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« Pommenades » dans deux vergers anciens de communautés religieuses à Montréal – 16 septembre 2024

De gauche à droite : Richard Archambault, Simone Chen, Emmanuel Beauregard, Sandrine Joannin, Yvan Perreault, Vincent Renaud

Petit groupe de passionnés de pomologie, nous avions été conviés, le 16 septembre dernier, à la visite de deux vergers établis par des communautés religieuses, il y a plus d’un siècle, sur l’île de Montréal. En amont de cette journée se trouvait l’initiative de Simone Chen, coordonatrice de l’organisme montréalais Les Fruits Défendus, un collectif de glaneurs qui récupère et partage les fruits délaissés ou en surplus chez des particuliers, cueillis par des bénévoles d’un bout à l’autre de la métropole.

En fait, il s’agissait d’un appel à nos expertises (sans grande prétention de notre part toutefois) afin d’aider à l’identification des variétés de pommes qui s’y trouvent, depuis longtemps tombées dans l’oubli. C’est en toute humilité tout de même que nous avons d’abord foulé le sol du verger des Soeurs Hospitalières de St-Joseph, derrière l’Hôtel-Dieu de Montréal. Je fut conduit par Yvan Perreault, passager captif de son humour parfois délirant, sur la route entre Lanaudière et la grande ville. Yvan, champion de tous les PFNL, des noix nordiques aux champignons sauvages comestibles, avide d’apprendre, mais qui n’a pas encore acquis la même profondeur de connaissances concernant les variétés de pommes. Nous y avons retrouvé Vincent Renaud, passionné de variétés anciennes de pommes, animateur de différents groupes Facebook, dont « Arbres Fruitiers Québec », « La Société de Pomologie de la Province de Québec » et « Montre moi ta pomme»; Roland Joannin, conseiller en pomiculture, hybrideur et créateur de variétés de pommes québécoises; Sandrine Contant-Joanin, la fille de Roland, ethnologue qui a participé à une étude sur le patrimoine immatériel des Soeurs Hospitalières de St-Joseph; Richard Archambault, horticulteur ayant soin de ces jardins et des pommiers restants et enfin Simone Chen, qui elle aussi connaissait déjà un peu les lieux. Ce site de l’Hôtel-Dieu-de-Montréal, dit « ensemble conventuel des Hospitalières », sur lequel il y aurait long à raconter, a été cédé à la Ville de Montréal en 2017 et a été classé patrimonial par le Ministère de la Culture du Québec tout récemment, en 2024.

https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do…

En pleine action ! En train de savourer, de trancher, d’observer des pommes, un arbre à la fois.

De gauche à droite : Emmanuel, Vincent, Yvan, Roland Joannin

En petite bande, nous nous sommes donc « pommenés », à travers ces arbres qui, pour certains, dépassent possiblement la centaine d’années. La saison 2024 ayant été particulièrement hâtive pour plusieurs espèces fruitières, dont les pommes, il n’y en avait ainsi déjà presque plus dans les arbres en ce jour de la mi-septembre. Nous avons dû nous contenter de celles tombées au sol, et parfois de la seule encore accrochée à une branche du pommier, partagée en quartiers entre chacun.e pour les fins de dégustation. On en a goûté un bon nombre quand même, les avons toutes prises en photo, tant de leur apparence extérieure, sous différents angles, que de l’intérieur, tranchées en leur centre, pour bien observer les formes de leur coeurs, les lignes du coeur, la chair, les pépins, la profondeur de la cavité, etc. Beaucoup de moyennes-grosses pommes rouges à croquer, assez similaires d’un arbre à l’autre. Nous avions tous l’impression que la trentaine d’arbres toujours vivants en ces lieux sont sans doute en bonne partie des ‘McIntosh’ ainsi que des ‘Cortland’. Toutefois, Roland a souligné que certaines pommes avaient de fortes similarités avec la ‘Lobo’ (couleur d’un rouge cramoisi, forme arrondie conique) – une variété qui, après vérification, n’a été commercialisée qu’à partir des années 1930. Nous avons lancé la suggestion au seul employé des lieux parmi notre groupe, Richard, que des analyses génétiques pourraient être réalisées pour identifier avec précision les variétés présentes dans ce verger patrimonial. Il en a pris bonne note, mais la décision revient à un comité de la Ville de Montréal, qui dispose des cordons de la bourse. Il doit leur avoir relayé l’information.

Des apparences de Lobo !
Roland Joannin venait de nous distribuer quelques spécimens de variétés de pommes dont il est l’artisan créateur, la ‘Rosinette’ et la ‘Eureka’ !

Sur la photo : Vincent, Sandrine, Richard, Emmanuel et Roland

***

Dans un second temps, une partie du groupe (Roland, Sandrine et Richard le jardinier) nous a quitté, pour d’autres obligations. Vincent, Yvan, Simone et moi avons repris la route vers le sud, en direction de Lachine, pour y gagner le verger des Soeurs de Sainte-Anne, derrière leur maison mère. Nous y avons été accueillis par Éléonore Escobar, chargée de projets en biodiversité urbaine pour le GRAME, organisme ayant soin de l’entretien minimal du verger. J’ai fait part à mes comparses des pensées qui me traversaient pour mon arrière-arrière-grand-oncle Hildège Beauregard, qui fut à l’emploi des Soeurs de Sainte-Anne à cet endroit même. Mon esprit envisageait une sorte de spectre bienveillant en notre présence, à tout le moins des traces laissées par celui que j’imagine en vieux jardinier des Soeurs, y ayant planté, greffé ou taillé leurs pommiers. Un arbre en particulier, dont les branches d’un côté portent une pommette, et l’autre moitié porte une plus grosse pomme, vraiment deux variétés distinctes. Et si Hildège était le greffeur à l’oeuvre, il y a plusieurs décennies ? Peut-être que des recherches, à mener dans les archives des sœurs de Sainte-Anne, révéleront plus de détails sur le rôle qu’il a joué, au service de cette congrégation religieuse. À défaut de quoi pour l’instant je m’amuse à lui inventer des tâches qui correspondent à mes propres passions et envies!

Toujours est-il que de la quarantaine de pommiers des lieux, la plupart avaient des fruits là aussi tombés au sol prématurément, des pommes qui avaient pas mal toutes des allures de ‘Cortland’ à nos yeux. Dans le lot toutefois, Vincent et moi avons identifié avec une grande certitude deux arbres aux pommes de type Russet, dont l’une au moins est sans doute une ‘Golden Russet’, peut-être les deux. D’autres fruits striés de vert sur fond rouge, d’un pommier enraciné quelques mètres plus loin, avaient les traits d’une ‘St-Laurent’. Il faudrait revenir étudier tout cela plus tôt, la saison prochaine, voire y retourner pendant quelques années, question d’avoir la chance de bien observer les caractéristiques de toutes les variétés, et d’en identifier un maximum avec certitude. L’avenue des tests génétiques n’est pas non plus à écarter, mais elle demande un budget conséquent.

Aperçu des vestiges du verger de la maison mère des Soeurs de Sainte-Anne, à Lachine. 16 septembre 2024.

Ce fut une magnifique journée, à investiguer des vergers patrimoniaux peu fréquentés. Je savoure encore la chance d’avoir visité ces lieux désormais négligés, minimalement entretenus qui étaient autrefois richesse et nourriture d’une communauté. Le Ministère des Friches et des Pommeraies appelle de ses vœux la mise en valeur, par des résidents locaux, de ces fruits du patrimoine Montréalais.

11 décembre 2024

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Histoire Littérature Pomologie

LES POMMES DES MOINES TRAPPISTES – 1

Ce que la pomiculture québécoise doit à l’Institut Agricole d’Oka

Le 27 mars 2023, dans Le Devoir, l’historien chroniqueur Jean-François Nadeau signe un texte intitulé « Grandeur et richesse des plantes d’ici « . Il s’agit de la recension du livre « Curieuses histoires de plantes au Canada – Tome 5 – 1935-1975 », publié chez Septentrion.

Nadeau a vivement piqué ma curiosité en écrivant ceci :

« Nous voici à Oka, ce centre d’agriculture. Là sont évalués de nouveaux types de pommiers. Peut-on lire leur nom sans être touché par une forme d’enchantement diffus ? Les pommiers d’été : Astrakhan rouge, Duchesse d’Ogdensburg, Blanc pigeon, Téfofsky… Les pommiers d’automne : Alexandre, Autonowska, Cardinal, Fameuse d’Ani, Fameuse de Montréal, Hare Papka… Et les pommiers d’hiver : Arabska, Fenouillet Gris, Longfield, Pewakee, Rainette du Canada, Saint-Antoine, Saint-Laurent… Je n’en nomme que quelques-uns, tout en me demandant comment nous en sommes venus à ne nous voir présenter, dans nos supermarchés, qu’une poignée de variétés : la pomme Empire, la Gala, la McIntosh… »

Me suis empressé d’acquérir ma copie de l’ouvrage, passionnant dans son ensemble, mais pour y dévorer d’abord le chapitre à propos du 50e anniversaire de l’Institut agricole d’Oka, en 1943. Ce haut lieu historique de l’enseignement agricole, fondé en 1893, qui fut le premier établissement à offrir une formation agronomique de niveau universitaire au Québec.

On y découvre le professeur Gabriel Reynaud, qui fut un célèbre arboriculteur fruitier en son temps, responsable du vaste verger et de l’immense pépinière de la ferme école. On trouve à lire une liste, partielle, comprenant 55 variétés de pommes expérimentées à la Trappe d’Oka au tournant du XXe siècle (1893-1914), variétés importées de France, d’Angleterre, des USA, de Russie et d’ailleurs au Canada. Elles sont classées en 4 catégories : pommes d’été, pommes d’automne, pomme d’hiver et pommes à cidre.

Au printemps 1896, en provenance du service pomicole de la Trappe, 100 000 greffes avaient été distribuées à travers le pays ! En 1897, la pépinière compte plus de 150 000 pommiers, 1500 pruniers et 1500 cerisiers.

En quelques années seulement, le verger prend de l’expansion (30 acres en 1897, puis une soixantaine d’arpents en 1902). En 1904, le verger contient 150 variétés de pommes.

Bienheureux de ces révélations sur l’engagement historique des Trappistes dans le développement de la pomiculture au Québec, j’ai cherché à consulter la source (un autre livre) afin d’en apprendre un maximum : « L’Institut d’Oka cinquantenaire 1893-1943 : école agricole, institut agronomique, école de médecine vétérinaire » du père Louis-Marie, publié en 1944.

Plutôt que de passer par la consultation, sur place, de l’exemplaire unique de la BANQ à Montréal … j’ai fait appel à mes contacts.

J’ai pensé que les moines cisterciens d’Oka, désormais établis à l’Abbaye Val-Notre-Dame, devaient avoir le livre dans leur bibliothèque. Le camarade François Patenaude, employé des moines et responsable des forestibles … a transmis ma demande par courriel au Père André Barbeau.

Quelques jours plus tard, en plein congé Pascal, le Père Abbé, bien que fort occupé, a pris le temps de numériser les pages du 2e chapitre du bouquin de son prédécesseur, le Père Louis-Marie, chapitre intitulé « L’école d’Oka, à l’âge de bois ».

En plus de plusieurs autres détails sur les pratiques dans les vergers de la Trappe, on y trouve la liste complète des variétés de pommiers essayées (vers 1907), liste qui, comme l’écrit Louis-Marie, « appartient à notre histoire et à la science ». On y dénombre 109 cultivars au total ! Seuls les résultats négatifs (« sans valeur », « n’a pas réussi », « vaut peu », « nulle valeur ») sont indiqués.

Sur les pas moins de 27 variétés à cidre mises à l’essai, 8 ont réussi : Argile grise, Jannet pointu, Petit amer, Jannet de Gournay, Reine des Hâtives, Rouge amère, Rouge à Bruyère, Taureau.

Après le départ du professeur Reynaud (1912), c’est le frère Léopold qui pris le relais du volet d’arboriculture fruitière de l’Institut agricole d’Oka. En 1914, il publie « La culture fruitière dans la Province de Québec« , premier ouvrage pédagogique en la matière qui soit propre au pays.

Enfin, pour aller plus loin dans la connaissance de l’histoire de la pomologie au pays, et suivre plus en détail le travail du professeur Reynaud (pendant 15 ans à la tête de la vaste entreprise pomicole de la Trappe d’Oka), Louis-Marie réfère joliment à « la série des rapports annuels [des stations expérimentales provinciales] qui peuvent peut-être se trouver en remuant les poussières de nos archives nationales. »

Au temps présent, la petite communauté monastique voit renaître son intérêt pomologique … la suite à lire ici très bientôt !

21 avril 2023

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Projets et collaborations Vergers

SORTIR DE L’OMBRE CES POMMIERS VÉNÉRABLES

Crédit photo : Johanne Saulnier. Emmanuel marquant un des pommiers sûrement centenaires.

« Un bel après-midi comme aujourd’hui, ça ne peut que me donner envie de continuer ces démarches pour PRÉSERVER les pommiers anciens et mettre en valeur les fruits de nombreux sauvageons…»

– Emmanuel Beauregard, Ministère des Friches et des Pommeraies

Nous avons tous été emballés l’hiver dernier lorsqu’Emmanuel Beauregard a fait la découverte des vestiges de l’ancien verger des sœurs de Saint-Anne à Saint-Ambroise-de-Kildare. Samedi, le 25 septembre, ce dernier nous donnait rendez-vous pour une corvée de débroussaillage (voir notre avant-dernière publication). Une dizaine de personnes a répondu à l’appel. Quelques photos témoignent de ce moment des plus émouvants.

– Johanne Saulnier, Comité pour la préservation
du patrimoine de Saint-Ambroise-de-Kildare

26 septembre 2021

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Projets et collaborations Publicité Taille Vergers

CORVÉE DE NETTOYAGE AU FUTUR JARDIN DE STE-ANNE

À Saint-Ambroise-de-Kildare

Un terrain derrière l’hôtel de ville, en diagonale du cimetière,

sur l’avenue Sicard, compte une quinzaine de pommiers,

dont quelques-uns sont les vestiges d’un verger

qui se trouvait jusqu’en 1970 derrière le couvent

des Soeurs de Sainte-Anne

Quelques mois après la redécouverte enthousiaste

de ces arbres probablement centenaires, abandonnés

des citoyen.ne.s de la municipalité se mobilisent

pour faire sortir de l’ombre les pommiers ancestraux,

tout un pan de l’histoire locale, au coeur du village

Une corvée de nettoyage s’organise

pour commencer à dégager le terrain

ramasser les déchets et du bois mort au sol,

afin d’y effectuer un premier débroussaillage.

Rendez-vous au stationnement municipal,

à côté de l’hôtel de ville, le samedi 25 septembre

(remis au dimanche 26 en cas de pluie) à 13h30 !

PS – Quelques personnes sur place seront équipées de scies et débroussailleuses. Pas besoin d’autres machines. Apportez vos bottes, gants et autres vêtements de travail de circonstances. Surtout, n’oubliez pas votre bonne humeur!

8 septembre 2021

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Histoire Projets et collaborations Vergers

LA GENÈSE DU MINISTÈRE #4

4e (et dernière) partie

Hiver 2021.

Plongé dans des recherches généalogiques, particulièrement à propos du mystérieux Benoni Beauregard de St-Ambroise-de-Kildare. Né de parents inconnus … (tiens tiens, ça me rappelle les pommes sauvages ça…) – dont je suis l’un des descendants. Un document sur le patrimoine bâti du village (La mémoire des rangs), que mon frère avait pu feuilleter, révèle la présence historique d’un verger à proximité du cimetière. Quand j’ai su qu’il y avait possiblement des vestiges, je me suis vite rendu sur place. Ébahi devant les arbres immenses que je découvrais, j’ai ouvert une enquête pomologique.

Cette histoire, que j’ai racontée et publiée sur ma page Facebook personnelle en février dernier, a suscité un grand nombre de réactions enthousiastes. Mon récit a été pas mal partagé, jusque dans des groupes à teneur agricole basés dans d’autres régions du Québec, inspirant plusieurs à s’intéresser aux vieux Malus de leur coin de pays et à essayer d’en identifier les variétés. De quoi m’encourager à poursuivre mes investigations sur ces arbres dont je suis tombé amoureux.

Printemps 2021.

Cherchant à dresser un portrait d’ensemble de la pomiculture dans Lanaudière, j’ai contacté tous les vergers de la région. Ils ne sont pas bien nombreux et certains ont des activités commerciales encore somme toute peu développées.

J’avais l’intention d’y trouver des opportunités d’apprendre, en les pratiquant, des techniques de taille de pommiers. En complément essentiel à la théorie acquise à l’école et dans les livres. Bénévolement ou contre rémunération, selon les possibilités.

C’est ainsi que j’en suis venu à me faire offrir un emploi pour la saison, à temps plein, chez Qui Sème Récolte, à Saint-Jean-de-Matha. Une occasion inespérée de travailler dans le domaine, près de chez moi, en touchant à toutes les opérations de la conduite d’un verger de pommes, d’avril à la fin de l’automne. Et pour le seul verger-cidrerie de la région, en plus.

Été 2021.

Ma relation d’emploi tire déjà à sa fin – d’ici la fin août, chômeur je redeviendrai.

Les aléas climatiques, la moindre rusticité de certains cultivars et possiblement l’emplacement géographique du verger ont eu raison des fruits cette année. Le gel tardif de la fin mai a été fatal pour la majorité des petites pommes qui s’étaient formées. Au sol, elles sont presque toutes tombées. Une catastrophe pour des producteurs dont ce serait la principale source de revenus … Mes employeurs ont pu retenir mes services jusqu’à présent, mais sans auto cueilleurs et auto cueilleuses à accueillir et diriger, l’ouvrage à me donner en vient à manquer.

Par chance et coïncidence, la saison est assez exceptionnelle merci du côté des pommiers délaissés, ceux qui se débrouillent avec les moyens du bord. Ceux issus de pépins, qui ont réellement été semés. Les individus qui portent fruits, nombreux, sont chargés comme jamais. Une voisine, qui habite le secteur depuis plus de 50 ans, me disait n’avoir jamais vu autant de pommes dans ses arbres centenaires. Idem dans le vieux verger de la ferme, chez nous. Mes excursions ailleurs confirment la même phénoménale prodigalité des pommiers cette année.

Vivement du temps pour s’y consacrer !

PS – L’inspiration du nom est due à un échange estival avec ma cousine Sophie, laquelle a qualifié mes entreprises pomologiques de « Ministère de la pomme ». Appellation qui m’a fait bien rire et que j’ai tôt fait de modifier afin de le rendre plus conforme à ses ambitions.

17 août 2021

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UNE ENQUÊTE POMOLOGIQUE

Cet hiver … c’est à travers des recherches généalogiques autour de mes arrière-grand-pères Beauregard de Saint-Ambroise-de-Kildare que j’ai commencé à réaliser un rêve. Celui de dénicher de vieux vergers à l’abandon, ou des traces de ceux-ci, dans Lanaudière.

Il se trouve que derrière l’ancien couvent des Soeurs de Ste-Anne (démoli en 1970), il y avait un verger. J’en ai appris l’historique existence via le livret « La mémoire des rangs » réalisé par le comité sur la conservation du patrimoine de Saint-Ambroise-de-Kildare.

Je suis rapidement allé voir sur les lieux. Une petite marche sur l’avenue Sicard, derrière l’hôtel de ville, tout près du cimetière, à l’ouest de celui-ci.

Ébahi, j’ai constaté la présence d’un peu plus d’une dizaine de grands pommiers, au milieu de cette zone depuis longtemps reprise en friches. Un boisé au sein duquel survivent quelques vénérables Malus étiolés, cherchant en hauteur la lumière. Quels soins ont-ils reçus au cours des 50 dernières années ? Visiblement bien peu, si ce n’est aucun.

Mes recherches se sont alors tournées vers l’identification des propriétaires du terrain. J’ai contacté l’un des co-auteurs de l’ouvrage « La mémoire des rangs », qui en venait à la même évidence que moi : ou bien le terrain appartient à la municipalité, ou alors il s’agit d’une propriété de la Fabrique de la Paroisse.

J’ai donc adressé des courriels aux deux institutions, leur expliquant ma trouvaille et l’intérêt de préserver ces arbres qui relèvent, à mon sens, du patrimoine horticole et agroalimentaire de la paroisse, voire même de la région.

Ainsi, j’ai informé l’inspectrice municipale de l’existence de ces vieux arbres fruitiers, situés à quelques dizaines de mètres seulement des édifices municipaux. Elle s’est montrée bien intéressée à en savoir plus et m’a signalé que c’est bien la « Fabrique » qui est propriétaire des lieux.

Quelques jours plus tard m’arriva une réponse provenant du curé lui-même de la paroisse Sainte-Anne (Ste-Mélanie, St-Ambroise et Sainte-Marcelline-de-Kildare). Il m’affirmait trouver cela très intéressant, et me proposait qu’on aille marcher ensemble pour voir les pommiers de plus près.

Cela fut fait il y a deux semaines. J’ai rencontré l’abbé Nicolas Tremblay sur place. Nous avons pu admirer la quinzaine de pommiers et discuter de nos visions quant à l’avenir de ce terrain.

En bref : nous imaginons un espace public appartenant à la communauté, où chacun.e serait libre de venir y cueillir les fruits.

À l’approche de Pâques, il aime bien l’idée qu’on puisse leur donner une seconde vie … 😉

Suite à une récente rencontre du comité de la Fabrique, M. le curé m’a accordé l’autorisation de commencer à prendre soin des pommiers (dégagement, taille). Je serai bientôt mis en contact avec la personne responsable de l’aménagement du pourtour du cimetière.

Lorsque j’ai rappelé à l’abbé la manière dont j’ai découvert l’existence de cet ancien verger (par l’intermédiaire de mes recherches généalogiques), il m’a fait rire avec sa blague :

– Si tu continues comme ça, tu vas te rendre jusqu’à Adam et Ève ! » 😜

Vive l’Arbre de la Connaissance (par-delà bien et mal, par contre) !!!

D’ailleurs, mon enquête pomologique n’en est qu’à ses balbutiements… Arrivera-t-on à identifier d’anciennes variétés de pommes, tombées dans l’oubli depuis des décennies ? Il s’agit peut-être aussi de « seedlings » ou « pippins » (des arbres partis de semis quoi) comme y disent aux États-Unis. Soit des pommiers aux variétés uniques, qui n’ont pas été greffées …

Une histoire à suivre … en particulier à l’automne !

1er avril 2021