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Cidre Projets et collaborations

Cuvées de cidre 2023-2024

Le 19 octobre, soit il y a 2 mois et demi déjà, j’ai pressé une cinquantaine de litres de jus de pommes et de poires. Installé devant l’étable de la Ferme des Arpents roses à Ste-Mélanie, sur le plancher en béton de l’appentis construit par mon frère, dans mon setup modeste mais fonctionnel.

Les trois grandes touris de 2024, après leur premier soutirage, le 6 janvier 2025.
Trois teintes bien distinctes, du jaune paille à l’orangé.

🍎La pomme ‘Juge Bourduas’, une découverte de 2024, issues d’un vieil arbre faisant partie d’un petit verger à l’abandon, sur le chemin Laforest, à Saint-Alphonse-Rodriguez. Le voisin d’en face, chez qui je suis allé cogner, un jeune nonagénaire (90 ans à peine !) conduisant encore sa voiture, m’a informé que ces pommiers étaient ceux « du juge », me disait-il, un juge habitant « par-là, en haut », me pointait-il vaguement dehors… Ne répondant pas à ma demande de précision sur l’emplacement de la maison du juge, question que j’aille lui demander l’autorisation de cueillir, le vieil homme me dit plutôt que je pouvais très bien aller cueillir les fruits, car personne d’autre ne le faisait, jamais, à sa connaissance, depuis des années. Me contentant de l’autorisation du voisin d’en face, j’y ai grimpé, je l’ai secoué, à plusieurs reprises, et j’ai bénéficié d’une bonne quantité de ses petites pommes marbrées de rouge, sur fond vert.

Plus tard dans la semaine, j’ai appris que le juge en question, qui était un grand propriétaire terrien dans le secteur, est décédé il y a quelques années. Et non, ce n’est pas une bourde, le nom de famille dudit juge est bien « Bourduas » plutôt que Borduas. Selon la légende locale, feu le juge Jean-Pierre Bourduas (1939-2018) serait un descendant du même patriarche Borduas que le célèbre Paul-Émile, peintre et auteur en grande partie du Manifeste du Refus Global de 1948, et aurait fait changer son nom de famille auprès de l’État civil afin de prendre ses distances de l’agitateur Automatiste qu’avait été son illustre apparenté. Une rupture dans l’histoire de notre culture, de notre littérature, des ruptures aussi dans la famille Borduas.

De ces toutes petites pommes, en plus d’en fournir à Maltstrom dans le grand mixage des variétés pour en faire un cidre-bière, j’ai tiré un jus jaune et clair, bien sucré (1056 de densité relative, ou 16 brix dans la visière du réfractomètre), avec une petite amertume. Les quelques caisses de la ‘Juge Bourduas’ que je m’étais réservées contenaient de quoi remplir une petite touri, d’environ 18L. C’est pour moi une première cuvée de cidre monovariétale, sans pour autant avoir une candidate de variété de pomme idéale à mon goût (pas assez d’amertume), bien que bien sucrée et savoureuse, aromatique.

🍎 ‘Montées St-Jacques #5 et #6 (‘Béatrix’)

D’un verger de fond de rang perdu à la frontière de St-Alphonse-Rodriguez, chez Lise et Lia, autrefois chez Mme Perreault (plus de 95 ans, rencontrée chez elle en 2023), où subsistent 4 vieux pommiers. De ceux-là, une pomme en particulier a été remarquée et notée comme particulièrement intéressante, lors de la grande dégustation de pommes sauvages lanaudoises de 2023 présentant, aux yeux des cueilleurs qui partageaient des pommes qui leur sont chères, un potentiel de cidrerie. Avec des appréciations très positives de Claude Jolicoeur et Mark Gleonec qui étaient nos « invités de marque », nos convives.

Après avoir été dotée du nom de code « Montée St-Jacques #6 » depuis quelques années, je l’ai baptisée ‘Béatrix’, hommage au territoire municipal où l’arbre est enraciné. Je la vois un peu comme le pendant pomme d’Obélix, ayant grosso modo la forme de son corps, ses rondeurs, avec ses pantalons rayés, si ce n’est striés … Une douce amère très aromatique, à la forme unique de poire (sa base est bien plus étroite que son bassin), au fond de teint qui paraît jaune orangé, striée d’un rouge lavé. Sa cavité est très peu profonde, et son pédoncule, étroit. Sa chair est ferme et elle présente une assez bonne capacité de conservation. Quelque chose dans ses fragrances rappelle la poire et une astringence particulière se fait sentir en fin de bouche.

L’âbre-mère portait beaucoup de fruits cette année, suffisamment pour en fournir quelques caisses pour la qualité de leur jus à la brasserie Maltstrom, mais aussi pour m’en réserver et tenter de mon côté la fermentation alcoolique d’un cidre monovariétal. Toutefois, il s’en fallait de peu pour bien remplir la touri de 20 litres à partir du jus de ce seul arbre. Pour les 3-4 litres manquants, j’ai ajouté le jus de pommes du même verger, de l’arbre voisin en fait (la #5), une belle rouge très sucrée et parfumée, un brin acidulée. Au final, une belle densité de 1050 (potentiel d’alcool d’environ 6,5%).

🍎 Le même vieil arbre, pour l’heure surnommé ‘Montée St-Jacques #5’, m’a également donné une formidable manne de pommes, de quoi fournir la brasserie des camarades prairiquois et mes propres activités de micro-cidrerie expérimentale. J’en ai comblé deux petits cruchons de 4 litres, de ce jus trouble et purement monovariétal. De quoi éventuellement remplir de cidre une quinzaine de petites bouteilles de 500 ml, quand même !

🍐 Poire ‘Golden Spice’

Une caisse de petites poires ‘Golden Spice’, m’a été gracieusement offerte par l’ami horticulteur fruitier Jonathan Bordeleau, cueillies par lui-même de son arbre à St-Damien, son surplus d’abondance, pour que je réalise une première expérience de production de poiré, l’équivalent du cidre (lequel est toujours « de pommes » d’ailleurs), mais avec des poires … J’en ai tiré un bon six litres de jus bien sucré, avec une intéressante amertume (14 brix, belle densité de 1050). Avec l’équipement dont je disposais, je m’en suis tenu à un cruchon de 4 litres monovariétal, juste du poiré. C’est bien peu, mais tout de même, un premier test !

🍐🍎Deux autres litres de jus de ‘Golden Spice’, queue de la pressée, ont été assemblés avec les restants de jus de pommes des pressées de la journée. Les surplus de la ‘Juge Bourduas’ et de la ‘Montée St-Jacques #5’. Allez hop, j’ai viré ça dans un autre cruchon de 4L, bien rempli d’un jus qui sera dans quelques mois le produit d’une cofermentation, ni tout à fait cidre, ni tout à fait poiré. Un joyeux hybride funky issu aussi des levures sauvages qui s’y activent en ce moment, comme toutes les autres cuvées de l’année, à 12 degrés Celsius dans un bâtiment appartenant à des amies. Merci pour l’opportunité de local avec une température appropriée ! Hâte de vous faire goûter au jus qui va en résulter !

🍏 ‘Cléophas à splash russet doré’

L’arbre le plus productif que j’ai rencontré cette année, d’une petite talle de friches, à St-Cléophas-de-Brandon. Cet arbre est connu d’Alex Boisdequin-Lefort et moi depuis 10-15 ans maintenant, depuis nos premières explorations du pommage régional à des fins cidricoles.

De grosses pommes jaunes qui ont été conservées en chambre froide pendant un mois et demi (cueillies le 4 octobre), avant d’être pressées le 17 novembre, pour une ultime session d’extraction de jus de pommes sauvages de l’année. De ce bon jus, affichant 15 brix sur mon réfractomètre, et 1054 au densimètre, j’en ai bien rempli une touri de 21 litres. C’est l’ultime cuvée, monovariétale elle aussi, de l’année.

7 janvier 2025

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Album photos Explorations Histoire Projets et collaborations

Pommeraie de l’Abbaye Val-Notre-Dame 2024

Le sol dégagé du bois de coupe, du mois mort, un sol plus propice à la circulation, à la cueillette. Crédit photo : Emmanuel Beauregard

Rappel des démarches

Plus près de chez nous, il y a cette vaste pommeraie sauvage, depuis peu et doucement mise en valeur par une congrégation religieuse, soit l’Ordre Cistercien de la Stricte Observance, mieux connue sous le nom de « Trappistes ». Des centaines de pommiers matures et bizarrement tordus, portant bon an mal an des fruits bigarrés et pleins de surprises, sur un flanc de colline du domaine de l’Abbaye Val Notre-Dame, au pied de la Montagne Coupée. Une pommeraie apparue sur ce qui fut longtemps le fonds de terre d’une succession de générations dans les familles Desrosiers-Gadoury, à Saint-Jean-de-Matha, et dont j’ai raconté l’histoire le printemps dernier.

En 2023, j’ai aussi fait état de quelques recherches et documents existants concernant les activités des moines Trappistes en lien avec les pommes, des fruits qui les suivent, depuis leur ancien domaine à Oka, jusqu’à St-Jean-de-Matha, suivant les chemins de la féralité : retour à la nature, au sauvage, pour une espèce (végétale ou animale), après une période passée en conditions de culture, ou d’élevage, donc dans la voie de sortie de la domestication.

Cet automne

En 2024, j’ai eu l’autorisation du nouveau Père abbé (coordonnateur de la communauté, si on veut) pour continuer d’accéder à la pommeraie et y mener des cueillettes de pommes d’automne, plus tardives, à la fin septembre et en octobre. Rêvant d’un éventuel véhicule tout terrain (un quatre-roues) pour transporter les caisses de pommes cueillies loin des chemins carrossables, j’en ai tiré quelques dizaines de kg, portés à bout de bras, une caisse à la fois, sur des centaines de mètres de terrain pentu, pour les rapporter jusqu’à la remorque tirée par ma voiture. Elles ont fait partie du lot de pommes pressées en novembre en vue de produire une bière aux pommes par la brasserie Maltstrom. La cuvée de cidre tirée des pommes de l’Abbaye ne sera pas pour cette année, mais le projet me tient à cœur et verra le jour en temps et lieu.

Voici tout de même quelques photos croquées lors de mes passages dans la pommeraie de l’abbaye cet automne.

16 décembre 2024

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Explorations Pomologie Projets et collaborations Rencontres

« Pommenades » dans deux vergers anciens de communautés religieuses à Montréal – 16 septembre 2024

De gauche à droite : Richard Archambault, Simone Chen, Emmanuel Beauregard, Sandrine Joannin, Yvan Perreault, Vincent Renaud

Petit groupe de passionnés de pomologie, nous avions été conviés, le 16 septembre dernier, à la visite de deux vergers établis par des communautés religieuses, il y a plus d’un siècle, sur l’île de Montréal. En amont de cette journée se trouvait l’initiative de Simone Chen, coordonatrice de l’organisme montréalais Les Fruits Défendus, un collectif de glaneurs qui récupère et partage les fruits délaissés ou en surplus chez des particuliers, cueillis par des bénévoles d’un bout à l’autre de la métropole.

En fait, il s’agissait d’un appel à nos expertises (sans grande prétention de notre part toutefois) afin d’aider à l’identification des variétés de pommes qui s’y trouvent, depuis longtemps tombées dans l’oubli. C’est en toute humilité tout de même que nous avons d’abord foulé le sol du verger des Soeurs Hospitalières de St-Joseph, derrière l’Hôtel-Dieu de Montréal. Je fut conduit par Yvan Perreault, passager captif de son humour parfois délirant, sur la route entre Lanaudière et la grande ville. Yvan, champion de tous les PFNL, des noix nordiques aux champignons sauvages comestibles, avide d’apprendre, mais qui n’a pas encore acquis la même profondeur de connaissances concernant les variétés de pommes. Nous y avons retrouvé Vincent Renaud, passionné de variétés anciennes de pommes, animateur de différents groupes Facebook, dont « Arbres Fruitiers Québec », « La Société de Pomologie de la Province de Québec » et « Montre moi ta pomme»; Roland Joannin, conseiller en pomiculture, hybrideur et créateur de variétés de pommes québécoises; Sandrine Contant-Joanin, la fille de Roland, ethnologue qui a participé à une étude sur le patrimoine immatériel des Soeurs Hospitalières de St-Joseph; Richard Archambault, horticulteur ayant soin de ces jardins et des pommiers restants et enfin Simone Chen, qui elle aussi connaissait déjà un peu les lieux. Ce site de l’Hôtel-Dieu-de-Montréal, dit « ensemble conventuel des Hospitalières », sur lequel il y aurait long à raconter, a été cédé à la Ville de Montréal en 2017 et a été classé patrimonial par le Ministère de la Culture du Québec tout récemment, en 2024.

https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do…

En pleine action ! En train de savourer, de trancher, d’observer des pommes, un arbre à la fois.

De gauche à droite : Emmanuel, Vincent, Yvan, Roland Joannin

En petite bande, nous nous sommes donc « pommenés », à travers ces arbres qui, pour certains, dépassent possiblement la centaine d’années. La saison 2024 ayant été particulièrement hâtive pour plusieurs espèces fruitières, dont les pommes, il n’y en avait ainsi déjà presque plus dans les arbres en ce jour de la mi-septembre. Nous avons dû nous contenter de celles tombées au sol, et parfois de la seule encore accrochée à une branche du pommier, partagée en quartiers entre chacun.e pour les fins de dégustation. On en a goûté un bon nombre quand même, les avons toutes prises en photo, tant de leur apparence extérieure, sous différents angles, que de l’intérieur, tranchées en leur centre, pour bien observer les formes de leur coeurs, les lignes du coeur, la chair, les pépins, la profondeur de la cavité, etc. Beaucoup de moyennes-grosses pommes rouges à croquer, assez similaires d’un arbre à l’autre. Nous avions tous l’impression que la trentaine d’arbres toujours vivants en ces lieux sont sans doute en bonne partie des ‘McIntosh’ ainsi que des ‘Cortland’. Toutefois, Roland a souligné que certaines pommes avaient de fortes similarités avec la ‘Lobo’ (couleur d’un rouge cramoisi, forme arrondie conique) – une variété qui, après vérification, n’a été commercialisée qu’à partir des années 1930. Nous avons lancé la suggestion au seul employé des lieux parmi notre groupe, Richard, que des analyses génétiques pourraient être réalisées pour identifier avec précision les variétés présentes dans ce verger patrimonial. Il en a pris bonne note, mais la décision revient à un comité de la Ville de Montréal, qui dispose des cordons de la bourse. Il doit leur avoir relayé l’information.

Des apparences de Lobo !
Roland Joannin venait de nous distribuer quelques spécimens de variétés de pommes dont il est l’artisan créateur, la ‘Rosinette’ et la ‘Eureka’ !

Sur la photo : Vincent, Sandrine, Richard, Emmanuel et Roland

***

Dans un second temps, une partie du groupe (Roland, Sandrine et Richard le jardinier) nous a quitté, pour d’autres obligations. Vincent, Yvan, Simone et moi avons repris la route vers le sud, en direction de Lachine, pour y gagner le verger des Soeurs de Sainte-Anne, derrière leur maison mère. Nous y avons été accueillis par Éléonore Escobar, chargée de projets en biodiversité urbaine pour le GRAME, organisme ayant soin de l’entretien minimal du verger. J’ai fait part à mes comparses des pensées qui me traversaient pour mon arrière-arrière-grand-oncle Hildège Beauregard, qui fut à l’emploi des Soeurs de Sainte-Anne à cet endroit même. Mon esprit envisageait une sorte de spectre bienveillant en notre présence, à tout le moins des traces laissées par celui que j’imagine en vieux jardinier des Soeurs, y ayant planté, greffé ou taillé leurs pommiers. Un arbre en particulier, dont les branches d’un côté portent une pommette, et l’autre moitié porte une plus grosse pomme, vraiment deux variétés distinctes. Et si Hildège était le greffeur à l’oeuvre, il y a plusieurs décennies ? Peut-être que des recherches, à mener dans les archives des sœurs de Sainte-Anne, révéleront plus de détails sur le rôle qu’il a joué, au service de cette congrégation religieuse. À défaut de quoi pour l’instant je m’amuse à lui inventer des tâches qui correspondent à mes propres passions et envies!

Toujours est-il que de la quarantaine de pommiers des lieux, la plupart avaient des fruits là aussi tombés au sol prématurément, des pommes qui avaient pas mal toutes des allures de ‘Cortland’ à nos yeux. Dans le lot toutefois, Vincent et moi avons identifié avec une grande certitude deux arbres aux pommes de type Russet, dont l’une au moins est sans doute une ‘Golden Russet’, peut-être les deux. D’autres fruits striés de vert sur fond rouge, d’un pommier enraciné quelques mètres plus loin, avaient les traits d’une ‘St-Laurent’. Il faudrait revenir étudier tout cela plus tôt, la saison prochaine, voire y retourner pendant quelques années, question d’avoir la chance de bien observer les caractéristiques de toutes les variétés, et d’en identifier un maximum avec certitude. L’avenue des tests génétiques n’est pas non plus à écarter, mais elle demande un budget conséquent.

Aperçu des vestiges du verger de la maison mère des Soeurs de Sainte-Anne, à Lachine. 16 septembre 2024.

Ce fut une magnifique journée, à investiguer des vergers patrimoniaux peu fréquentés. Je savoure encore la chance d’avoir visité ces lieux désormais négligés, minimalement entretenus qui étaient autrefois richesse et nourriture d’une communauté. Le Ministère des Friches et des Pommeraies appelle de ses vœux la mise en valeur, par des résidents locaux, de ces fruits du patrimoine Montréalais.

11 décembre 2024

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Projets et collaborations

Presses de la saison 2024

Elles sont derrière nous déjà, les heureuses séquences de presse du jus de pommes, vécues à deux échelles, en contextes différents.

Pour commencer la saison, à la mi-septembre, j’ai eu la chance d’être engagé par la ville de Rawdon pour y réaliser une démonstration de presse de pommes en public. Installé au bout de l’allée centrale du Marché public, avec broyeur, pressoir, plusieurs caisses remplies de pommes du terroir régional, j’ai animé la clientèle en leur racontant ma quête de pommes locales et gratuites de qualité (sucrées, aromatiques), tout en pressant du jus frais sous leurs yeux. J’ai servi à toutes personnes présentes et volontaires, convaincu et convainquant, des verres de ce jus, pur produit de mon travail et de la nature à l’oeuvre derrière les pommiers, soient-ils sauvages ou cultivés. Quel bonheur qu’il soit unanimement salué, savouré, apprécié, source de compliments ! Quelques dizaines de litres sont sortis de ma presse ce jour-là.

Une fois réduites en purée, les pommes broyées sont déposées dans le cylindre en bois, à l’intérieur duquel un sac aux très fines mailles est installé.

À l’échelle domestique, dans la petite presse manuelle qui est mienne, installé sous l’appentis de mon frère, devant l’étable, à Ste-Mélanie. En 2024, ce furent deux longs et agréables après-midi, pour en sortir quelques 80 litres pour moi cette année, en 6 cuvées distinctes, dont quelques-unes mono variétales, destinées à devenir cidre ou même poiré dans un cas.

Petites douces amères qui se démarquent du lot, apportant peu d’acidité mais beaucoup de tanins.

Mais le broyeur que j’utilise (il m’est prêté) est celui acquis par les comparses de la brasserie Maltstrom, avec qui je collabore pour une quatrième année en tant que fournisseur de pommes glanées dans Lanaudière, surtout sauvages, mais aussi de vieux pommiers non traités, laissés à eux-mêmes. Un broyeur qui se branche sur le 220V, et qui peut théoriquement broyer une tonne de pommes à l’heure.

Une belle surface de plancher et de murs conçus pour être lavés, rincés, à grande eau et drainé

C’est à une échelle artisanale aussi, mais disons là semi-industrielle, à visée commerciale, qu’est utilisé le moût de pommes sauvages comme ingrédient pour créer des bières non-traditionnelles, chez Maltstrom, à Notre-Dame-des-Prairies, en banlieue de Joliette. Les opérations sont menées avec une presse hydraulique de plus grande contenance et autrement efficace, et un plus grand volume de pommes à presser. Pour presque remplir les 3 barriques de chêne prévues cette année, ce sont pas loin de 600 litres de jus frais et plein de potentiel à levures sauvages que nous y avons extrait, au bout de deux bonnes journées de travail en octobre et novembre.

L’occasion de prendre d’autres notes, sur chaque variété de pommes cueillies. Systématiquement leur taux de sucre, mais aussi leur texture, jutosité, la perception d’acidité et d’amertume, les arômes, la capacité de conservation des fruits, etc. Des notes compilées dans de grands tableurs numériques, outils et repères dans ce processus de recherche et développement d’un terroir cidricole et brassicole régional. Y sont identifiées mes candidates à de prochaines étapes, dont le prélèvement de greffons au printemps, pour fin de reproduction et d’expérimentation en verger.

De la presse à la chaudière, le filet
3 barriques à remplir cette année, en deux journées de presse : d’abord en octobre puis en novembre

Dans une prochaine publication, je vous partage quelques mots et images de mes cuvées de cidre en cours de fermentation.

30 novembre 2024

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Projets et collaborations

Chambre froide 2024

Un grand Merci à mon amie d’enfance Natacha Parent et son conjoint Gino Laporte pour l’accès au bel espace de chambre froide de la Cabane à sucre Fernando Laporte, à Saint-Ambroise-de-Kildare, pendant les deux mois de ma saison de cueillette ! En contrepartie de quoi, comme convenu, les plusieurs pommiers que compte leur terrain seront taillés par mes soins à la fin de l’hiver/début du printemps prochain.

Après une longue journée de cueillette, jusqu’au couchant, devant la cabane à sucre, la remorque vidée de ses caisses de récolte.

Dans l’espace qui m’était accordé (la moitié de la chambre froide environ), je pouvais y faire tenir jusqu’à 60 caisses à la fois. J’ai pu également entreposer une vingtaine de caisses dans la chambre froide de la brasserie Maltstrom pendant quelques jours, en vue d’une première grosse journée de presse sur place, début octobre (80 caisses). L’espace libéré des caisses après cette première grande presse, j’ai pu le remplir de nouveau, une seconde fois.

L’entrée de la caverne aux pommes en devenir.

Comparativement à l’an dernier (alors que les talles étaient plus garnies et que j’avais tout mon temps pour m’y consacrer) où j’en avais rempli 180, c’est un total d’environ 135 caisses que j’ai comblé de pommes cette année. Les trois-quart de mon record de 2023, c’est quand même pas pire ! Pommes qui furent pratiquement toutes destinées au pressoir et à la fermentation alcoolique. Mes quelques journées de presse de 2024 seront d’ailleurs le sujet de la prochaine publication, sous forme d’album photo commenté.

Pouvaient y tenir jusqu’à 60 caisses de récolte à la fois (environ 300 litres de jus).

29 novembre 2024

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Dégustations Projets et collaborations

Marché public La Récolte de Rawdon – presse publique de pommes

Samedi prochain, le 14 septembre, en remplacement de l’ami Fred Brabant du Jardin des passionnées, je serai au Dernier Marché public La Récolte | Atelier pressage de pommes à Rawdon. J’aurai la chance et le plaisir d’y animer l’atelier de presse de pommes, en public, et d’offrir du jus frais à la clientèle et aux exposants du marché !

Les pommes pressées (sauvages, non traitées) seront issues de mes récoltes de la semaine, à travers les pommeraies de Lanaudière !

Venez y faire un tour, entre 10h et 14h; on pressera du bon jus 100% local, offert gratuitement !

12 septembre 2024

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Bretagne Cidre Projets et collaborations Voyages

LA RÉGION DE LANAUDIÈRE REPRÉSENTÉE AU 111e CONCOURS DE CIDRE DE FOUESNANT, EN BRETAGNE

Il y a peu, je cherchais une personne pour livrer un précieux colis jusqu’à Québec… De quoi s’agissait-il donc ?

Eh bien, celles et ceux qui ont suivi mes publications printanières savent que j’ai séjourné quelques semaines en Bretagne cet hiver. L’objet de ma visite était notamment de visiter plusieurs cidreries, question de me laisser inspirer par les savoir-faire cidricoles de Cornouaille.

Mon guide dans ce pays de cidres, Mark Gleonec, m’avait mentionné la tenue du 111e concours de cidre de Fouesnant, à l’été 2024. Il s’agit du plus ancien concours de cidre au monde, lequel comporte chaque année deux catégories de participants, tous producteurs de cidres des terroirs du Finistère : professionnels et amateurs.

Cette année, exceptionnellement, une nouvelle catégorie s’ajoute au concours : des cidriers amateurs d’autres terroirs de la planète !

https://www.111econcoursdecidre.com

C’est ainsi qu’en mai j’ai reçu un courriel de Claude Jolicoeur, « notre » (il est québécois) expert international du cidre, m’invitant à faire parvenir des bouteilles lanaudoises à ce concours !

Jolicoeur y sera l’un des juges, et s’est offert pour transporter quelques bouteilles d’amateurs du Québec. J’étais prêt à contacter tous mes comparses cidriers amateurs de Lanaudière pour collecter des bouteilles de leurs meilleures cuvées. Toutefois, vu l’espace limité dans la soute à bagages, et lors du concours en tant que tel, j’ai dû restreindre la sélection à seulement deux bouteilles : l’une des miennes ainsi qu’une bouteille d’Éric Hébert. Ce dernier, cidrier amateur le plus expérimenté de Lanaudière (depuis plus de 35 ans !), était l’hôte de la « Grande dégustation de pommes sauvages à potentiel cidricole » que j’organisais l’automne dernier, chez lui à St-Jean-de-Matha. Notre rencontre avec Claude Jolicoeur et Mark Gleonec nous a ouvert cette formidable porte, ce privilège !

Bouteille d’Éric Hébert, artisan cidrier de Saint-Jean-de-Matha.

Du Québec, en plus des nôtres et de l’une de ses propres bouteilles, Jolicoeur s’est chargé de transporter une bouteille de Louis Gauthier, un cidrier gaspésien qui anime avec ses collègues une sérieuse démarche de sélection de pommes sauvages à fort potentiel cidricole.

Merci à l’amie Mylène Samson, mon ex belle-soeur, et ex belle-fille d’Éric Hébert (!) qui s’est chargée de transporter nos précieuses bouteilles « de compétition » jusqu’à Claude Jolicoeur, dans la ville de Québec. Claude et son épouse Banou ont pris l’avion en direction de Paris le 14 juillet avec les bouteilles dans leurs bagages, et les voilà sans doute aujourd’hui arrivés sur les rivages du cidre de Cornouaille, au bout de la pointe de Bretagne.

Le concours se tiendra dans quelques jours seulement : le week-end prochain (19 et 20 juillet). Bien que ma participation soit sans la moindre prétention, ni aucune attente, je vous tiendrai bien sûr au courant des résultats et impressions suscitées par nos cidres de pommes sauvages lanaudoises !

PS – Les photos ci-bas donnent à voir ma bouteille, ainsi que celle d’Éric Hébert.

16 juillet 2024

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Histoire Projets et collaborations

LES POMMIERS DES MOINES TRAPPISTES #5

L’histoire inédite d’un ancien verger et d’une pommeraie sauvage au pied de la Montagne Coupée

La zone entourée de rouge, à l’arrière, représente l’emplacement approximatif de l’ancien verger d’Albert Desrosiers, sur la pente qui mène au Magasin de l’Abbaye 
(en jaune).

La grande section entourée de rouge, dans le bas de la photo aérienne, indique l’emplacement de la vaste pommeraie sauvage.

Dans le précédent texte de cette série, je concluais en appelant à l’aide pour élucider l’histoire de la pommeraie sauvage sur les terres de l’Abbaye Val-Notre-Dame. Où était le verger d’origine, qui l’avait cultivé, à quelle époque, et quelles variétés ?

François Desrosiers, citoyen de Saint-Jean-de-Matha, et d’une vieille famille de la place, m’est venu en renfort. Grâce à ses connexions familiales (en particulier son oncle Marcel Desrosiers, passionné d’histoire et de généalogie), nous avons appris les grandes lignes de l’histoire de ces pommiers, leur origine enracinée dans leur famille.

Solidaire de la démarche, le Père Abbé, André Barbeau, m’a de son côté partagé les coordonnées de Martine Gadoury et Denis Vincent, propriétaires du centre de ski de fond de la Montagne Coupée entre 1987 et 2009. J’ai pu m’entretenir avec Mme Gadoury, ravie par mes démarches historiennes autour de ces pommiers et de ce lieu chargé d’événements, de patrimoine et cher à son coeur. Elle appelle de ses vœux de plus vastes recherches à propos de toute l’histoire de la Montagne Coupée.

Martine m’a mis en lien avec son cousin Pierre-Michel Gadoury, un historien amateur local, habitant la plus vieille maison de St-Jean-de-Matha. Passionné de patrimoine, il est l’un des fondateurs des « Compagnons de Louis Cyr », l’OBNL qui a mis sur pied et qui administre le musée de la Maison Louis Cyr, au centre du village. Nous avons regardé ensemble de vieilles cartes qu’il possède, représentant l’ancien cadastre du territoire de Saint-Jean-de-Matha. Il m’a indiqué un endroit sur le rang (sur le dernier faux plat de la descente avant d’arriver à l’Abbaye), un lot d’un arpent et demi de large, où a déjà existé une maison, sans doute toute une ferme, aujourd’hui disparue du paysage.

J’ai fouillé le Registre Foncier du Québec pour découvrir les chaînes de titres (listes des propriétaires qui se sont succédé) pour certains lots du chemin de la Montagne Coupée (qui était anciennement la section Ouest du rang St-Léon).

Ce fut une palpitante petite enquête, menée sur quelques mois.

Sans plus tarder, à la lumière des informations cumulées à ce jour, voici révélée la petite histoire des pommiers qui furent implantés au pied de la Montagne Coupée au siècle dernier jusqu’à ceux existant aujourd’hui. Toutes nouvelles informations, détails ou précisions sont toujours bienvenus !

***

Quelque part entre son établissement en 1917 et son décès en 1937, le cultivateur Albert Desrosiers (arrière-arrière-grand-père de François, qui a mené les recherches initiales) et son épouse Maria (Marie Anne) St-Georges implantent un verger de pommiers sur leur ferme. Ferme située sur ce rang alors baptisé St-Léon Ouest, de la Paroisse de St-Jean-de-Matha, au pied du « Mont Coupé » (selon la vieille appellation). Cette famille paysanne canadienne-française est établie sur un lot de terre (le no 17) déjà partiellement défrichée et rendue cultivable par les premiers colons, ceux de la seconde moitié du XIXe siècle, des Charbonneau et Durand qui les ont précédés.

La maison ancestrale Desrosiers est toujours là, au 200 Chemin de la Montagne Coupée. Elle est devenue depuis quelques années la «Maison des Forestibles de l’Abbaye», lieu de conditionnement de plantes et champignons sauvages comestibles cueillis sur le domaine appartenant aux moines Trappistes depuis 2009.

Suivant le décès d’Albert Desrosiers en 1937, vers l’âge de 56 ans, c’est son gendre Donat Gadoury, marié à sa fille Léona en 1930, qui reprend les rênes de la ferme. La famille de Donat, autre célèbre homme fort Mathalois, y demeure jusqu’en 1944. La terre familiale est alors vendue à Ange Albert Gravel, qui l’exploite jusqu’en 1958. La terre passe ensuite entre les mains de Louis Paul Nadeau, qui en est le propriétaire entre 1959 et 1972. Cette année-là, le fonds de terre revient en possession d’une lignée de Gadoury, quand Réjean et son épouse Simone Laporte en font l’acquisition. Durant la décennie 1970, ils mettent en place et opèrent un centre de ski de fond, une auberge, une boîte à chanson, (à l’existence brève, le temps de deux saisons 1972-1973), des écuries, etc. La Montagne Coupée devient à cette époque un haut lieu du tourisme, mais aussi de rassemblement culturel, dans Lanaudière. Félix Leclerc y est passé, et c’est là notamment que La Bottine Souriante a offert son premier spectacle. Y paraît que les environs, à cette époque, sentaient parfois très fort la «bourrure de boggey» (une vieille expression locale pour parler du cannabis) !

Tout ce temps, les pommiers d’Albert et Maria ont grandi, partie intégrante du décor. Ces arbres ont, des décennies durant, chaque année, rempli les corbeilles de fruits, nourri des générations de Mathalois.e.s. Sur la légère pente qui part désormais d’un stationnement et qui monte jusqu’au Magasin de l’Abbaye, il étaient encore fièrement debout en décembre 1978, lorsqu’un photographe de La Presse, Paul-Henri Talbot, passe par là pour un reportage sur le centre de ski et en croque le souvenir pour la postérité. Les derniers vénérables survivants auraient été abattus durant les années 1980, possiblement par Armand Gadoury, frère de Réjean. Pierre-Michel Gadoury pense que son père Armand, plus manuel que Réjean, a pu manier la scie mécanique pour commettre ces destructions du patrimoine pomicole, rasant les derniers pommiers plantés par les aïeux. Il dit que c’était son style, malheureusement insensible à la préservation du patrimoine.

Pistes de ski de fond de la Montagne Coupée, à travers les pommiers.

La Presse, 27 décembre 1978.
Photographe : Paul-Henri Talbot

***

Or, la pommeraie actuelle du domaine de l’Abbaye Val-Notre-Dame, avec une population dense de centaines de pommiers, est à environ 700 mètres de là. Entre l’emplacement du verger historique d’Albert Desrosiers et la « forêt de pommiers sauvages », on doit aujourd’hui traverser une plantation de conifères ainsi qu’une section de forêt mixte et déboucher sur un majestueux vallon au pied de la Montagne Coupée.

À première vue, il était difficile d’imaginer qu’elle puisse provenir de l’ancien verger d’Albert.

La pommeraie sauvage se trouve vers le centre de la photo.
Crédit photo : Emmanuel Beauregard, mars 2024

L’endroit où ont poussé des centaines de pommiers sauvages correspond plutôt aux anciens lots 9 et 10. Pierre-Michel s’est fait raconter qu’il y avait autrefois une famille établie, une demeure aujourd’hui disparue. L’hypothèse a germé que ce puisse être un ancien verger également disparu, planté par une famille ayant habité ces parcelles vers le milieu du XXe siècle, qui soit l’ancêtre de l’actuelle pommeraie sauvage. Pommeraie dont l’apparition progressive doit dater des années 1960-1970, l’âge estimé des plus vieux pommiers étant de 50-60 ans.

Toutefois, c’est la rencontre de Mme Linda Desrosiers (arrière-petite-fille d’Albert), laquelle habite depuis toujours dans le voisinage de l’Abbaye, qui fut déterminante afin de découvrir l’origine de la pommeraie.

En effet, en lui décrivant l’emplacement, parcouru par un ruisseau, Linda se souvient que dans son enfance (dans les années 1960 et début 70), avec toute la bande de joyeux « mayais » (jeunes), cousins et cousines pour la plupart, des Desrosiers et Gadoury, ils s’y rendaient pour pêcher de la «petite truite », qui remontait alors de la rivière l’Assomption, en aval, jusque dans ce petit affluent. Ils partaient des habitations cordées le long du rang, pour se rendre en gang jusqu’au bout des terres familiales, non sans passer à travers le verger d’Albert et Maria et s’y chaparder quelques bonnes pommes en guise de collation pour les heures à venir. Linda Desrosiers se souvient très bien de cela, des détails de leurs cannes à pêche rustiques, tout comme d’avoir lancé nombre de trognons de pommes à bout de bras dans ce secteur, après les avoir croquées. La marmaille était nombreuse et les excursions de pêche dans le ruisseau furent nombreuses, des années durant. À ses dires, à l’époque, il n’y avait pas un pommier là, voire presque pas un arbre, les foins étant fauchés jusqu’aux abords du ruisseau. Au fil des décennies, la superficie de la prairie a rétréci. Des zones au dénivelé plus important furent laissées en friches, tels les rives de ruisseaux, les coulées. Des pépins ont germé, de ces pommes transportées par les jeunes pêcheurs de naguère, aidés ensuite d’une panoplie d’animaux sauvages friands de ces fruits juteux et généralement sucrés.

Aperçu d’une section de la pommeraie sauvage de l’Abbaye, mars 2024.

Quel bonheur de découvrir de nos jours ces centaines d’arbres matures, laissés à eux-mêmes pendant des décennies, sans autre intervention humaine, portant des variétés uniques de pommes qui n’ont pas encore été baptisées. Les explorateurs fruitiers qui ont investi le site ne manquent pas d’idées pour mettre en valeur la «Pommeraie du ruisseau» ou le «Verger de la P’tite Truite» (je rigole, le nom officiel n’est pas encore arrêté). Sans blague, parmi les pommes championnes, il devrait selon nous y avoir, parmi d’autres, une «Gadoury», une «Albert Desrosiers» et une «Douce-amère de l’Abbaye».

Opération de taille des pommiers sauvages, mars 2024.

Souhaitons que l’histoire des pommes d’Albert continue à s’écrire, poétique, étonnante et savoureuse !

Grande reconnaissance à tous mes informateurs et informatrices !

Emmanuel Beauregard

technicien agricole, pomologiste chercheur
cueilleur de pommes sauvages et de variétés anciennes
historien amateur de la pomiculture dans Lanaudière

27 avril 2024

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Projets et collaborations Publicité Taille

SERVICE DE TAILLE DE POMMIERS (& AUTRES FRUITIERS) DANS LANAUDIÈRE

Avec la fin des grands froids arrivée

c’est la saison de la taille des arbres

et des arbustes fruitiers – pommiers,

poiriers, pruniers, cerisiers, vignes,

groseilliers, amélanchiers, etc.

Parmi diverses raisons de tailler, mentionnons :

– améliorer la circulation d’air et la lumière dans les arbres

(réduisant ainsi les risques de maladies fongiques)

– augmenter la vigueur de certaines parties d’un vieil arbre

– améliorer la qualité des fruits par un meilleur équilibre

– faciliter la récolte des fruits par un accès plus facile

À leurs propriétaires, dans Lanaudière

en cette fin mars et en avril – j’offre mes services

de tailleur fruitier professionnel, bien équipé

De bons sécateurs, des scies d’élagage manuelles, une scie

mécanique au besoin, l’échelle arboricole de 10 pieds

et le savoir-faire nécessaire pour éviter les gâchis

(il me fait aussi plaisir de transmettre les rudiments,

les bases, aux propriétaires des arbres fruitiers)


Formé en productions maraîchères et fruitières bio

à l’Institut National d’Agriculture Biologique (Victoriaville),

j’ai plusieurs années d’expérience en horticulture et arboriculture

fruitière sur différentes fermes et dans mes propres projets.


Mon tarif est de 35$/h + 0,50$/km parcouru.

Je suis à Sainte-Mélanie et les premiers 25 km

sont compris dans le taux horaire


N’hésitez pas à me contacter

(Messenger ou téléphone)

pour toute question !

Emmanuel Beauregard

Cellulaire : 579-337-7633

20 mars 2024

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Projets et collaborations

UN MALTSTROM DE MOÛTS DE POMMES

Le 7 octobre, après avoir accumulé pendant un mois

dans la chambre froide de la ferme une collection de

pommes finement choisies, la plupart sauvages, glanées

de dizaines d’arbres solitaires ou de vergers d’autrefois,

dans Lanaudière – en des talles connues depuis longtemps,

découvertes cette année ou encore référées amicalement –

cueillies d’un bord à l’autre du piémont de notre région,

cette bande de transition écologique favorable aux Malus

a eu lieu le premier rendez-vous saisonnier avec Michaël,

copropriétaire et artisan brasseur en chef d’une véritable

micro-brasserie, sans intention de proportions industrielles :

Malstrom, sise à Notre-Dame-des-Prairies, avec qui j’ai collaboré

pour une troisième année consécutive.

Avec le broyeur à pommes dont il s’est équipé y a deux ans

et la presse hydraulique et polyvalente de nouveau prêtée

par l’ami et vigneron Jean-François Chaussé, et des barils,

nous avions tout ce qu’il faut pour extraire le jus des fruits.

Mon matériel malique (pommes) de 2023 provient

des territoires de municipalités sous la bénédiction

de douze Saint.e.s : Mélanie, Marcelline-de-Kildare,

Ambroise-de-Kildare, Béatrix, Liguori, Félix-de-Valois,

Émélie-de-l’Énergie, Alphonse-Rodriguez, Jean-de-Matha,

Gabriel de Brandon, Didace et Jacques-de-Montcalm

ainsi qu’un arbre d’origine inconnue, aux pommes sucrées

dans un 13e village répondant au nom plus laïc de Crabtree

(faut savoir que « crabapple » = pommette, en anglais) !

Toujours dans le développement d’un pommage

et de la connaissance pomologique associée

en mode recherche et création de produits,

une caisse à la fois, en prenant le temps de goûter,

de mesurer le taux de sucre grâce à un réfractomètre

et prendre en notes les arômes et classes de pommes à cidre

de chacune des cinquante-trois variétés pressées ce jour-là.

Au bout de dix heures de travail, nous avons extrait, en jus

quelques centaines de litres, bien sucré, plein de tanins

et de levures sauvages !

Une deuxième journée de presse a eu lieu vers la mi-novembre,

pour en arriver à un total de plus de 600 litres, qui sont en fermentation

dans des barils de chêne. De nouvelles bières aux pommes y seront donc élaborées

par le Maestro de Malstrom et dévoilées en 2024 ! 🙂

28 novembre 2023