Mike et la Micro-brasserie Malstrom de Notre-Dame-des-Prairies
L’apprenti « ministre des friches et pommeraies » que je suis a connu Michaël Fiset il y a vingt ans, au tournant des années 2001 et 2002, alors que mes parents et d’autres militant.e.s se réunissaient dans la cuisine de la maison familiale, en vue de fonder l’Union paysanne de Lanaudière. Alex et lui, deux amis alors dans la jeune vingtaine, futurs secrétaires et trésoriers de l’organisation, sont quelques mois plus tard devenus des voisins. Alors pleinement dans mon adolescence, j’étais ravi d’avoir ces jeunes néo-ruraux rebelles, de quelques années mes aînés, nouveaux habitants dans la maison d’à côté de la ferme, occasionnels compagnons, vite fait devenus modèles ou inspirations.
Puis la vie a fait qu’on s’est pas revus souvent, pendant des années. Michaël (aka Mike) a poursuivi sans relâche son intérêt pour la brasserie. De l’Alchimiste où il fut pendant 12 ans le premier brasseur, il est devenu consultant auprès de brasseurs en démarrage, puis a fondé la micro-brasserie Malstrom en 2016 à Notre-Dame-des-Prairies. Il dirige depuis cette « brasserie artisanale spécialisée dans les lagers non traditionnelles et la bière affinée en fût de chêne », tout en cultivant depuis longtemps une passion pour les levures sauvages et les fermentations spontanées.

Parmi les premiers à avoir découvert l’existence de la présente page en août dernier, Mike me contacta rapidement pour offrir son soutien, et le début d’une collaboration. Il me réserva et pré-paya une quantité de pommes sauvages, à cueillir par mes soins et livrables au courant de l’automne. De quoi m’aider à acheter le pick-up multifonctionnel, outil fort appréciable pour un chasseur de pommes à travers coulées, friches et bords de routes.

À l’automne, Maltstrom a encore investi dans le projet en s’équipant d’un broyeur efficace pour déchiqueter les pommes, étape nécessaire avant de les presser (à moins qu’elles n’aient été d’abord hivernées – gel et dégel – ce qui en change la texture).
Grâce à la coopération de Jean-François Chaussé du Vignoble du Vent Maudit, nous avons utilisé sa presse hydraulique de 180 litres pour tirer un maximum de jus des diverses pommes que j’avais pu récolter durant ma courte saison. Deux bennes bien remplies, prêtées par le verger Qui Sème Récolte où j’ai travaillé tout l’été.
C’est ainsi que le 26 octobre dernier, Mike, Jean-François et moi nous sommes réunis dans l’atelier de création brassicole à Notre-Dame-des-Prairies avec les machines et le matériel requis pour mener nos premières expériences ensemble avec les pommes. Nous avons soutiré plus de 250 litres de jus, cet après-midi là. Jus illico transféré dans des barils de chêne ayant contenu d’abord du vin blanc, puis de la bière fermentée sur marc de pommes. Le moût issu de la fermentation de ces fruits du pommage lanaudois sera assemblé avec une bière fermentée spontanément par macération sur marc de raisin blanc (du vignoble St-Thomas) et affinée en foudre de Riesling ! À terme, une bière célébrant les arômes de la pomme locale et ses levures sauvages verra le jour sur les tablettes de la brasserie !


En 2022, c’est certain que l’aventure continue !
Soyez à l’affût, on vous tiendra au jus !
Emmanuel Beauregard, pour le Ministère des Friches et des Pommeraies
23 janvier 2022

