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Friches Littérature Poésie

J’ai la tête en friches 

Un pot-pourri de mots-clés
surlignés au fil de lectures
autour des friches, empêtrés 
condensés en fouillis spontané;
matières à poésie, science et/ou
philosophie, et j’en passe !

Explorant les “humanités écologiques”
comme vastes champs d’études 
sautent clôtures et frontières, que
vivent les buissons, arborescences 
et autres quintessences ou renaissances
où l’humanité sans démesure s’insère 
dans les cycles naturels … 

Incluant quelques brefs
commentaires [entre crochets]


Espaces abandonnés
à reconvertir ou réhabiliter
[?]
opportunités de renouvellement
nature ordinaire ou renaturation
[?] 
écosystèmes sous-estimés
terrains laissés à l’abandon
donc non exploités, réappropriés
progressivement par la nature
les préjugés sont très répandus 
à l’effet du peu de valeur de ces lieux
en tant qu’écosystèmes 
milieux ouverts avec des jeunes
plantes, herbes et arbustes
qui apparaissent après l’abandon 
humain ou des perturbations
naturelles comme les incendies
constituée d’une succession
de végétaux qui, laissée à elle-même
redeviendra une forêt 

Photo : Emmanuel Beauregard, FUSA des Vallons d’En-Haut, 2022.

[Friches historiquement mal-aimées]
elles rendent [pourtant] de nombreux 
services écologiques à la société
abritent une importante richesse
d’espèces fauniques et floristiques
habitat pour de nombreuses espèces
notamment les pollinisateurs profitant
de la présence de fleurs sauvages 

Milieux ouverts dominés par une végétation
de début de succession, habitats transitoires 
généralement pas protégés légalement 
pratiquement exclus des planifications 
territoriales des MRC et municipalités 
ainsi que des programmes de conservation

Photo : Emmanuel Beauregard, pommeraie de l’Abbaye Val Notre-Dame, Saint-Jean-de-Matha, 2023.

Réservoirs de biodiversité, [friches]
sous-étudiées, mal cartographiées
et souvent méprisées, elles donnent
asile à une prodigieuse diversité
d’espèces végétales et animales 
anciennes zones industrielles
jardins à l’abandon, ruines d’habitations
aires délaissées le long de voies de transports 

Espèces voyageuses [éléments d’une]
composition unique et originale
réparties dans un assemblage
d’habitats variés, terrains nus,
prairies, fourrés, boisements,
zones humides … d’une friche
à l’autre, on est toujours surpris

Photo : Emmanuel Beauregard, avenue Sicard, Saint-Ambroise-de-Kildare, 2023.

Espaces non formels

Paradis du sauvage 

Loin d’être des espaces 
vides, délaissés, un 
“bidonville” du sauvage
la friche est un écosystème
complexe qui connaît
plusieurs métamorphoses
la vie rejaillissant spontanément
des décombres. Surtout, elle peut
être le lieu où s’inventent
de nouvelles alliances entre vivants

Elle est un terrain vague qui s’oppose au précis,
un espace qui échappe au contrôle physique
mais également à celui de la pensée. Elle est
un espace de l’inexpliqué.

Surface agricole abandonnée
sans intention d’être cultivée
où s’implante graduellement
une végétation naturelle
indistinguable d’une jachère
sur le plan botanique 
elle en diffère par l’intention 
conséquence d’une désertion
lieu où la vie explose après
avoir été fauchée, broutée


Et cetera … 

Espace de libération après
une contention forcée, 
espace du résensauvagement
spontané, où se réinventent
des interactions complexes
et des communautés
multispécifiques 

Photo : Emmanuel Beauregard, FUSA des Vallons d’En-Haut, Sainte-Mélanie, 2012.

Communauté végétale
qui s’installe sur un 
espace perturbé
typiquement post-cultural
constituant un stade transitionnel
débuté par une phase pionnière
peuplement comportant une part
importante d’imprévisible 

Désir réparateur de relâcher
la pression vers la libre évolution 
attrait animal vers les milieux ouverts 
au sein desquels il est facile de circuler
autre dimension de l’anti-dualisme
l’une des conditions du pluralisme 

[Désormais les friches sont des]
espaces convoités pour installer
des projets, devenues opportunités 
espaces à reconquérir, ou partagés
une partie cultivée, une partie laissée
à la vie sauvage  – alliance entre le
sauvage spontané et le cultivé alimentaire 
réensauvagement qui commence à opérer

Photo : Emmanuel Beauregard, FUSA des Vallons d’En-Haut, Sainte-Mélanie.

Assemblage préférentiel d’espèces végétales
groupement phytosociologique – land sharing 

Zones indécises qui ne se laissent
pas facilement définir – abritant
des pratiques marginales 
peuplées d’espèces pionnières
et de plantes invasives 
milieux socio-écologiques riches
et diversifiés, au coeur de dynamiques
à la fois écologiques, sociales et urbaines
nature spontanée dans des environnements
fortement anthropisés et artificialisés 
elles hébergent des écologies ordinaires
et populaires, des écologies altérées 
et hybrides, qu’il importe de réhabiliter
dans le contexte de réchauffement climatique
et de la sixième extinction de masse,
[sachons]
les étudier pour retracer les trajectoires 
imbriquées des humains avec les autres vivants

Friches dans un ancien verger du Morbihan, Bretagne. Photo : Emmanuel Beauregard.

Comme l’a écrit François Terrasson
(auteur de l’essai “La peur de la nature”)
dans un article de 1988, intitulé 
“Vive la friche ! La nature ne disparaîtra
pas si les paysans s’en vont” : 

[Dans un certain imaginaire]

La friche, cela évoque quelque chose
d’agressif, d’envahissant, de volontairement hostile

Des terres sans hommes
qui produisent des avalanches,
des incendies, la fin du paysage
et celle de la nature, par la même
occasion – la terreur de la déprise
agricole qui prend le relais

Nous autres vivons sur
un modèle culturel qui dit
que tout ce qui n’est pas nous
est mauvais (méfiance, intolérance,
racisme, tabou des friches et de la
nature libre)
.”

La nature sans contrôle
va se manifester sans 
qu’on soit là pour
la tenir en laisse.

Notre culture a peur de tout ce qui est naturel.

“[D]éfendons ceux qui appartiennent
à une civilisation d’accord avec leur territoire

Ses mots de la fin seront également les miens : 

Vive la friche ! Vive le paysan !”

Photo : Emmanuel Beauregard, FUSA des Vallons d’En-Haut, Sainte-Mélanie.

Quelques sources et  références en vrac

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Projets et collaborations Sans catégorie

Inauguration de la page web du Ministère !

Ça faisait bientôt quatre ans que je payais
un peu en vain le nom de domaine

www.ministerepommeraies.com

sinon pour le réserver, pour l’avenir, sans
y avoir encore intégré de contenu, sans rien mettre en ligne … pis à la fin de l’hiver/au début du printemps 2025,
j’ai pris le temps de transformer toutes les publications Facebook publiées depuis 4 ans sur cette page, en articles de blogue, en y intégrant les photos, en retravaillant la mise en forme, en prenant soin aux détails. Vous y trouverez plus de quatre-vingt textes, des centaines d’images originales, et sous elles, souvent : des légendes.

En cette saison de taille, puis celles d’exploration du pommage régional, de cueillettes, de presses, de collaborations et de cidres anarcho-terroiristes; c’est aujourd’hui que je me sens prêt à l’inaugurer, à publiquement la dévoiler, en révéler l’existence !

Je dispose maintenant de ma propre page web, qui prend la forme d’un « blogue », un espace de communication fièrement indépendant des grands empires de la Techno.

Un lieu de liberté d’expression
me permettant de demeurer totalement
propriétaire du contenu que j’y crée.

Ainsi, j’envisage une sortie progressive de cette
plateforme numérique (FB), ce dit « média social » appartenant à un oligarque beaucoup trop puissant, soutenant qui plus est maintenant le régime néo-fasciste de Trump et la déshumanisation par l’IA, pour m’en tenir à ces seuls deux exemples.

La page Facebook servira désormais à relayer les articles que je publierai, à partir de maintenant, d’abord et avant tout sur ma page web.

Grâce à différents modes de présentation des articles, en plus de l’ordre chronologique, il sera beaucoup plus aisé d’y retrouver mes textes passés, qui sont également classés par thématiques (greffe, cidre, voyages, pommes sauvages, variétés anciennes, etc.).

La page web comprend aussi des sections inédites sur la Page Facebook.

Vous y trouverez notamment :

• une grande médiagraphie de mes inspirations en matière d’agroécologie paysanne et de pomologie (« Documents de référence malique« )

• une section rassemblant les diverses mentions
médiatiques de mes projets (« On parle de nous« )

• une autre sur mes projets et collaborations passées et en cours

Je songe à d’autres sections, en construction, dont l’une pour présenter des cartes des vergers et pommeraies où je dispose de droits d’usage. D’autres encore afin de présenter les variétés anciennes de pommes qu’on retrouve dans Lanaudière, tout comme les variétés nouvelles, trouvées dans les pommiers sauvages disséminés un peu partout de part et d’autre du piémont de la région.

Allez y jeter un coup d’œil; mieux, ajoutez-la à vos signets, ou inscrivez-vous à la liste d’envoi courriel pour être tenus au jus des plus récentes publications ! 📧

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Cidre Projets et collaborations

Cuvées de cidres des friches du piémont 2025

Après les contrats de presse de jus de pommes sauvages
accomplis l’automne dernier, à Chertsey et Ste-Marcelline
puis celui également avec la microbrasserie Maltstrom de NDP, il est resté une vingtaine de caisses de ces fruits que j’ai récolté en divers lieux enfrichés du piémont lanaudois.

Après avoir passé l’hiver en chambre froide, par mes soins triées sans broyeur, avec ma seule presse, j’ai extrait le jus après avoir laissé les caisses de pommes geler dehors une semaine ou deux avant de les laisser dégeler, devant ainsi pressables, à l’intérieur deux semaines durant, au goutte à goutte, du jus dense et sucré pommes fripées, comme des gros raisins secs, version pomacée qui en ressortent comprimées, aplaties, vidées de leur jutosité.

Quelques 80 litres de jus de pommes sauvages locales assemblées en trois touris de 20L et cinq cruchons de 4L,
dont la fermentation est lancée. Ça « bubulle » dans les bidules (bondes ou barboteurs) qui permettent au gaz carbonique de s’échapper, tout en empêchant l’air d’entrer en contact avec le cidre – les levures naturelles font leur œuvre de transmutation, d’altération du breuvage vers l’ivresse du temps.

Dans ce jus pétillant où se forme, par sédimentation, une lie
moût de pommes qui au fil des semaines et mois se clarifie
y’a de la pomme de Ste-Béatrix, du 8e rang de Ste-Mélanie
du rang Ste-Cécile de Saint-Félix-de-Valois, des friches
de Saint-Ambroise-de-Kildare et Saint-Alphonse-Rodriguez choisies pour leurs parfums, leur douceur ou leurs tannins.

Ami-e-s!

Dans quelques mois on goûtera le cidre de
ces arbres du partage à la bonne franquette
fruits du domaine féral déployant la liberté
naturellement, sans artifice, dans les marges
de la civilisation industrielle et marchande.

D’ici-là, il y a des bouteilles des cuvées 2023 et 2024
en stock, dont quelques beaux succès à mon palais !
Lancez-moi vos invitations pour une dégustation!

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Cueillette Explorations Pomologie Projets et collaborations

‘La vie en rose’

C’est comme ça qu’elle est provisoirement nommée, cette pomme à chair rosée, dont l’arbre, très fort probablement un arbre issu de semis, auquel nous donnons au moins une soixantaine d’années de vie, se trouve en empruntant un vieux rang de Ste-Béatrix (si si, je laisse planer le mystère de son emplacement précis…). Un autre de ces vénérables pommiers devenu un bien commun de notre ruralité, issu de la place, sans véritable propriétaire. Les humains possédant les titres de propriété des terrains où prolifèrent ces pommiers sauvages ne portent souvent aucun intérêt aux fruits qui abondent, années après années.

Cet automne je me suis de nouveau présenté à la porte de la maison au bout d’un certain « draïvoué », où j’étais allé cogner quelques fois, sans succès ces dernières années… Une dame enfin m’a ouvert, nouvelle propriétaire depuis environ un an, et suite à ma brève présentation m’a accordé la permission de récolter des fruits de l’imposant pommier que j’avais spotté dans un coin de sa cour. Je n’en avais même pas encore regardé de près les fruits, encore moins pris une croquée dans l’une de ses pommes. Seulement, je voyais bien, de cette route de campagne où je passe souvent l’automne, que l’arbre était chargé de beaucoup de rougeâtres fruits, jusqu’alors « défendus ».

Surprise et joie au moment de la révélation : la chair des pommes est très rosée, juteuse, passablement sucrée, avec une acidité probante – mais qui ne fait pas grimacer, et une légère astringence. Des pommes saines, à peu près pas piquées, fermes, sans doute en mesure de se conserver longtemps. Sans hésitation, j’y vois une pomme à expérimenter avec l’intention d’en tirer un cidre rosé, probablement en l’assemblant avec une proportion de pommes douces-amères (plus sucrées, ayant peu ou pas d’acidité, et des tanins amers plus prononcés).

L’arbre a deux troncs principaux partant du sol, fait plus de 20 pieds d’hauteur, a des charpentières solides et saines et n’a visiblement pas été taillé depuis des années. Il portait des pommes en quantité jusqu’à sa cime. J’ai brassé les branches, grimpé dedans en hauteur comme un ours, mais des fruits échappaient à ma portée.

J’y suis retourné trois fois au fil des semaines d’octobre, cueillir les fruits en différentes séquences. La dernière fois, il y a quelques jours, j’avais le plaisir d’être accompagné par la coordonnatrice de l’organisme Les Fruits Défendus (Montréal), l’amie Simone Chen. Elle est arrivée équipée de deux longues perches télescopiques – dotées de crochets et d’un petit sac pouvant contenir quelques pommes -, formidables outils de récolte pour des pommiers géants comme celui auquel nous avions affaire. On a pu ainsi secouer les branches fruitières du haut, et récolter jusqu’au dernier fruit !

Réjouissances de partager la trouvaille, le travail, et l’enthousiasme pour la découverte d’une variété aux caractéristiques inusitées, cela à travers des échanges philosophiques sur la transformation d’arbres et de lieux privés en Communs, sur la valeur d’usage qui devrait primer sur la valeur marchande, nous amusant à trouver des noms savoureux pour des sauvageonnes cueillies ensemble ce jour-là. En se disant que ce qui compte d’abord et avant tout dans cette aventure pomologique, c’est la joie partagée, les rencontres significatives, les relations humaines, les richesses de l’histoire locale et les mystères poétiques derrière ces arbres et fruits uniques – certainement des œuvres collectives !

Nous retournerons y récolter des scions le printemps prochain, dont certains seront certainement partagés avec un ami commun, l’hybrideur de pommes Roland Joannin de La Pomme de demain. Tsé veux dire, des pommes à chair rose ou rouge (et pas seulement des veinures) véritablement nées au Québec, c’est rare en « sacréfice » !

Mais avant ça, en novembre viendront les jours de presse – et le début des fermentations de l’année !

Crédit photos : Simone Chen

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Dégustations Histoire Pomologie Projets et collaborations Publicité

Atelier-randonnée : à la découverte des pommes sauvages

C’est dans presque un an … mais l’événement est planifié! J’aurai le plaisir et la chance d’animer cette randonnée-dégustation de pommes sauvages au Parc Régional des Chutes Monte-à-Peine-et-des-Dalles, où se trouvent quelques beaux spécimens de pommiers sauvages (aux fruits intéressants), au sein d’un magnifique territoire protégé. À mettre à vos agendas ! Je relancerai l’invitation l’automne prochain, quelques semaines avant l’activité.

https://www.facebook.com/events/1372035487615700/

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Histoire Littérature Pomologie Rencontres

Conférence sur le patrimoine pomicole au Québec

Ce mercredi, 21 mai 2025 (demain soir !), j’ai la chance d’être invité par la Société d’horticulture et d’écologie de la Nouvelle-Acadie afin de donner une conférence sur des thèmes qui me sont chers !


Dans un premier temps, j’offrirai un survol de l’histoire de l’espèce « Malus domestica’ à travers le monde, de la pomiculture au Québec, présenterai quelques personnages marquants de la pomologie au pays, des variétés du patrimoine et parlerai de ma vision de la préservation des pommages locaux au Québec.

En deuxième partie de soirée, je présenterai quelques stratégies et traitements écologiques pour prendre soin des pommiers.

Ma présentation se tiendra au vieux collège de Saint-Jacques-de-Montcalm, au 50 rue St-Jacques, à compter de 19h15.
Tout le monde est bienvenu !

Au plaisir de vous y voir en grand nombre !

Coût membre : 0,00 $

Coût non membre : 7,00 $

https://www.facebook.com/fsheq/posts/1109714751189487

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Histoire Littérature Pomologie

LA BIBLIOTHÈQUE DU MINISTÈRE #XVII

Enfin un guide de terrain pratique pour la pomologie !

Sean Turley, Practical Pomology – A field guide – With an Emphasis on Apples Historically Grown in New England, Pome Reader Press, 2024, 135 pages

Suite à une campagne de sociofinancement de quelques mois en 2024, un petit ouvrage très important pour le domaine de la pomologie vient d’être publié, à Portland, dans le Maine, à la fin de l’hiver. Intitulé Practical Pomology – A field guide (Pomologie Pratique – Un guide de terrain), c’est une œuvre collective, dont l’auteur est Sean Turley, historien de la pomme, photographe, cidrier et cueilleur. Son « nom de pomme » sur Instagram est The Righeous Russet, où il a créé un immense catalogue de photographies de pommes.

Il m’a fallu de nouveau débourser une petite fortune (un peu plus de 100 $ CA) pour obtenir ma précieuse copie de ce livre de confection artisanale, publié à petit tirage (1200 exemplaires imprimés). C’est auprès d’une librairie spécialisée de Portland, MA, offrant le service d’expédition au Canada, que j’ai pu mettre la main sur un exemplaire, pendant qu’il était encore temps ! En moins d’une semaine, il m’est arrivé à la ferme.

Le magnifique petit livre est préfacé par Matt Kaminsky (a.k.a Gnarly Pippins), pomiculteur, auteur, formateur, conférencier, et grand chevalier des pommes sauvages, basé dans le Maine également. Un autre éminent spécialiste des pommes (établi dans le Maine lui itou !), a grandement contribué à l’ouvrage : l’historien, écrivain, pomiculteur et fermier John Bunker, qui a dédié sa vie à trouver et préserver les variétés de pommes disparues.

La littérature pomologique, qui a des siècles et des milliers de pages à son actif, ne comptait pas encore le moindre ouvrage de ce type, conçu à des fins pratiques,

Practical Pomology contient plus de 100 illustrations originales et 34 photographies pleine couleur. Le design graphique, un croisement entre rétro (gravures, typographie des titres) et moderne, est superbe.

Le bouquin, d’un format pratique pour le trimbaler lors d’expéditions vers des pommeraies de toutes sortes, est divisé en trois sections, dont voici les grands lignes.

Section I : Pommiers Greffés & issus de Semis

Comment distinguer les pommiers greffés, donc de variétés nommées et connues, des pommiers sauvages, autrement dit ceux issus de semis ? Cette première section, agrémentée d’illustrations de John Bunker, aide à s’y retrouver.

Section II : Taxonomie des pommes


Les différents éléments de l’anatomie d’une pomme sont présentés dans leurs termes scientifiques avec nombre d’illustrations et de schémas. Tous les aspects permettant de décrire une pomme sont passés en revue : peau, forme, pédoncule, cavité, calice, sépales, bassin, cellules des pépins, lignes du coeur, carpelles, semences, étamines, chair, saveur, texture, etc.

Ce sont toutes des clefs d’identification essentielles afin de distinguer une variété de pomme des autres, de quoi acquérir les bases d’une réelle connaissance pomologique.

Section III – Fruits communs

Cette section présente 34 fiches de deux pages sur autant de variétés de pommes cultivées historiquement dans les vergers de la Nouvelle-Angleterre, et dont on retrouve encore aujourd’hui couramment des spécimens.

Dans tous les cas, la page de gauche contient une photographie pleine page de la pomme, et celle de droite les descriptions taxonomiques et photos d’un fruit typique de la variété, vue de haut, vue de bas, tranchée, et photo des carpelles).

Annexes

En annexes, on trouve un glossaire, une riche nomenclature (caractéristiques observables des fruits, superlatifs, termes relatifs aux arbres), un modèle de feuille de travail pour identifier des variétés de pommes ainsi que les références utilisées (médiagraphie).

En somme

C’est un ouvrage formidable, indispensable pour tout pomologue en devenir qui maîtrise suffisamment la langue anglaise. On ne peut imaginer meilleur outil afin de démocratiser la science pomologique, celle qui étudie les variétés fruitières, en particulier pour les pommes du Nord-Est de l’Amérique.

Il ne nous manque désormais qu’une traduction française de l’ouvrage, adaptée pour le Québec ! Qui pourrait bien avoir envie de se lancer là-dedans ? 😉 Il y a certainement au moins un Ministère qui se croit bien capable d’adresser une cordiale missive à M. Turley, et advienne que pourra !

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Cidre Rencontres

Rencontre entre artisans cidriers du terroir en devenir, chez Claude Jolicoeur à Québec – Janvier 2025

Votre humble serviteur et promoteur des friches et des pommeraies – mais aussi des pommes sauvages, et du bon cidre qui en est tiré – a récemment eu la chance, voire le privilège d’être invité à une rencontre informelle entre cidriers, chez l’expert international du cidre Claude Jolicoeur, en sa résidence de Québec. Installés au sous-sol de sa maison, nous étions près d’une quinzaine de comparses, en provenance de différentes régions du pays en devenir (Charlevoix, Côte de Beaupré, Québec, île d’Orléans, Gaspésie, Beauce, et moi-même pour Lanaudière). Nous espérions la présence de Gaston Picoulet de Les Pommes perdues, en Outaouais, qui était de la sélective invitation (espace limité pour accueillir), mais qui n’a malheureusement pu se joindre à nous.

Nos chaises et nos regards formaient un cercle – tout ouïs et palais curieux – ouverts à la rencontre avec d’autres petits cidriculteurs artisans dont les productions commerciales sont en démarrage. Depuis 5 ans, tout au plus, dans le cas de Jean-Sébastien Hébert de la Ferme de l’Alchimiste, à Maria, dans la Baie des Chaleurs. La plupart des autres ayant commencé leurs activités commerciales depuis un an ou deux seulement, ou venant tout juste de recevoir leur permis. Tous les invités de la Gaspésie ont fait acte de présence (et déplacements !), à la surprise de Claude. Le gars derrière le Ministère des Friches et des Pommeraies (moi-même) était l’exception, menant encore, à ce stade, ses expériences en amateur, pas prêt à commercialiser ses cidres.

Ça a eu lieu y a un mois déjà ! le samedi 25 janvier dernier, dans « une joyeuse anarchie » (dixit Claude), où se créait une petite communauté d’esprit autour de la fabrication de cidres utilisant des pommes sauvages, des cidres nature, puisant dans le terroir local. Nous n’étions que des hommes, et nous l’avons remarqué, outre Banou, conjointe de Claude, qui est restée à l’étage, occupée à de la poterie. L’un des disciples demande au gourou du cidre qui nous réunissait : « Y’en as-tu des femmes, au Québec, dans le domaine du cidre ? ». Sans mal, j’ai aidé Jolicoeur à retrouver le nom de la copropriétaire-fondatrice du verger-cidrerie Qui Sème Récolte à Saint-Jean-de-Matha, Nathalie Rainville. Il y en a certainement d’autres, qui sont plutôt dans l’ombre, ou qui font équipe avec leur conjoint dans une entreprise commune.

C’est grâce à Banou, peut-être bien, qu’a eu lieu cette enrichissante rencontre. Elle m’a dit avoir fait remarquer à Claude, grand voyageur et animateur d’ateliers un peu partout sur la Planète Cidre, qu’il n’avait jamais rien organisé de la sorte au Québec.

Toujours est-il qu’en ce beau samedi après-midi, après un petit tour de présentation de chacun, un premier tour de dégustations fut lancé pour les cidres que nous avions tous apporté, de nos propres cuvées. Petits verres d’une grosse vingtaine, sinon d’une trentaine de cidres différents, l’après-midi et la soirée durant. Dégustations entremêlées d’échanges spontanés et curieux : sur les techniques des uns et des autres (dont le dégorgeage et le moment parfait pour l’embouteillage), les variétés, les lieux de cueillette, la mise en marché, etc. Pour souper, nous avions opté pour la formule potluck, où chaque convive apporte un plat à partager.

On a goûté de bonnes choses là ! En entrée, un « cidre d’hiver », fabriqué par Jolicoeur avec des pommes « à croquer », principalement des variétés commerciales ou parfois avec pommes sauvages, mais toutes acidulées. Par l’effet du gel-dégel, les tanins de l’épiderme, dont les cellules sont brisées, migrent vers le jus. Le résultat est quelque chose à mi-chemin entre un cidre de glace et un cidre plus traditionnel, pas aussi concentré en sucre que le cidre de glace, donc plus « pintable » que ce dernier. Il a aussi plus de corps, plus de complexité aromatique (tanins) qu’un cidre fait avec les mêmes pommes acidulées qui n’ont pas subi l’effet du gel-dégel.

Ce fut l’occasion de rencontrer quelques personnes avec qui j’avais déjà eu des échanges téléphoniques, par écrit, ou dont nous suivons mutuellement nos pages publiques, sur le web. Des personnes dont j’apprécie depuis quelque temps les démarches et dont j’aimerais visiter les installations cidricoles cette année. Je pense à :

• Alain Beauséjour et son fils Simon, copropriétaires de la Cidrerie L’Enraciné, à La Guadeloupe, en Beauce. Le projet a ét initié par le père horticulteur afin de mettre en valeur les centaines de pommiers sauvages dégagés de la forêt sur le terrain familial, Projet auquel s’est greffé le fils, biologiste et musicien formé en agriculture biologique.

• Luis Gauthier et Joshua Burns, de Caplan, dans la Baie des Chaleurs, en Gaspésie, dont la cidrerie n’a pas encore de nom public établi. Ils mettent en valeur un vieux verger longtemps abandonné qu’ils ont restauré, tout en cueillant et sélectionnant aussi les pommes sauvages de leur futur terroir cidricole régional. Leur démarche Gaspésienne a d’ailleurs été mon inspiration pour entrer en contact avec Claude Jolicoeur, et comme eux organiser une première rencontre-dégustation régionale de pommes sauvages à potentiel pour la cidrerie dans Lanaudière, en 2023.

• Jonathan Cloutier et Raphaël de la Cidrerie Les Travaux & les Jours, basée aux Éboulements, dans Charlevoix. Je suis fort interpellé par leur démarche qui fait appel à l’implication et l’engagement de leur communauté dans le projet, tant pour des journées de cueillette et de presse des pommes que pour la mise en marché des cidres. C’est un autre projet autour des pommes sauvages, enraciné dans un terroir local, à petite échelle, qui ressemble à ce que j’aimerais développer dans Lanaudière.

Je suis très heureux également d’avoir fait la rencontre de tous les autres cidriers présents !

• Jean-Sébastien, l’autre Gaspésien, derrière la Ferme de l’Alchimiste qui est aussi un passionné de pommes sauvages locales, et l’auteur de cidres élaborés en toutes petites cuvées, privilégiant la qualité sur la quantité. C’est celui qui nous a interpellés à propos des enjeux liés à l’agriculture de proximité et la commercialisation des cidres des fabricants artisans, qui plus est en région éloignée au Québec.

• Daniel Blais, du Clos Shanouk à l’île d’Orléans, un spécialiste du dégorgement ! Un autre fervent du cidre nature !

• Le trio de Terre 50, qui a remis en état de culture de vieux vergers sur la Côte-de-Beaupé (Michel, Michael et Benoît), spécialisés dans les macérations carboniques et pelliculaires, qui produisent des cidres pétillants et mousseux. Ils produisent notamment un cidre à l’aronia et un assemblage pomme et poire.

• William Lafortune, le plus jeune de la bande, qui après quelques années de production de cidres, de vin et de piquette en « mode garage » (touries et dame-jeanne à l’échelle maison), s’est lancé l’automne dernier dans une production commerciale, en voie de fermentation. Il a eu une opportunité avec une cidrerie de son coin, en y agissant à titre de « cidrier invité », pour y réaliser une cuvée « sans domicile fixe ». Un modèle d’affaires inspiré par ce qui se fait dans le vin, comme avec Lieux communs.

Grands mercis encore à Claude d’avoir rendu possible cette rencontre, enrichissante pour tout le monde, j’en suis convaincu ! Nous espérons vivement qu’elle aura des suites.

En conclusion, attendez-vous à suivre le Ministère des Friches et des Pommeraies en visite sur les routes du cidre dans le Sud et l’Est du Québec en 2025 !

PS – Il n’est tristement resté aucune trace photographique de la rencontre, d’où la seule photo de Jolicoeur qui orne le texte.

24 février 2025

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SERVICE DE TAILLE DE POMMIERS (& AUTRES FRUITIERS) DANS LANAUDIÈRE EN 2025

Peut être une image de 1 personne et arbre

Sur l’autre versant de l’hiver, lumineux

bientôt viendra la fin des grands froids

(les -15 et -20°C on évite) pour entamer

la saison de taille des arbres, puis arbustes fruitiers :

pommiers, poiriers, vignes, groseilliers, amélanchiers, etc.

Parmi diverses bonnes raisons de tailler, mentionnons :

• améliorer la circulation d’air et la lumière dans les arbres

(réduisant ainsi les risques de maladies fongiques)

• augmenter la vigueur de certaines parties d’un vieil arbre

• améliorer la qualité des fruits par un meilleur équilibre

• faciliter la récolte des fruits par un accès plus facile

À leurs propriétaires, dans Lanaudière

à partir de mars et en avril – mais peut-être

aussi dès la fin février (selon la température)

j’offre mes services

de tailleur fruitier professionnel, bien équipé

De bons sécateurs, des scies d’élagage manuelles, une scie

mécanique au besoin, l’échelle arboricole de 10 pieds

et le savoir-faire nécessaire pour éviter les gâchis

(il me fait aussi plaisir de transmettre les rudiments,

les bases, aux propriétaires des arbres fruitiers)

Peut être une image de arbre

Formé en productions maraîchères et fruitières bio

à l’Institut National d’Agriculture Biologique (Victoriaville),

j’ai plusieurs années d’expérience en horticulture et arboriculture

fruitière sur différentes fermes et dans mes propres projets.


Mon tarif est de 40$/h + 0,50$/km parcouru.

Je suis à Sainte-Mélanie et les premiers 25 km

sont compris dans le taux horaire


N’hésitez pas à me contacter

(Courriel, Messenger ou téléphone)

pour toute question !

Emmanuel Beauregard

info@ministerepommeraies.com

Cellulaire : 579-337-7633

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Cidre Projets et collaborations

Cuvées de cidre 2023-2024

Le 19 octobre, soit il y a 2 mois et demi déjà, j’ai pressé une cinquantaine de litres de jus de pommes et de poires. Installé devant l’étable de la Ferme des Arpents roses à Ste-Mélanie, sur le plancher en béton de l’appentis construit par mon frère, dans mon setup modeste mais fonctionnel.

Les trois grandes touris de 2024, après leur premier soutirage, le 6 janvier 2025.
Trois teintes bien distinctes, du jaune paille à l’orangé.

🍎La pomme ‘Juge Bourduas’, une découverte de 2024, issues d’un vieil arbre faisant partie d’un petit verger à l’abandon, sur le chemin Laforest, à Saint-Alphonse-Rodriguez. Le voisin d’en face, chez qui je suis allé cogner, un jeune nonagénaire (90 ans à peine !) conduisant encore sa voiture, m’a informé que ces pommiers étaient ceux « du juge », me disait-il, un juge habitant « par-là, en haut », me pointait-il vaguement dehors… Ne répondant pas à ma demande de précision sur l’emplacement de la maison du juge, question que j’aille lui demander l’autorisation de cueillir, le vieil homme me dit plutôt que je pouvais très bien aller cueillir les fruits, car personne d’autre ne le faisait, jamais, à sa connaissance, depuis des années. Me contentant de l’autorisation du voisin d’en face, j’y ai grimpé, je l’ai secoué, à plusieurs reprises, et j’ai bénéficié d’une bonne quantité de ses petites pommes marbrées de rouge, sur fond vert.

Plus tard dans la semaine, j’ai appris que le juge en question, qui était un grand propriétaire terrien dans le secteur, est décédé il y a quelques années. Et non, ce n’est pas une bourde, le nom de famille dudit juge est bien « Bourduas » plutôt que Borduas. Selon la légende locale, feu le juge Jean-Pierre Bourduas (1939-2018) serait un descendant du même patriarche Borduas que le célèbre Paul-Émile, peintre et auteur en grande partie du Manifeste du Refus Global de 1948, et aurait fait changer son nom de famille auprès de l’État civil afin de prendre ses distances de l’agitateur Automatiste qu’avait été son illustre apparenté. Une rupture dans l’histoire de notre culture, de notre littérature, des ruptures aussi dans la famille Borduas.

De ces toutes petites pommes, en plus d’en fournir à Maltstrom dans le grand mixage des variétés pour en faire un cidre-bière, j’ai tiré un jus jaune et clair, bien sucré (1056 de densité relative, ou 16 brix dans la visière du réfractomètre), avec une petite amertume. Les quelques caisses de la ‘Juge Bourduas’ que je m’étais réservées contenaient de quoi remplir une petite touri, d’environ 18L. C’est pour moi une première cuvée de cidre monovariétale, sans pour autant avoir une candidate de variété de pomme idéale à mon goût (pas assez d’amertume), bien que bien sucrée et savoureuse, aromatique.

🍎 ‘Montées St-Jacques #5 et #6 (‘Béatrix’)

D’un verger de fond de rang perdu à la frontière de St-Alphonse-Rodriguez, chez Lise et Lia, autrefois chez Mme Perreault (plus de 95 ans, rencontrée chez elle en 2023), où subsistent 4 vieux pommiers. De ceux-là, une pomme en particulier a été remarquée et notée comme particulièrement intéressante, lors de la grande dégustation de pommes sauvages lanaudoises de 2023 présentant, aux yeux des cueilleurs qui partageaient des pommes qui leur sont chères, un potentiel de cidrerie. Avec des appréciations très positives de Claude Jolicoeur et Mark Gleonec qui étaient nos « invités de marque », nos convives.

Après avoir été dotée du nom de code « Montée St-Jacques #6 » depuis quelques années, je l’ai baptisée ‘Béatrix’, hommage au territoire municipal où l’arbre est enraciné. Je la vois un peu comme le pendant pomme d’Obélix, ayant grosso modo la forme de son corps, ses rondeurs, avec ses pantalons rayés, si ce n’est striés … Une douce amère très aromatique, à la forme unique de poire (sa base est bien plus étroite que son bassin), au fond de teint qui paraît jaune orangé, striée d’un rouge lavé. Sa cavité est très peu profonde, et son pédoncule, étroit. Sa chair est ferme et elle présente une assez bonne capacité de conservation. Quelque chose dans ses fragrances rappelle la poire et une astringence particulière se fait sentir en fin de bouche.

L’âbre-mère portait beaucoup de fruits cette année, suffisamment pour en fournir quelques caisses pour la qualité de leur jus à la brasserie Maltstrom, mais aussi pour m’en réserver et tenter de mon côté la fermentation alcoolique d’un cidre monovariétal. Toutefois, il s’en fallait de peu pour bien remplir la touri de 20 litres à partir du jus de ce seul arbre. Pour les 3-4 litres manquants, j’ai ajouté le jus de pommes du même verger, de l’arbre voisin en fait (la #5), une belle rouge très sucrée et parfumée, un brin acidulée. Au final, une belle densité de 1050 (potentiel d’alcool d’environ 6,5%).

🍎 Le même vieil arbre, pour l’heure surnommé ‘Montée St-Jacques #5’, m’a également donné une formidable manne de pommes, de quoi fournir la brasserie des camarades prairiquois et mes propres activités de micro-cidrerie expérimentale. J’en ai comblé deux petits cruchons de 4 litres, de ce jus trouble et purement monovariétal. De quoi éventuellement remplir de cidre une quinzaine de petites bouteilles de 500 ml, quand même !

🍐 Poire ‘Golden Spice’

Une caisse de petites poires ‘Golden Spice’, m’a été gracieusement offerte par l’ami horticulteur fruitier Jonathan Bordeleau, cueillies par lui-même de son arbre à St-Damien, son surplus d’abondance, pour que je réalise une première expérience de production de poiré, l’équivalent du cidre (lequel est toujours « de pommes » d’ailleurs), mais avec des poires … J’en ai tiré un bon six litres de jus bien sucré, avec une intéressante amertume (14 brix, belle densité de 1050). Avec l’équipement dont je disposais, je m’en suis tenu à un cruchon de 4 litres monovariétal, juste du poiré. C’est bien peu, mais tout de même, un premier test !

🍐🍎Deux autres litres de jus de ‘Golden Spice’, queue de la pressée, ont été assemblés avec les restants de jus de pommes des pressées de la journée. Les surplus de la ‘Juge Bourduas’ et de la ‘Montée St-Jacques #5’. Allez hop, j’ai viré ça dans un autre cruchon de 4L, bien rempli d’un jus qui sera dans quelques mois le produit d’une cofermentation, ni tout à fait cidre, ni tout à fait poiré. Un joyeux hybride funky issu aussi des levures sauvages qui s’y activent en ce moment, comme toutes les autres cuvées de l’année, à 12 degrés Celsius dans un bâtiment appartenant à des amies. Merci pour l’opportunité de local avec une température appropriée ! Hâte de vous faire goûter au jus qui va en résulter !

🍏 ‘Cléophas à splash russet doré’

L’arbre le plus productif que j’ai rencontré cette année, d’une petite talle de friches, à St-Cléophas-de-Brandon. Cet arbre est connu d’Alex Boisdequin-Lefort et moi depuis 10-15 ans maintenant, depuis nos premières explorations du pommage régional à des fins cidricoles.

De grosses pommes jaunes qui ont été conservées en chambre froide pendant un mois et demi (cueillies le 4 octobre), avant d’être pressées le 17 novembre, pour une ultime session d’extraction de jus de pommes sauvages de l’année. De ce bon jus, affichant 15 brix sur mon réfractomètre, et 1054 au densimètre, j’en ai bien rempli une touri de 21 litres. C’est l’ultime cuvée, monovariétale elle aussi, de l’année.

7 janvier 2025

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