oublier Saint-Félix-de-Valois.

Dans la remorque, sous l’échelle, les récoltes quotidiennes s’empilaient. Bien identifiées.

28 novembre 2024

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Cueillette Explorations

Pommes sauvages 2021

Trois variétés uniques, cueillies d’autant de sauvageons aux abords d’un vieux verger du rang St-Albert de Sainte-Mélanie.

Des profils aromatiques distincts, du potentiel de transformation c’est certain !

6 septembre 2021

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Bretagne Cidre Cueillette Histoire Projets et collaborations Rencontres

LA GENÈSE DU MINISTÈRE #2

2e partie

Cueilleur de pommes de métier (saisonnier), je le suis devenu dans la dernière décennie, en particulier les 5 derniers automne. Dans des vergers commerciaux de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de la région de la capitale nationale. Pour assurer ma subsistance pendant mes années d’études en agriculture bio, sur des productions pomicoles paradoxalement la plupart du temps conventionnelles (qui domine le terrain, le marché ?), utilisant tout l’arsenal de lutte chimique afin de répondre aux standards esthétiques attendus de leurs fruits sur le marché de la pomme à dessert, même à jus. J’ai passé quelques saisons à cueillir les fruits des Vergers et Cidrerie Saint-Nicolas, puis travaillé aussi quelques mois sur la chaîne d’embouteillage de cette entreprise beaucoup plus industrielle qu’artisanale.

En 2017, j’ai eu l’occasion de planter quelques dizaines de poiriers et pommiers sur une nouvelle parcelle du verger de recherche bio du CETAB+ à Victoriaville. Parmi d’autres travaux pratiques pour lesquels j’ai eu la chance d’être employé. Quelques heures également de recherche, lecture et traduction d’extraits d’articles scientifiques traitant de couvre-sols en arboriculture fruitière.

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À l’automne 2017, j’ai vécu deux mois en stage sur une ferme
paysanne bio diversifiée (élevage bovin laitier, maraîchage et
petit pré-verger) en Bretagne, accueilli par la famille Guillou de
Saint-Evarzec, dans une région ou la culture de la pomme fait partie intégrante du terroir et des traditions locales.

À Enez Raden (« L’île aux fougères », en Breton), la ferme où j’étais, et ses environs, j’ai eu l’occasion de récolter des pommes de variétés à cidre et de les presser avec un équipement antique, pour en extraire le jus, lors d’une très longue soirée avec les deux frères Guillou, Fanch et Julien.

Au cours des derniers jours, avant de quitter pour la suite de mon voyage en France, j’ai aussi eu le plaisir de me joindre à toute la famille Guillou pour la plantation d’une nouvelle parcelle de pré-verger (forme d’agroforesterie associant pâturage de ruminants – vaches ou moutons – et verger), officiant notamment à titre de photographe.

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Mes emplois d’été 2017 et 2018 furent accomplis sur des fermes
fruitières biologiques du Québec, sélectionnées pour m’inspirer
dans mes projets, alors en conception, de productions fruitières
diversifiées. J’ai rédigé un plan d’affaires en polycultures fruitières (fruits bio, petits et gros, incluant des melons) en guise de conclusion de mes études, remis au printemps 2019. Dans l’idée de miser sur des cultures qui produisent des fruits (donc des revenus) à plus court terme, les seuls arbres, parmi les presque dix espèces du projet, sont des amélanchiers, lesquels sont déjà présents sur la ferme. Les pommes, cultivées ou sauvages, étaient restées en suspens …

16 août 2021