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Compte-rendu Corvée au Jardin de Sainte-Anne

Samedi 25 septembre 2021,

Un petit groupe de volontaires s’est réuni, par cet après-midi ensoleillé, pour travailler à l’ombre de vénérables pommiers au centre du village de Saint-Ambroise-de-Kildare.

Sous les bénédictions du curé de la paroisse, c’est près d’une douzaine de personnes qui ont investi bénévolement le site de l’ancien verger du Couvent des Soeurs de Sainte-Anne. Quelques 50 ans après la démolition de l’établissement d’enseignement, les arbres fruitiers depuis lors abandonnés à la reprise en friches du terrain ont commencé à retrouver la lumière qu’ils méritent.

Équipés de sacs à ordures, de sécateurs et de quelques débroussailleuses et scies mécaniques, les citoyen.ne.s (en majorité des résident.e.s de Saint-Ambroise) ont entrepris de dégager les pommiers ancestraux et les quelques autres nés des pépins des plus anciens et disséminés par la faune. Sur cette bande de terrain, qui se trouve à l’ouest du cimetière, croissent une quinzaine de pommiers, en plus de noyers noirs et de talles de groseilliers et pruniers sauvages, lesquels devraient tous êtres préservés.

S’animèrent de nombreuses conversations inspirées par le souhait de voir cet espace transformé en un parc, un lieu convivial accessible à tout le monde où serait non seulement valorisée la pommeraie en place, mais également implantés d’autres espèces fruitières comestibles. Des noyers, d’autres pommiers ou poiriers où seraient avant tout valorisées des variétés locales. L’idée partagée d’installer un écriteau où soit présentée l’histoire du verger, dont les vestiges pourraient très bien devenir, un demi-siècle plus tard, le « Jardin de Sainte-Anne ». On y imagine très bien des sentiers qui soient reliés à ceux déjà existants à proximité et entretenus par la municipalité.

Ce n’était qu’un premier rendez-vous, un avant-goût de ce que l’avenir pourrait réserver à ce terrain riche de sa biodiversité, de son patrimoine alimentaire et de son emplacement dans le cœur historique de la municipalité ! Il n’en tient, comme souvent, qu’à la mobilisation du plus grand nombre pour sauvegarder de tels trésors, porteurs de sens pour la communauté.

Une autre activité similaire devrait se tenir d’ici la fin du mois d’octobre afin de poursuivre les travaux entamés aujourd’hui. Le Ministère des Friches et des Pommeraies vous en tiendra informé.e.s !

29 septembre 2021

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SORTIR DE L’OMBRE CES POMMIERS VÉNÉRABLES

Crédit photo : Johanne Saulnier. Emmanuel marquant un des pommiers sûrement centenaires.

« Un bel après-midi comme aujourd’hui, ça ne peut que me donner envie de continuer ces démarches pour PRÉSERVER les pommiers anciens et mettre en valeur les fruits de nombreux sauvageons…»

– Emmanuel Beauregard, Ministère des Friches et des Pommeraies

Nous avons tous été emballés l’hiver dernier lorsqu’Emmanuel Beauregard a fait la découverte des vestiges de l’ancien verger des sœurs de Saint-Anne à Saint-Ambroise-de-Kildare. Samedi, le 25 septembre, ce dernier nous donnait rendez-vous pour une corvée de débroussaillage (voir notre avant-dernière publication). Une dizaine de personnes a répondu à l’appel. Quelques photos témoignent de ce moment des plus émouvants.

– Johanne Saulnier, Comité pour la préservation
du patrimoine de Saint-Ambroise-de-Kildare

26 septembre 2021

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CORVÉE DE NETTOYAGE AU FUTUR JARDIN DE STE-ANNE

À Saint-Ambroise-de-Kildare

Un terrain derrière l’hôtel de ville, en diagonale du cimetière,

sur l’avenue Sicard, compte une quinzaine de pommiers,

dont quelques-uns sont les vestiges d’un verger

qui se trouvait jusqu’en 1970 derrière le couvent

des Soeurs de Sainte-Anne

Quelques mois après la redécouverte enthousiaste

de ces arbres probablement centenaires, abandonnés

des citoyen.ne.s de la municipalité se mobilisent

pour faire sortir de l’ombre les pommiers ancestraux,

tout un pan de l’histoire locale, au coeur du village

Une corvée de nettoyage s’organise

pour commencer à dégager le terrain

ramasser les déchets et du bois mort au sol,

afin d’y effectuer un premier débroussaillage.

Rendez-vous au stationnement municipal,

à côté de l’hôtel de ville, le samedi 25 septembre

(remis au dimanche 26 en cas de pluie) à 13h30 !

PS – Quelques personnes sur place seront équipées de scies et débroussailleuses. Pas besoin d’autres machines. Apportez vos bottes, gants et autres vêtements de travail de circonstances. Surtout, n’oubliez pas votre bonne humeur!

8 septembre 2021

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Projets et collaborations

LE MINISTÈRE RECRUTE !

À la recherche de pommiers, cette année

chargés de fruits, des sauvages ou anciens

sur le territoire Lanaudois.

Question de les référencer, les géolocaliser et photographier.

Puis noter les principales caractéristiques de chaque variété.

Observer l’architecture des arbres, et bien sûr les goûter.

En identifier des plus intéressantes et cueillir si possible,
pour mener de premières expériences de transformation, alimentaires et alcooliques !

Le Ministère souhaite donc recruter (bénévolement) des gens qui aimeraient contribuer à cette aventure pomologique, en partageant leurs connaissances d’emplacements et/ou l’accès à des pommiers libres, délaissés, anciens, négligés, sauvages, déclassés, non traités.

N’hésitez pas à me joindre par Messenger,

par téléphone : 579-337-7633

ou par courriel

Emmanuel Beauregard, technicien agricole et pomologue en devenir,
au nom du « Ministère des Friches et des Pommeraies »

28 août 2021

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Histoire Projets et collaborations Vergers

LA GENÈSE DU MINISTÈRE #4

4e (et dernière) partie

Hiver 2021.

Plongé dans des recherches généalogiques, particulièrement à propos du mystérieux Benoni Beauregard de St-Ambroise-de-Kildare. Né de parents inconnus … (tiens tiens, ça me rappelle les pommes sauvages ça…) – dont je suis l’un des descendants. Un document sur le patrimoine bâti du village (La mémoire des rangs), que mon frère avait pu feuilleter, révèle la présence historique d’un verger à proximité du cimetière. Quand j’ai su qu’il y avait possiblement des vestiges, je me suis vite rendu sur place. Ébahi devant les arbres immenses que je découvrais, j’ai ouvert une enquête pomologique.

Cette histoire, que j’ai racontée et publiée sur ma page Facebook personnelle en février dernier, a suscité un grand nombre de réactions enthousiastes. Mon récit a été pas mal partagé, jusque dans des groupes à teneur agricole basés dans d’autres régions du Québec, inspirant plusieurs à s’intéresser aux vieux Malus de leur coin de pays et à essayer d’en identifier les variétés. De quoi m’encourager à poursuivre mes investigations sur ces arbres dont je suis tombé amoureux.

Printemps 2021.

Cherchant à dresser un portrait d’ensemble de la pomiculture dans Lanaudière, j’ai contacté tous les vergers de la région. Ils ne sont pas bien nombreux et certains ont des activités commerciales encore somme toute peu développées.

J’avais l’intention d’y trouver des opportunités d’apprendre, en les pratiquant, des techniques de taille de pommiers. En complément essentiel à la théorie acquise à l’école et dans les livres. Bénévolement ou contre rémunération, selon les possibilités.

C’est ainsi que j’en suis venu à me faire offrir un emploi pour la saison, à temps plein, chez Qui Sème Récolte, à Saint-Jean-de-Matha. Une occasion inespérée de travailler dans le domaine, près de chez moi, en touchant à toutes les opérations de la conduite d’un verger de pommes, d’avril à la fin de l’automne. Et pour le seul verger-cidrerie de la région, en plus.

Été 2021.

Ma relation d’emploi tire déjà à sa fin – d’ici la fin août, chômeur je redeviendrai.

Les aléas climatiques, la moindre rusticité de certains cultivars et possiblement l’emplacement géographique du verger ont eu raison des fruits cette année. Le gel tardif de la fin mai a été fatal pour la majorité des petites pommes qui s’étaient formées. Au sol, elles sont presque toutes tombées. Une catastrophe pour des producteurs dont ce serait la principale source de revenus … Mes employeurs ont pu retenir mes services jusqu’à présent, mais sans auto cueilleurs et auto cueilleuses à accueillir et diriger, l’ouvrage à me donner en vient à manquer.

Par chance et coïncidence, la saison est assez exceptionnelle merci du côté des pommiers délaissés, ceux qui se débrouillent avec les moyens du bord. Ceux issus de pépins, qui ont réellement été semés. Les individus qui portent fruits, nombreux, sont chargés comme jamais. Une voisine, qui habite le secteur depuis plus de 50 ans, me disait n’avoir jamais vu autant de pommes dans ses arbres centenaires. Idem dans le vieux verger de la ferme, chez nous. Mes excursions ailleurs confirment la même phénoménale prodigalité des pommiers cette année.

Vivement du temps pour s’y consacrer !

PS – L’inspiration du nom est due à un échange estival avec ma cousine Sophie, laquelle a qualifié mes entreprises pomologiques de « Ministère de la pomme ». Appellation qui m’a fait bien rire et que j’ai tôt fait de modifier afin de le rendre plus conforme à ses ambitions.

17 août 2021

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Explorations Histoire Projets et collaborations

LA GENÈSE DU MINISTÈRE #3

3e partie

Juste avant de partir pour ma saison de cueillette à l’automne 2019, je suis allé marcher à travers les pâturages et vieilles prairies de la ferme, à l’abandon depuis quelques années, espaces laissés à eux-mêmes, sans animaux d’élevage pour y brouter. La friche s’installe, la forêt reprenant tranquillement ses droits. Aux endroits où dans le passé j’avais repéré des sauvageons du genre Malus je suis retourné. Ravi de nouveau y découvrir une fantastique diversité de variétés, de couleurs, formes, tailles, arômes et saveurs, textures, et j’en passe … Qui plus est, des arbres et des fruits que je n’avais jamais vus auparavant ! Je les ai bien sûr toutes goûtées. Heureux de marcher hors des sentiers humains, de retrouver ma relation intime avec ces pommiers naturalisés, ces échappés de culture qui s’épanouissent librement sans le moindre entretien.

Fin octobre, au retour d’un mois et demi de récolte de pommes cultivées en rangs de monoculture industrielle, j’ai découvert en ligne et commandé le livre « Uncultivated – Wild apples, real cider and the complicated art of making a living » d’Andy Brennan.

Bien que je ne maîtrise toujours pas parfaitement la langue anglaise, je m’y suis plongé avec bonheur, suivant le récit de ce New-Yorkais « arbori-cueilleur » (comment traduire son concept de « forcharding », mixant le butinage et la cueillette de denrées alimentaires sauvages des abeilles et autres animaux (foraging) et l’arboriculture, ou la « tenure » de verger (orcharding)?) et cidriculteur passionné par les pommiers sauvages de la Nouvelle-Angleterre. Un inspiré drôlement inspirant pour une sorte d’inspecteur agraire anarcho-terroiriste comme je voudrais être, rêvant de quelque chose d’enraciné dans l’histoire et le terroir local, plus proche de l’agroécologie paysanne que d’une entreprise nourrissant le capital étranger…

Chômeur au milieu de l’hiver, s’ensuivirent des mois de recherches, de lectures, de découvertes en apprentissages, d’ouvrages de références en bibliothèques, autour de la pomme, de son histoire, des sauvages et innombrables variétés cultivées, du cidre et des vergers-conservatoires du monde entier …

C’est animé par la volonté de faire œuvre utile en contribuant à la connaissance pomologique et cidricole lanaudoise qu’a germé durant l’hiver 2020 l’idée d’un blogue intitulé « Pommage Lanaudière ». J’ai rédigé quelques chroniques sur une page WordPress que je n’ai jamais rendue publique, ne me sentant pas tout à fait mûr pour cela. Je récupère actuellement certains bouts de textes, actualisés, pour les fins du Ministère.

Au printemps 2020, j’ai commencé à m’équiper de certains outils de base pour entreprendre des activités arboricoles : coupe-branches, scie d’élagage, scie mécanique, greffoir, ruban de parafilm, etc.

En mars et avril, j’ai eu envie de commencer des expériences en semant quelques pépins de pommiers (quelques uns de Honeycrisp qui étaient conservées en chambre froide et d’autres de pommetiers) en pots. Installés sur le bord d’une fenêtre, un certain nombre a germé et j’ai eu soin de les arroser tout l’été. En octobre, je les ai transplantés sur l’une de mes planches de jardin, après que les plants de melons en aient été retirés. En pépinière, ils y sont pour une année ou deux.

Tout l’été, j’ai systématiquement arpenté le fonds de terre de la ferme afin d’y repérer tous les Malus. Des plus petites et récentes pousses jusqu’aux plus matures reproducteurs.

J »ai installé une application GPS sur mon téléphone et géolocalisé plus de 400 pommiers sauvages. Tous photographiés : leurs troncs, leur port général, et leurs fruits s’ils en avaient. J’ai divisé le territoire habité par des pommiers en différentes parcelles, chacune ayant son code. Puis, suivant mes parcours improvisés, je les ai numérotés l’un après l’autre. Dans GaiaGPS s’est créée une base de données où je peux ajouter des notes ou d’autres photos au fil du temps.

En 2020 déjà j’ai élargi l’horizon de mon investigation pomologique en incorporant quelques arbres alors chargés de fruits qui se trouvent plus loin sur le rang, ou le long d’autres chemins de campagne à proximité.

Se dessine maintenant un projet d’ethnobotanique appliquée, de recherches sur le terrain, enraciné dans la région de Lanaudière. Un projet de recherche et développement de produits du terroir, au coeur duquel se trouvent les pommiers des marges de nos rangs, de nos bois, de nos champs. Tant les sauvages que ceux des vergers anciens abandonnés. Combien de variétés ancestrales qui furent ici cultivées à identifier, à préserver ? Et tellement de nouvelles à découvrir, à sélectionner !

PS – Ce ministère utopique, sans dessus dessous, cherche plutôt des collaborateurs/collaboratrices, des camarades, des confrères et consoeurs, des amoureux/amoureuses de la multiplicité variétale des Malus

Mais oui, le Ministère se veut pédagogique, favorisera le partage et le transfert de connaissances et prendra des mesures afin de former des cueilleurs/cueilleuses, aider les gens qui le veulent à référencer leurs pommiers et ceux de leur connaissance, etc …

16 août 2021

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Bretagne Cidre Cueillette Histoire Projets et collaborations Rencontres

LA GENÈSE DU MINISTÈRE #2

2e partie

Cueilleur de pommes de métier (saisonnier), je le suis devenu dans la dernière décennie, en particulier les 5 derniers automne. Dans des vergers commerciaux de la Montérégie, du Centre-du-Québec et de la région de la capitale nationale. Pour assurer ma subsistance pendant mes années d’études en agriculture bio, sur des productions pomicoles paradoxalement la plupart du temps conventionnelles (qui domine le terrain, le marché ?), utilisant tout l’arsenal de lutte chimique afin de répondre aux standards esthétiques attendus de leurs fruits sur le marché de la pomme à dessert, même à jus. J’ai passé quelques saisons à cueillir les fruits des Vergers et Cidrerie Saint-Nicolas, puis travaillé aussi quelques mois sur la chaîne d’embouteillage de cette entreprise beaucoup plus industrielle qu’artisanale.

En 2017, j’ai eu l’occasion de planter quelques dizaines de poiriers et pommiers sur une nouvelle parcelle du verger de recherche bio du CETAB+ à Victoriaville. Parmi d’autres travaux pratiques pour lesquels j’ai eu la chance d’être employé. Quelques heures également de recherche, lecture et traduction d’extraits d’articles scientifiques traitant de couvre-sols en arboriculture fruitière.

***

À l’automne 2017, j’ai vécu deux mois en stage sur une ferme
paysanne bio diversifiée (élevage bovin laitier, maraîchage et
petit pré-verger) en Bretagne, accueilli par la famille Guillou de
Saint-Evarzec, dans une région ou la culture de la pomme fait partie intégrante du terroir et des traditions locales.

À Enez Raden (« L’île aux fougères », en Breton), la ferme où j’étais, et ses environs, j’ai eu l’occasion de récolter des pommes de variétés à cidre et de les presser avec un équipement antique, pour en extraire le jus, lors d’une très longue soirée avec les deux frères Guillou, Fanch et Julien.

Au cours des derniers jours, avant de quitter pour la suite de mon voyage en France, j’ai aussi eu le plaisir de me joindre à toute la famille Guillou pour la plantation d’une nouvelle parcelle de pré-verger (forme d’agroforesterie associant pâturage de ruminants – vaches ou moutons – et verger), officiant notamment à titre de photographe.

***

Mes emplois d’été 2017 et 2018 furent accomplis sur des fermes
fruitières biologiques du Québec, sélectionnées pour m’inspirer
dans mes projets, alors en conception, de productions fruitières
diversifiées. J’ai rédigé un plan d’affaires en polycultures fruitières (fruits bio, petits et gros, incluant des melons) en guise de conclusion de mes études, remis au printemps 2019. Dans l’idée de miser sur des cultures qui produisent des fruits (donc des revenus) à plus court terme, les seuls arbres, parmi les presque dix espèces du projet, sont des amélanchiers, lesquels sont déjà présents sur la ferme. Les pommes, cultivées ou sauvages, étaient restées en suspens …

16 août 2021

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Explorations Projets et collaborations

Géolocalisation des pommiers

Sur la photo ci-haut donne un aperçu de ma
géolocalisation des pommiers (en jaune : ceux qui ont des pommes
cette année) d’une partie de la terre des Vallons d’en Haut.

Il s’agit d’un point de départ, qui pourrait s’élargir
à l’ensemble de la région !

Le référencement et la cartographie des pommiers sauvages et anciens apparaît comme une première étape afin d’en étudier ensuite les caractéristiques variétales. Des sujets méritent certainement d’être préservés et protégés, voire même d’être reproduits.

16 août 2021

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Cidre Histoire Littérature Projets et collaborations Vergers

LA GENÈSE DU MINISTÈRE #1

1ère partie

Il y a toujours eu des vieux pommiers sur la ferme où j’ai grandi (ferme des Arpents Roses, à Sainte-Mélanie). De vénérables centenaires spécimens de l’espèce Malus, implantés sans doute peu après l’établissement de la ferme, à la fin du 19e siècle. Un petit verger qui, à l’arrivée de mes parents en 1986, comptait plus d’une demi-douzaine de vieux pommiers. De ceux-ci, il n’en reste plus que quatre aujourd’hui. L’un d’eux a fendu en 2018 et s’est abattu sur la clôture à côté. C’est celui qui porte des pommes « blanches » (pommes d’été) que le fermier Joseph (dit Jos) Rivest vendait naguère au marché public de Joliette. L’arbre a toujours de la vigueur, la sève y circule encore au moins un peu, mais ses jours sont comptés. Tout comme ceux de ses trois comparses, arbres vieillards qui ne sont plus dans la force de l’âge, leur sénescence bien entamée …

Dans mon enfance, sous ces arbres attenants au poulailler, picoraient volailles et pacageaient en toute convivialité les cochons engraissés de l’année, grossis notamment de toutes ces pommes tombées au sol où ils fouissaient. Des clients de la ferme, acheteurs de la viande de ces porcidés (qu’enfants nous baptisions candidement parfois « Bacon », « Jambon » ou autres sobriquets évoquant leur finalité) ont parfois même rapporté avoir reconnu des arômes de pomme dans les pièces de cochon qu’ils goûtaient ! Le bon goût du terroir du verger … Des pommes que nous mangions aussi, un peu, à mon souvenir, toujours bien quelques croquées.

J’ai tant grimpé dans ces grands arbres noueux et tordus, quand j’étais petit, heureux comme un primate dans son habitat naturel. Un profond attachement à eux, ces ancêtres des lieux faciles à escalader, sur lesquels je pouvais me percher ou me suspendre.

***

Au mois d’août de mon voyage chez les indigènes paysans zapatistes du Chiapas (Mexique) en tant que délégué de l’Union paysanne, à l’été 2007, j’ai tendu mon nouveau hamac entre deux de ces pommiers, me raccordant au sol et au ciel, au passé et au futur, et bien rêvé.

***

Il y a une dizaine d’années, par coïncidence avec la publication d’une première traduction française du « Wild apples » d’Henry David Thoreau, je prenais vraiment conscience de nombreux pommiers sauvages présents dans mon environnement immédiat. Sur la ferme, le long des rangs, en fait un peu partout près de pâturages, dans les friches, des lisières de boisés : nombre de lieux négligés où poussent ces arbres fruitiers tout aussi méprisés … Le piémont lanaudois (et plus largement, laurentien) en est parsemé, de ces pépins, semés, disséminés à travers les fientes des oiseaux, bouses de vaches, crottins de chevaux et autres déjections de mammifères frugivores ou omnivores. Quadrupèdes ou bipèdes, volatiles ou terrestres, tous se délectent et déjectent du Malus domestica, en des trajectoires insoupçonnées. La sélection naturelle s’en charge. Comme le naturel ne lui est généralement pas autorisé, le genre de la pomme trouve dans les marges du territoire cultivé des occasions de s’exprimer librement, s’adaptant aux conditions géo-climatiques nordiques avec grands succès.

La lecture du texte élogieux de Thoreau (version originale ici) à propos des pommes sauvages m’a profondément marqué. L’un des rares textes que j’aie relu plusieurs fois, lequel m’a permis de mieux voir ces arbres, d’en goûter et apprécier les fruits. D’autant plus qu’un ami, équipé de cuves de fermentation, ajoutait alors une presse à pommes, aussi dotée d’un broyeur, à son attirail de transformation alimentaire …

Nous avons, autour de 2010, entrepris de récolter de ces pommes sauvages (par centaines de kilos) et d’en extraire le jus. Une partie fut mise en cuves de fermentation et furent élaborés artisanalement, simplement, des cidres de pommes du terroir régional … Corvées de pressage et d’embouteillage entre ami.e.s. Cidres à boire et partager entre ami.e.s également. L’idée d’en faire une activité lucrative nous avait plus qu’effleuré l’esprit …

Toutefois, les lois et règlements en vigueur ne nous semblaient pas permettre d’envisager une aventure commerciale avec le cidre de pommes sauvages, puisque l’une des conditions pour obtenir le permis de production artisanale consiste à exploiter au minimum 1 hectare de verger.

15 août 2021

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Dégustations Explorations Projets et collaborations Rencontres

À LA DÉCOUVERTE DU MONDE MERVEILLEUX DES POMMES SAUVAGES

Récente rencontre exploratoire avec un autre pomologue local, Yvan Perreault, qui partage l’enthousiasme du Ministère pour les pommes sauvages et variétés anciennes.

Ce n’est que le début !

À LA DÉCOUVERTE DU MONDE MERVEILLEUX DES POMMES SAUVAGES.

« Je crois bien que je n’aurai jamais vu d’automne s’annonçant aussi prometteur que celui de 2021 pour la quantité de pommes sauvages que TOUS les pommiers oubliés dans une friche voisine de chez nous s’apprêtent à produire, il y en aura vraiment pour tous les goûts! Je viens de m’en rendre compte il y a une semaine en allant m’y promener avec Emmanuel Beauregard, qui travaille fort pour les remettre bientôt en valeur sur le plan patrimonial au coeur du village de Saint-Ambroise-de-Kildare. On en a croqué une bonne douzaine de variétés différentes, je vous glisse un mot sur nos découvertes souvent étonnantes… »

Yvan Perreault


12 août 2021