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LA GENÈSE DU MINISTÈRE #4

4e (et dernière) partie

Hiver 2021.

Plongé dans des recherches généalogiques, particulièrement à propos du mystérieux Benoni Beauregard de St-Ambroise-de-Kildare. Né de parents inconnus … (tiens tiens, ça me rappelle les pommes sauvages ça…) – dont je suis l’un des descendants. Un document sur le patrimoine bâti du village (La mémoire des rangs), que mon frère avait pu feuilleter, révèle la présence historique d’un verger à proximité du cimetière. Quand j’ai su qu’il y avait possiblement des vestiges, je me suis vite rendu sur place. Ébahi devant les arbres immenses que je découvrais, j’ai ouvert une enquête pomologique.

Cette histoire, que j’ai racontée et publiée sur ma page Facebook personnelle en février dernier, a suscité un grand nombre de réactions enthousiastes. Mon récit a été pas mal partagé, jusque dans des groupes à teneur agricole basés dans d’autres régions du Québec, inspirant plusieurs à s’intéresser aux vieux Malus de leur coin de pays et à essayer d’en identifier les variétés. De quoi m’encourager à poursuivre mes investigations sur ces arbres dont je suis tombé amoureux.

Printemps 2021.

Cherchant à dresser un portrait d’ensemble de la pomiculture dans Lanaudière, j’ai contacté tous les vergers de la région. Ils ne sont pas bien nombreux et certains ont des activités commerciales encore somme toute peu développées.

J’avais l’intention d’y trouver des opportunités d’apprendre, en les pratiquant, des techniques de taille de pommiers. En complément essentiel à la théorie acquise à l’école et dans les livres. Bénévolement ou contre rémunération, selon les possibilités.

C’est ainsi que j’en suis venu à me faire offrir un emploi pour la saison, à temps plein, chez Qui Sème Récolte, à Saint-Jean-de-Matha. Une occasion inespérée de travailler dans le domaine, près de chez moi, en touchant à toutes les opérations de la conduite d’un verger de pommes, d’avril à la fin de l’automne. Et pour le seul verger-cidrerie de la région, en plus.

Été 2021.

Ma relation d’emploi tire déjà à sa fin – d’ici la fin août, chômeur je redeviendrai.

Les aléas climatiques, la moindre rusticité de certains cultivars et possiblement l’emplacement géographique du verger ont eu raison des fruits cette année. Le gel tardif de la fin mai a été fatal pour la majorité des petites pommes qui s’étaient formées. Au sol, elles sont presque toutes tombées. Une catastrophe pour des producteurs dont ce serait la principale source de revenus … Mes employeurs ont pu retenir mes services jusqu’à présent, mais sans auto cueilleurs et auto cueilleuses à accueillir et diriger, l’ouvrage à me donner en vient à manquer.

Par chance et coïncidence, la saison est assez exceptionnelle merci du côté des pommiers délaissés, ceux qui se débrouillent avec les moyens du bord. Ceux issus de pépins, qui ont réellement été semés. Les individus qui portent fruits, nombreux, sont chargés comme jamais. Une voisine, qui habite le secteur depuis plus de 50 ans, me disait n’avoir jamais vu autant de pommes dans ses arbres centenaires. Idem dans le vieux verger de la ferme, chez nous. Mes excursions ailleurs confirment la même phénoménale prodigalité des pommiers cette année.

Vivement du temps pour s’y consacrer !

PS – L’inspiration du nom est due à un échange estival avec ma cousine Sophie, laquelle a qualifié mes entreprises pomologiques de « Ministère de la pomme ». Appellation qui m’a fait bien rire et que j’ai tôt fait de modifier afin de le rendre plus conforme à ses ambitions.

17 août 2021

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